Commentaire des lectures du dimanche 27 janvier 2013

« Tout le peuple pleurait en entendant les paroles de la loi »

Rome, (Zenit.org) Congrégation pour le clergé | 1974 clics

La Congrégation romaine pour le clergé (clerus.org) publie désormais chaque semaine en différentes langues des suggestions pour l'homélie dominicale de façon à aider les prêtres. Voici un commentaire des lectures de dimanche prochain, 27 janvier 2013. 

IIIème DIMANCHE du Temps ordinaire – Année C

         « Tout le peuple pleurait en entendant les paroles de la loi » (Ne 8,9).

Tout le peuple d’Israël pleure en entendant les paroles de la loi ! Il pleure d’émotion, il pleure de douleur. Mais, en tous cas, les pleurs sont salutaires ; ils sont un don de Dieu, qui irrigue la sécheresse des cœurs et les ouvre à l’œuvre de Son amour.

         « Tout le peuple pleurait en entendant les paroles de la loi » ! Pourquoi ? Pourquoi en entendant ces paroles le peuple est-il étreint par l’émotion, au point que – nous l’avons entendu -  Esdras et Néhémie, les guides du peuple doivent lui recommander de ne pas pleurer et de ne pas prendre le deuil ?

         Parce qu’en entendant ces paroles, les cœurs étaient comme gonflés de joie et de douleur en même temps.

         Avant tout, Israël pleure de joie ! Oui, le peuple pleure de joie en entendant ces paroles, parce que la loi, c’est-à-dire la volonté que Dieu avait voulu révéler au peuple qu’Il avait choisi, la loi incarne le signe le plus grand de la proximité et de la prédilection de Dieu. Une proximité et une prédilection qui plongent leurs racines dans la seule souveraineté de Dieu dont la Providence avait réuni Israël dans la terre promise afin de lui révéler une fois encore Son attention, Sa parole. La proximité et la prédilection de Dieu ne se fondent pas sur une supériorité démographique, militaire ou économique d’Israël face aux autres nations, car Israël venait de retourner de l’exil de Babylone durant lequel il avait vécu toute la fragilité et le poids de son péché. Le peuple pleure donc d’émotion parce ce que Dieu est fidèle à Ses promesses et parce qu’Il ne s’est pas éloigné de lui, même face au péché.

         Le peuple, ensuite, pleure de douleur. Pourquoi ? Parce que la lecture du livre de la loi rappelle au peuple la perte de sa dignité et sa grande infidélité. Une infidélité faite de nombreuses trahisons, une infidélité qui semble inéluctable, invincible. Une infidélité que seule la puissance de l’amour fort, infatigable et tenace de Dieu pourra vaincre.

         Ainsi le livre de la loi est un livre de bénédiction, parce qu’il révèle la proximité de Dieu ; mais c’est aussi un livre de malédiction, car, à la lumière de la loi,  tout le monde est reconnu coupable devant Dieu (Cf. Rm 3,19).

         Ce double aspect de la loi, qui bénit et maudit en même temps, qui révèle l’amour et l’attention de Dieu pour l’homme et la culpabilité de l’homme, qui ne répond pas à l’amour de Dieu, se prolonge dans l’histoire jusqu’à ce que se produise un événement nouveau, celui dont parle Saint Luc dans la page de l’Evangile que nous avons entendue : « Plusieurs ayant entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, suivant ce que nous ont transmis ceux qui ont été des témoins oculaires dès le commencement et sont devenus des ministres de la parole, il m’a semblé bon, après avoir fait des recherches exactes sur toutes ces choses, de te les exposer par écrit d’une manière suivie » (Lc 1,1-4).

         De quel événement s’agit-il ? Que nous ont transmis ceux qui furent des témoins oculaires ? Que nous est-il arrivé ?

         Mes chers frères et sœurs, il s’est passé que la Miséricorde de Dieu s’est faite chair !  Il s’est passé que «Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la loi pour racheter ceux qui étaient sous la loi » (Gal 4,4). Il s’est passé que Jésus Christ a été crucifié, qu’Il est mort et qu’Il est ressuscité ! Il nous dit, ainsi qu’Il le fit à la synagogue de Nazareth : « Aujourd’hui – c’est-à-dire maintenant, pendant que tu ne regardes, mais non seulement ‘’’aujourd’hui’’, en moi, en ma personne, dans ma chair –  s’est accomplie l’écriture que vous venez d’écouter ». 

         C’est en Christ, l’homme et le Dieu véritables que la loi trouve son accomplissement ; c’est dans Sa chair que la volonté de l’homme se fond parfaitement et définitivement avec la volonté de Dieu ; c’est dans Sa chair que, pour le Mystère de l’Incarnation, la communion de l’homme avec Dieu nous est donnée et c’est toujours en Lui que cette communion s’accomplit parfaitement, selon une obéissance parfaite, « jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix » (Ph 2,8).

         En Christ, la loi s’accomplit parfaitement, mais elle est aussi dépassée ! En effet, Dieu ne demande plus seulement à  l’homme de manifester l’amour d’une créature humaine. Dieu prétend de lui, maintenant, un amour divin, cet amour éternel du Fils envers le Père et que le Christ nous a révélé  en nous ouvrant  Son cœur, en nous faisant don de Son Esprit par le Saint Baptême et en faisant de nous les membres de Son Corps.

         Désormais notre loi est le Christ Lui-même, une loi de grâce, une loi gravée dans nos cœurs par le feu de l’Esprit, une loi vivante qui, tout en nous exprimant l’amour de Dieu, nous rend aptes, par pure miséricorde,  à L’aimer en retour, « chacun pour sa part » (1Co 12,27).

         Demandons à la Très Sainte Vierge Marie, qui est la représentation parfaite de ce Corps, d’illuminer les yeux de notre esprit, de montrer à tous la proximité inouïe du Mystère qui s’est fait homme en son sein et d’accueillir de plus en plus la communion vivante avec le Christ afin de recevoir, avec une gratitude infinie, la place qu’Il nous a donnée au sein de  l’Eglise et de pouvoir ainsi Le servir de tout notre cœur. Amen !