Congo-Brazzaville: Convention sur l´enseignement signée avec l´Eglise

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ROME, Dimanche, 9 septembre 2001 (ZENIT.org) - Au Congo-Brazzaville, l´Etat a signé avec l´Eglise une convention sur l´enseignement, en l´an 2000, et l´Eglise constitue "l´épine dorsale" du système d´éducation, remarque l´agence Fides qui ajoute: après les deux guerres civiles de 1997-1998 et de 1999, les besoins les plus urgents sont le retour à un climat de paix, et mettre un terme à l´analphabétisme qui a fait sa réapparition.



En effet, pendant les années de la guerre, de nombreux enfants et jeunes ont abandonné l´école et ont été enrôlés, souvent de force, dans les milices opposées. Même si elle doit faire face à la reconstruction du pays et des structures paroissiales, l´Eglise locale investit beaucoup dans l´école. En effet, à la suite de la signature, le 5 janvier 2000, de la convention entre l´Eglise et l´Etat sur l´enseignement, et malgré le manque de subventions de l´Etat congolais, l´Eglise veut former à présent les enfants "dans un climat de paix et d´amour", indique la même source.

L´Etat, qui apprécie l´oeuvre d´éducation des catholiques, leur a demandé de reprendre une bonne partie des écoles réquisitionnées dans le passé. Pour cette raison, le nombre des écoles catholiques est actuellement en augmentation.

La Commission épiscopale pour l´Education catholique a dénombré les instituts scolaires catholiques pour l´année 2000-2001 : le diocèse de Pointe-Noire a créé 5 écoles, celui de Nkayi 3, celui de Kinkala s´est vu redonner 2 écoles ; l´Archidiocèse de Brazzaville a retrouvé 4 écoles et en a créé 33, le diocèse d´Owando a retrouvé 10 écoles et en a créé 3 ; le diocèse de Ouesso a créé 1 école, la Préfecture Apostolique de Likouala a créé 2 écoles. L´Eglise catholique compte aujourd´hui 638 enseignants et 8.330 élèves.

L´Eglise a créé aussi l´Action "Talitha Koum", pour les enfants qui ne peuvent plus aller à l´école depuis des années à cause des guerres civiles (cf. Fides 25/2/2000). La scolarisation du Congo-Brazzaville a été l´oeuvre des administrateurs coloniaux et des missionnaires. En 1952-1953, les effectifs des enseignants sont les suivants : 23.955 enseignants dans l´enseignement public, et 32.279 enseignants dans l´enseignement catholique. Douze ans plus tard, au moment de la nationalisation des écoles confessionnelles, l´enseignement catholique privé se présentait comme suit à la rentrée 1964-1965 : 75.916 élèves, 1.112 enseignants, 319 écoles primaires, 23 écoles secondaires, 17 écoles techniques ménagères. Le 12 août 1965, les écoles confessionnelles privées étaient nationalisée.

Cette nationalisation arrivait au lendemain de concertations entre les autorités de l´Eglise et celles de l´Etat. La "démission" en bloc de tout le personnel religieux enseignant, sur tout le territoire congolais, fut une surprise générale, même pour des membres du gouvernement, souligne Fides. A l´époque, précise Fides, le Congo était gouverné par une force d´inspiration marxiste qui adoptait le "socialisme scientifique" comme doctrine officielle. Ces forces étaient divisées en plusieurs factions, entre lesquelles il n´y avait pas de coordination.

Aujourd´hui, la nationalisation est considérée par ses propres auteurs en termes négatifs. M. David Charles Ganao, ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de M. Pascal Lissouba, a déclaré devant des enseignants catholiques : "La nationalisation des écoles confessionnelles, il faut l´avouer, ne fut pas une erreur, c´était une faute grave". Après la nationalisation, l´Eglise a continué à s´occuper de l´éducation des jeunes par le moyen de la catéchèse, des mouvements chrétiens et de l´animation rurale.