Congo-Brazzaville: Le P. Jean Guth, Spiritain, porté disparu

Le missionnaire français fut intercepté par les Ninjas le 31 mars

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CITE DU VATICAN, Mercredi 24 avril 2002 (ZENIT.org) - Le P. Jean Guth, Spiritain, était toujours porté disparu le 23 avril, selon l´agence missionnaire italienne Misna.



Des sources religieuses contactées par Misna à Brazzaville (sud de la République du Congo) ont en effet déclaré avoir perdu la trace du prêtre français de la congrégation des Spiritains, intercepté par les miliciens ´ninjas´ le 31 mars alors qu´il tentait de regagner sa paroisse de Mayama, à 80 kilomètres au nord de la capitale, région du Pool, depuis Kindamba, à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Mayama.

La disparition de Père Guth, âgé de 63 ans, au Congo depuis 1967, commence à susciter une certaine inquiétude, d´autant plus qu´il est apparemment blessé.

La situation dans la région du Pool (arrière pays de la capitale) est très tendue depuis trois semaines à cause d´une série d´affrontements qui ont opposé les militaires congolais aux rebelles ´ninjas´, indique Misna.

Des sources onusiennes présentes sur place ont indiqué que l´accès à la zone était interdit par les autorités locales même pour les missions humanitaires, et que cette interdiction se prolongerait au moins jusqu´au 25 avril. La circulation des trains sur ligne ferroviaire reliant Brazzaville à Pointe Noire (premier port du pays, sur la côte ouest), fermée début avril pour raisons de sécurité, n´a pas encore repris.

Pourtant, ni les médias gouvernementaux, notamment la radio d´Etat, ni les autorités ne parlent plus du Pool, des combats qui y ont eu lieu et de ce qui pourrait encore s´y produire.

Rappelons en effet qu´a partir du 29 mars, précise Misna, les hostilités ont été déclenchées quand, aux dires des sources officielles, des postes militaires de la région du Pool auraient été attaqués par les fameux ´ninjas´.

Ces rebelles, anciens partisans de Bernard Kolélas, nommé Premier ministre en 1997 par l´ex-président Pascal Lissouba, répondent depuis la guerre civile de 1998 aux ordres de Frédéric Bitsangou, alias ´Ntoumi´, qui signifie ´l´envoyé´ dans la langue locale. Ce personnage, communément appelé ´pasteur´ ou ´révérend´, qualification qui lui donne une dimension quelque peu ´prophétique´, est en réalité un ancien féticheur, un guérisseur, qui soignait dans le passé les malades mentaux selon les méthodes traditionnelles.