Congrès de Vienne: Dialogue entre le cardinal Lustiger et les jeunes

| 347 clics

ROME, mercredi 28 mai 2003 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le communiqué de presse des responsables de l’organisation de la Mission urbaine 2003 et du Congrès international pour la Nouvelle Evangélisation qui se déroule à Vienne du 23 mai au 1er juin 2003 (cf. www.stadtmission.at).



* * *
« Comment pouvons-nous vivre notre foi dans la vie concrète de tous les jours, dans notre monde éclaté où le maître mot est la flexibilité ? » Telle est la première question qu’un groupe de 5 jeunes Viennois ont adressée au Cardinal Lustiger dans la matinée du 28 mai, en cette cinquième journée du Congrès international pour la Nouvelle Evangélisation qui se tient à Vienne en Autriche du 23 mai au 1er juin 2003.

« L’unité de votre vie, vous la trouverez dans votre cœur, a répondu le cardinal. Vous saurez alors distinguer ce qui vous conduit à la mort et ce qui vous conduit à la vie. » Et prenant l’exemple du démoniaque gérasénien de l’Évangile de Marc, qui figure en quelque sorte l’homme moderne qui recherche de liberté mais ne sait que s’enchaîner lui-même, le cardinal a montré que la libération et l’unification de la vie ne peut être donnée que par le Christ.

« Oui, a rétorqué un autre jeune, mais l’Église reconnaît-elle les efforts de jeunes pour vivre les valeurs de notre monde et comment nous aide-t-elle à nous orienter dans la jungle de ces valeurs ? » Ici encore, le cardinal Lustiger a invité l’assemblée à regarder un personnage de l’Évangile : le jeune homme riche. Ce jeune homme aussi vivait les valeurs puisqu’il reconnaît avoir suivi les commandements de Dieu depuis sa jeunesse. Mais Jésus discerne immédiatement qu’une chose encore l’empêche de vivre ce qu’il désire profondément : ses richesses. « Va, vends tout et suis-moi ! » Jésus met le jeune homme au défi de se libérer de ce qui l’entrave, et celui-ci est tout triste, signe de son manque de liberté. « Notre société est capable du pire et du meilleur, conclut le cardinal, car elle n’est pas libre à l’égard de ses œuvres. Elle veut le bien, le beau, la liberté, mais pourquoi agit-elle à l’opposé ? Peut-être attend-elle que des disciples de Jésus accueillent son appel radical de le suivre et témoignent ainsi de la liberté et de l’amour que Dieu veut donner à tous les hommes. »

Immédiatement après l’intervention très applaudie du cardinal, l’assistance a pu écouter un témoin moderne de la radicalité de l’Évangile. Frère Marc a raconté avec une simplicité qui a touché tous les cœurs l’histoire de la fondation de sa communauté de Tibériade dans les Ardennes belges. Douze à quinze mille jeunes viennent chaque année visiter cette communauté d’inspiration franciscaine, perdue dans les bois. Frère Marc a terminé son témoignage en lâchant une colombe blanche, symbole de l’Esprit Saint. Celle-ci s’est immédiatement posée sur la statue de la Vierge Marie. « Là où est Marie, là est l’Esprit Saint ! », s’est exclamé avec humour le frère Marc, sous les applaudissements des participants au Congrès. « Évangéliser, c’est humaniser ! Évangéliser, c’est une urgence humanitaire. Beaucoup attendent cette parole. Semez ! Semez largement ! » Et joignant le geste à la parole, le frère Marc a terminé son intervention en parcourant les allées de la cathédrale en jetant de pleines poignées de grains de blé !

Comme chaque jour, l’après-midi et la soirée seront consacrés à des activités d’évangélisation dans la ville. Même les évêques y participent, au grand étonnement des Viennois, comme le raconte avec humour Mgr Prowse, venu de Melbourne pour participer aux 10 jours de Congrès. « Je les comprends, explique-t-il en riant. Cela paraît incroyable de rencontrer dans un super marché un évêque australien en train d’évangéliser ! »

Jeudi, les quatre cardinaux promoteurs de ces Congrès à Vienne (2003), Paris (2004), Lisbonne (2005) et Bruxelles (2006) se retrouveront pour une table ronde avant la concélébration de la messe de l´Ascension.