Consciemment ou pas, l’homme agit en présence de Dieu

Le directeur de L’Osservatore Romano commente le message du pape à la Curie

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ROME, Mardi 22 décembre 2009 (ZENIT.org) - La principale préoccupation de Benoît XVI est de témoigner que l'homme, consciemment ou pas, est en présence de Dieu, souligne le directeur de « L'Osservatore Romano », Giovanni Maria Vian, dans son éditorial. 

Commentant le discours de Benoit XVI aux membres de la Curie romaine et du gouvernorat de l'Etat de la Cité du Vatican, pour l'échange traditionnel des vœux de Noël, lundi matin dans la salle Clémentine du palais apostolique, le directeur du quotidien du Saint-Siège souligne que l'évêque de Rome a relu les événements de l'année écoulée « sous un éclairage qui peut surprendre mais qui est le seul éclairage vrai, c'est-à-dire ‘en présence de Dieu' ». 

« Le pape a choisi les trois grands voyages internationaux de l'année, en Afrique, en Terre Sainte et dans le cœur de l'Europe, pour illustrer une réflexion sur l'être humain qui, consciemment ou inconsciemment, est en présence de Dieu », explique-t-il en évoquant les visites de Benoît XVI au Cameroun  et en Angola, en Terre Sainte et en République tchèque.

« Le pape saisit l'essentiel, mais sans rien enlever au réalisme attentif qui, trop souvent, manque aux gouvernants et politiques », déclare Giovanni Maria Vian. 

Il relève que ce réalisme est « la principale caractéristique de l'encyclique Caritas in veritate, et qu'elle a été aussi celle de l'assemblée synodale, mais sans s'arroger des compétences politiques qui ne lui reviennent pas ».

A son avis, « l'essentiel réside dans le fait que le ciel n'est plus fermé et que Dieu est proche ». Ceci expliquant, ajoute-t-il, que « les catholiques africains vivent chaque jour le sens de la sacralité, ont accueilli la primauté pontificale comme l'évident 'point de convergence pour l'unité de la Famille de Dieu' et célèbrent des liturgies joyeuses et ordonnées qui ont rappelé à Benoît XVI la sobria ebrietas chère au mysticisme ancien, juif et chrétien ». 

Dans son commentaire, le directeur de L'Osservatore Romano rappelle l'importance que Benoît XVI attache à la réconciliation qui «  est une urgence en Afrique comme dans toute autre société, selon un processus qui gagnerait à s'inspirer de celui qui a été entrepris après la tragédie de la deuxième guerre mondiale ».

La réconciliation, ajoute-t-il, « se réalise, avant tout, dans le sacrement de la pénitence, en grande partie disparu des habitudes chrétiennes, car nous avons perdu la véracité à l'égard de nous-mêmes et de Dieu', mettant en péril l'humanité et la capacité de paix ». 

Face au mal, souligne-t-il, « il faut rester vigilants », et c'est pour cela que le pape, dans son discours, est revenu sur sa  « bouleversante » visite au Yad Vashem de Jérusalem commémorant le souvenir de « l'extermination de six millions de juifs et de la volonté de chasser du monde le Dieu d'Abraham et de Jésus ». 

Mais l'image « la plus frappante et qui restera de ce grand discours du pape », est celle de la « maison de prière pour les nations » réservée dans le Temple de Jérusalem, aux païens qui voulaient prier l'unique Dieu et que Jésus voulut débarrasser de ceux qui l'avaient transformé en « repaire de bandits ».

« A l'imitation du Christ, aujourd'hui aussi, a dit Benoît XVI, l'Eglise devrait apparaître comme un espace pour tous les peuples et pour ceux qui connaissent Dieu de loin ou pour ceux pour lesquels il est inconnu ou étranger », conclut Giovanni Maria Vian. « Pour les aider à 's'accrocher à Dieu', en présence duquel se trouve chaque créature humaine ».