Conseil de l'Europe: la foi catholique, respectueuse de la raison

Note du Saint-Siège

Rome, (Zenit.org) | 1321 clics

« La foi catholique est totalement respectueuse de la raison », affirme le Saint-Siège : « la foi et les autres dons de Dieu ne rendent pas inutiles ni ignorent la nature humaine et l’usage de la raison humaine, mais au contraire encouragent cet usage ».

La Représentation permanente du Saint-Siège auprès du Conseil de l’Europe a rédigé une note à l’occasion de l’examen par la Cour européenne des droits de l’homme des affaires Sindicatul ‘Pastorul cel Bun’ contre la Roumanie (n° 2330/09) et Fernandez-Martinez contre l’Espagne (n° 56030/07).

Cette note expose la position de l’Eglise sur sa liberté et son autonomie face aux Etats, fondée sur quatre principes : 1) la distinction entre l’Eglise et la communauté politique, 2) la liberté à l’égard de l’Etat, 3) la liberté au sein de l’Eglise, 4) le respect de l’ordre public juste (cf. Documents pour le texte intégral).

La foi catholique est totalement respectueuse de la raison

Le texte rappelle notamment que « la foi catholique est totalement respectueuse de la raison » : les chrétiens, explique le Saint-Siège, « reconnaissent la distinction entre la raison et la religion, entre les ordres naturel et surnaturel, et ils estiment que « la grâce ne détruit pas la nature », c’est-à-dire que la foi et les autres dons de Dieu ne rendent pas inutiles ni ignorent la nature humaine et l’usage de la raison humaine, mais au contraire encouragent cet usage ».

D'ailleurs le christianisme, poursuit le texte, « ne comporte pas de prescriptions religieuses formelles (alimentaires, vestimentaires, mutilations, etc.) susceptibles le cas échéant de heurter la morale naturelle et d’entrer en conflit avec le droit d’un État religieusement neutre ».

A l’exemple du Christ, l’Eglise dépasse des « prescriptions religieuses purement formelles » pour les remplacer par « la loi vivante de la charité, une loi qui, dans l’ordre naturel, reconnaît à la conscience le soin de distinguer le bien du mal ».

Ainsi, affirme la note, "l’Eglise catholique ne saurait imposer aucune prescription contraire aux justes exigences de l’ordre public".

La liberté est en dépendance à l’égard de la vérité

Si l’Eglise reconnaît « la valeur fondamentale de la liberté humaine », et si elle est elle-même « un espace de liberté », elle rappelle cependant que « cette liberté est en dépendance à l’égard de la vérité (« la vérité vous rendra libre », Jn 8,32) », peut-on lire également.

Il en résulte que la liberté « ne peut pas être invoquée pour justifier une atteinte à la vérité ».

Ce que le texte illustre dans le cadre de l’Eglise : « un fidèle laïc ou religieux ne peut pas invoquer sa liberté pour contester la foi ou pour porter atteinte à l’Eglise ».

« En cas de désaccord, toute personne peut exercer les recours prévus par le droit canonique et même rompre ses relations avec l’Eglise », fait observer le Saint-Siège.

Une mission reçue de Jésus-Christ, non de l’Etat

Par ailleurs, poursuit le texte, « l’Eglise et la communauté politique ont, l’une et l’autre, des finalités distinctes » : la communauté politique « doit veiller au bien commun et faire en sorte que, sur cette terre, les citoyens puissent mener une "vie calme et paisible" ».

Quant à l’Eglise, « elle a été fondée pour conduire ses fidèles, par sa doctrine, ses sacrements, sa prière et ses lois, à leur fin éternelle ».

En ce sens, elle revendique « le plein respect et la protection de sa liberté d’accomplir sa mission au sein d’une société pluraliste », mission et liberté « reçues de Jésus-Christ et non pas de l’Etat ».

Le pouvoir civil doit ainsi « respecter et protéger la liberté et l’autonomie de l’Eglise et ne l’empêcher en aucune manière de s’acquitter intégralement de sa mission qui consiste à conduire ses fidèles, par sa doctrine, ses sacrements, sa prière et ses lois, à leur fin éternelle », que ce soit dans  « l’organisation institutionnelle de l’Eglise » ou dans « l’accomplissement de sa mission auprès des fidèles ».