Conserver « le précieux héritage de la sagesse chinoise », par le card. Zen

La Parole de Dieu, Créatrice de beauté

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ROME, Vendredi 17 octobre 2008 (ZENIT.org) - Le cardinal Zen souhaite que soit conservé « le précieux héritage de la sagesse chinoise ».

L'évêque chinois de Hong Kong, le cardinal Joseph Zen Ze-Kiun, S.D.B., est en effet intervenu en ces termes au synode des évêques, le 15 octobre, lors de la 16e congrégation générale. Il a abordé la question de l'alphabétisation, en rapport avec la diffusion de la Bible, et la question de l'exégèse biblique.


L'évêque chinois a d'abord voulu évoquer la « beauté » qui jaillit de la Parole en disant : « Je voudrais m'attarder un instant sur la Parole de Dieu en tant que Créatrice de beauté de l'Univers et de l'être humain, doté d'intelligence et de coeur, et capable donc de dialoguer avec son Créateur », a annoncé le cardinal Zen.


Et d'expliquer que « cet aspect de la Parole est présent dans le Document de travail, mais venant d'un pays où la Parole révélée n'a pas encore été transmise à un grand nombre et où les « semences du Verbe », en revanche, abondent dans la culture sapientielle du peuple, permettez-moi de revenir sur le sujet en exprimant quelques desiderata. »


« Mon premier souhait, disait l'évêque chinois, est que cet aspect de la Parole soit développé de manière adéquate dans le texte final et que quelques recommandations soient données par cette Assemblée à cet égard ».


Il invitait à recueillir et transmettre les valeurs de l'antique sagesse chinoise : « À Hong Kong, a-t-il précisé, nous travaillons avec les six religions principales afin de conserver l'héritage précieux de la sagesse chinoise. L'Église catholique en Chine a toujours trouvé une bonne alliée dans la doctrine confucéenne. Si nous parvenions, mus par la charité, à inculquer dans la génération de jeunes les vertus chinoises traditionnelles, nous l'aiderions à faire un grand pas vers la sainteté ».


A contrario, il décrivait uen société édifiée sans ces valeurs en constatant, non sans allusion à l'actualité brûlante de ces dernières semaines : « un déclin épouvantable des valeurs sacrées de la vie, du mariage et de la famille, une corruption effrontée, un bâillonnement des consciences à cause duquel on peut en arriver, pour obtenir des gains faciles, à polluer le lait au détriment de la santé et de la vie d'enfants sans défense ».


Le cardinal Zen a également recommandé qu'en « suivant l'exemple de la patience divine, l'on accorde une grande place à cette parole propédeutique de Dieu et que l'on ne succombe pas à la tentation de brûler les étapes ».

Il citait deux exemples d'un Prix Nobel et d'un bon journaliste. A propos du premier, il  racontait ceci  : « J'ai entendu le Professeur Yang, Prix Nobel, dire "je ne suis pas croyant mais je ne cache pas que, dans deux cas, je me sens touché par le mystère. Le premier est quand je me trouve face à une découverte de la science : c'est comme si j'étais pris en flagrant délit pendant que je regarde quelque chose que je n'ai pas le droit de regarder. Le second est lorsque je m'aperçois de l'énorme puissance destructrice de la technique. Je pense alors que nous usurpons des forces qui ne nous appartiennent pas. Je dois avouer qu'il ne m'est pas venu à l'esprit de demander au Professeur quand il fera le prochain pas. Je lui aurais plutôt dit qu'il était proche du Royaume de Dieu ».

« Le deuxième cas, a continué l'évêque, est celui d'un journaliste consciencieux et patriote, qui fut injustement condamné pour espionnage. Quand il était jeune et qu'il étudiait dans un Collège protestant, il avait refusé de lire la Bible en public parce qu'il était athée mais ensuite, dans le long silence de son incarcération, l'Évangile avait trouvé le chemin de son cœur. Il y a quelques jours, nous nous sommes retrouvés ensemble à déjeuner. J'espère que je ne vous choquerai pas en vous disant que, à cette occasion-là, je l'ai félicité pour la fois où il avait refusé de lire la Bible ».

Dans un entretien à Radio Vatican, le cardinal Zen a aussi dit espérer que « le gouvernemnt s'ouvre véritablement et qu'il comprenne que la liberté religieuse n'est pas au détriment de qui que ce soit, mais à l'avantage de tous ».