Consigne du pape à la Conférence mondiale pour le dialogue à Madrid

Le card. Tauran rappelle que le dialogue entre les croyants est le meilleur service à la paix

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ROME, Lundi 28 juillet 2008 (ZENIT.org) - Benoît XVI a adressé une consigne à la Conférence mondiale pour le dialogue, qui s'est déroulée à Madrid. La Conférence était convoquée par la Ligue du monde islamique : le meilleur service des croyants à la paix est le dialogue sur l'amour et la vérité.

C'est le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux qui a transmis le message du pape aux personnes présentes, et qui a prononcé l'intervention de clôture de la rencontre.

La conférence s'est déroulé du 16 au 18 juillet derniers à l'initiative du roi Abdallah d'Arabie saoudite avec la participation du roi d'Espagne, Juan Carlos, et de représentants religieux de pratiquement toutes les confessions.

Dans son allocution, le cardinal français a transmis le salut du pape aux participants et a assuré que le Saint-Père « considère que le dialogue basé sur l'amour et sur la vérité entre les croyants est la meilleure manière de contribuer à l'harmonie, au bonheur et à la paix des peuples de la terre ».

Le cardinal a remercié le roi Abdallah pour le courage avec lequel il a présenté les objectifs de la conférence. « Si nous souhaitons le succès de cette rencontre historique nous devons nous concentrer sur nos dénominateurs communs, c'est-à-dire la foi profonde en Dieu, les nobles principes et les valeurs morales élevées qui constituent l'essence de la religion », avait-il dit.

« En ces jours, on montre de manière évidente qu'il est possible de se rencontrer, de se regarder et de respecter nos fois réciproques, d'apprendre une nouvelle manière de parcourir le chemin du dialogue », a dit le cardinal Tauran, dans son intervention publiée dans L'Osservatore Romano.

« Nous avons souligné les nombreuses convictions que nous partageons : la foi dans l'unicité de Dieu auteur de la vie ; la responsabilité de sauvegarder la création et les ressources de la terre ; le caractère sacré de la personne humaine et de sa dignité et les droits fondamentaux qui en découlent ; la préoccupation commune d'offrir aux jeunes des principes éthiques et religieux : la force de l'amour que possède chaque croyant ; le caractère central de la loi naturelle », a constaté le prélat, ajoutant vouloir partager avec les participants « deux considérations personnelles ».

« La première est que nous avons mis à disposition de tous les membres des sociétés auxquelles nous appartenons, la richesse de nos convictions et de nos pensées », a-t-il dit. « Ma deuxième conviction est que, en tant que chrétiens, nous sommes un don pour la société », a-t-il ajouté.

« Cette réalité implique de manière impérative que la liberté religieuse soit reconnue, au-delà de la nécessité importante d'avoir des lieux de culte, ce qui est le minimum auquel on puisse prétendre », a-t-il expliqué.

« La liberté religieuse doit aussi inclure la possibilité pour les croyants de prendre une part active au dialogue public à travers des responsabilités sociales, politiques et culturelles qui doivent servir de modèle », a affirmé le représentant pontifical.

En considérant l'avenir, le cardinal a présenté trois objectifs urgents : « Promouvoir la connaissance réciproque ; encourager l'étude des religions de manière objective ; former les personnes au dialogue interreligieux ».

« Je ne veux pas dire que toutes les religions sont plus ou moins égales. Je veux dire que tous ceux qui cherchent Dieu ont la même dignité », a-t-il expliqué.

« Benoît XVI a toujours mis en garde contre un dialogue interreligieux qui débouche sur le syncrétisme, a-t-il rappelé. Nous savons tous que le dialogue interreligieux ne peut être fondé sur l'ambiguïté ».

« En tant que croyants, juifs, chrétiens et musulmans nous croyons dans les faits, a-t-il conclu. Ayant reçu de Dieu un coeur et une intelligence, nous savons que nous pouvons changer, avec Son aide, le cours de l'histoire ».

Jesús Colina