Contre la traite des personnes, le réseau international "Talitha Kum"

Mobilisation des religieux et religieuses pour la libération des esclaves

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 491 clics

Sœur Estrella Castalone a présenté ce mardi 20 mai au Vatican le réseau Talitha Kum, ce Réseau international de la vie consacrée contre la traite des personnes, comme « RENATE » en Europe, ou, au Canada « CATHII », ou au Sénégal : « Main dans la main », pour ce qui est de la francophonie.

Une campagne internationale, auprès des joueurs, des supporteurs, des jeunes vulnérables, et de l’opinion publique, a été présentée ce mardi matin par le cardinal brésilien Braz de Aviz, préfet du dicastère pour la Vie consacrée, et par des trois religieuses engagées dans ce combat au niveau international : Soeur Carmen Sammut, MSOLA, présidente de l’Union Internationale des Supérieures générales (UISG) ; Soeur Estrella Castalone, FMA, des Philippines, coordinatrice du réseau « Talitha Kum » ; et Sœur Gabriella Bottani, SMC, Combonienne travaillant au Brésil, coordinatrice de « Un jeu pour la vie ».

Mme Antoinette C. Hurtado représentait l’ambassade des Etats Unis près le Saint-Siège qui soutient cette initiative.

Celle-ci est promue par le Réseau international de la vie consacrée contre la traite des personnes « Talitha Kum » - « Petite fille, lève-toi » - : paroles adressées par le Christ, en araméen, une petite fille qu’il a rappelée à la vie (Evangile selon saint Marc 5, 40-43).

Il s’agit de « partager et optimiser les ressources de la vie religieuse à travers intervention de prévention et dénonciation, d’assistance aux victimes et aux personnes vulnérables ».

Après 5 ans, Talitha Kum rassemble 24 réseaux, 79 pays, 800 religieuses et religieux 240 congrégations, pour arrêter la traite des personnes.

« Notre mission devient urgente, explique la religieuse, parce que le Saint-Père nous stimule : « Je désire affronter avec vous une question qui me préoccupe beaucoup et menace la dignité des personnes (…). Une vraie forme d’esclavage toujours plus répandue qui touche tous les pays et les personnes les plus vulnérables de la société : femmes, enfants, handicapés (…), victimes de la désagrégation familiale et sociale. Aujourd’hui, l’être humain est objet de consommation, dans une société du rebut. »

Les mots d’ordre sont protection, prévention, partenariat, face à un réseau criminel bien organisé.

Talitha Kum veut « tisser ensemble les ressources de la vie religieuse avec les autres ressources de la vie religieuse pour aider les personnes impliquées dans la traite ».

Voilà les objectifs de sa campagne contre la traite à l’occasion du mondial de foot au Brésil. L’industrie du tourisme est mobilisée : hôtels, bars, restaurants, transports de marchandises et personnes, notamment pour ce qui concerne les offres d’emploi, les opportunités de travail, des pays limitrophes, des régions rurales…

« Nous nous engageons pour arrêter la traite des personnes durant le Mondial du Brésil », insiste la religieuse.

Les religieux engagés dans cette campagne sont 250, avec leurs partenaires laïcs. Un séminaire de préparation a eu lieu en novembre 2013, à Brasilia pour cette plate-forme.

Il s’agit aussi, insiste la religieuse de « réveiller la conscience du public sur la traite et le plus possible en vue de la prévention durant cet événement sportif mondial ».

Elle lance une invitation à tous à être solidaires pour « mettre fin à cette esclavage horrible, à l’invitation du Saint-Père ».

« Ensemble, dit-elle, nous pouvons et devons nous engager pour mettre fin à cet horrible commerce, c’est un crime contre l’humanité : nous devons unir les forces pour libérer les victimes et arrêter ce crime. »