Contribution des chrétiens à une nouvelle éthique publique

Visite de Benoît XVI à Sansepolcro

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Anne Kurian

ROME, lundi 14 mai 2012 (ZENIT.org) – Benoît XVI a exhorté les chrétiens à « contribuer à la naissance d'une nouvelle éthique publique », en s’engageant dans la société « avec une volonté de servir qui aille au-delà de l'intérêt personnel ».

C’est ce qui est ressorti, entre autres, du discours adressé par Benoît XVI à la ville de Sansepolcro - qui fête le millénaire de sa fondation - hier, 13 mai 2012. Malgré la pluie battante, la place « Torre di Berta » – où était le rendez-vous – et les rues étaient noires de monde pour l’accueillir. Etaient présents notamment Mgr Riccardo Fontana, archevêque d’Arezzo-Cortone-Sansepolcro, et Mme Daniela Frullani, maire de la ville.

Pour une éthique publique

Benoît XVI a souligné que le « progrès spirituel » des communautés ecclésiales et la « promotion du bien commun » des communautés civiles exigent « l’insertion toujours plus vitale des paroisses et associations ».

« Soyez, a-t-il exhorté, une Eglise vivante au service de l'Evangile ! » Une Eglise « accueillante et généreuse » qui rende présent « l'amour de Dieu pour chaque être humain », et particulièrement « pour les personnes souffrantes et dans le besoin ».

Pour le pape, le « service de l'Eglise au monde » a besoin de « fidèles laïcs éclairés », capables d'agir avec une « volonté de servir qui aille au-delà de l'intérêt personnel, au-delà des visions partisanes ».

En effet, le bien commun, a-t-il rappelé, « compte plus que le bien de chacun », et il concerne aussi les chrétiens, qui doivent « contribuer à la naissance d'une nouvelle éthique publique ». Il est nécessaire, a-t-il insisté, de retrouver de « solides motivations » pour « servir le bien des habitants de la ville ».

Benoît XVI a appelé en ce sens les chrétiens, et « surtout les jeunes », à « ne pas s'enfermer en eux-mêmes, mais à s'occuper des autres » : « J’appelle les jeunes, a-t-il ajouté, à savoir penser grand: ayez le courage d'oser! Soyez prêts à donner une nouvelle saveur à la société civile, avec le sel de l'honnêteté et de l'altruisme désintéressé. »

Le pape a également invité les habitants à se tourner vers la cathédrale, qui est le lieu à partir duquel « chacun peut orienter son chemin mais surtout sa vie », un lieu qui est « un appel à se détacher de notre quotidien, en regardant le Ciel, en tendant continuellement vers les valeurs spirituelles et vers la communion avec Dieu. » Dieu, a-t-il précisé, « ne nous détourne pas du quotidien mais l'oriente et nous le fait vivre d'une façon encore plus intense ».

Le lien avec la Terre Sainte

Benoît XVI a rappelé le lien de cette ville italienne avec Jérusalem : les saints Arcan et Gilles, ont en effet fondé Sansepolcro au retour d’un pèlerinage en Terre Sainte, d'où ils rapportèrent des pierres du Mont Sion.

Ils voulaient, précise le pape, construire cette ville « à l’image de Jérusalem qui, par son nom même, évoque la justice et la paix », et ils imaginèrent « un modèle de ville organisé et chargé d'espérance pour l'avenir » où les chrétiens seraient « le moteur de la société ».

Sansepolcro est jumelée avec le patriarcat latin de Jérusalem, jumelage qui a « suscité des collaborations et des œuvres de charité en faveur des frères les plus nécessiteux en Terre Sainte », a fait observer Benoît XVI : « Par ce lien, vous considérez tout ce qui concerne la Terre Sainte comme une réalité qui vous implique ».

S’appuyant sur cet héritage, le pape a encouragé à concevoir « de nouvelles perspectives de solidarité », amorçant par là un « élan apostolique nouveau au service de l’Evangile »: cela pourrait être « l'un des résultats les plus significatifs des célébrations jubilaires » de la ville.