Convaincre les Etats que la violence n'est pas le destin inévitable de l'humanité

Pour un « désarmement général et total »

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CITE DU VATICAN, Jeudi 9 octobre 2003 (ZENIT.org) - Le Saint-Siège s’emploie à convaincre les Etats du monde que « la violence n'est pas le destin inévitable de l'humanité », en vue d’un « désarmement général et total ».



Mgr Celestino Migliore, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies, à New York, est intervenu mercredi 8 octobre, dans la discussion générale du Premier Comité, consacrée au thème 74 du programme dont le titre est : « Le désarmement général et total ».

« Il est vraiment essentiel pour l'application de nos programmes de paix de changer l'attitude des Etats et des personnes. Il faut se convaincre de ce que la violence n'est pas le destin inévitable de l'humanité », affirmait Mgr Migliore.

Le représentant du Saint-Siège déplorait que les événements de ces dernières années aient entraîné la « résurgence » de concepts semblables à celles qui dominaient pendant la Guerre froide.

Pourtant les politiques liées au MAD (« Destruction mutuelle assurée »), selon lesquelles « la sécurité d'un bloc se basait sur la menace de l'anéantissement de l'autre », entretenant la « peur » dans le monde, « auraient dû disparaître », remarquait Mgr Migliore.

Mgr Migliore affirmait : « Puisque nous aspirons à un désarmement général et total, nous devons respecter avant tout la vie et la dignité de l'homme, les droits des personnes, rejeter toute violence, promouvoir la liberté, la justice, la solidarité, la tolérance et l'acceptation des différences, favoriser une meilleure compréhension et une meilleure harmonie entre les groupes ethniques, religieux, culturels et sociaux ».

Devant les menaces pesant sur la paix mondiale, et mentionnées par le Secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan, le représentant du Saint-Siège soulignait d’une part celles représentées par « le terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive », et d’autre part « la persistance de la pauvreté extrême, l'inégalité des chances, la diffusion de maladies et la dégradation de l'environnement ».

Les Nations Unies, estimait Mgr Migliore, « doivent faire face à ces différentes menaces ». Et il invitait, en ce qui concerne le désarmement à ne pas « sous-estimer l'importance du dialogue, de la négociation, de la diplomatie et du recours aux règles du droit ».

Reprenant un leitmotiv du Vatican, Mgr Migliore demandait de « s’occuper dans l'immédiat des armes de petit calibre, ce type d'armes provoquant chaque année la mort de plus d'un demi million de personnes - 90% de civils - dont 300.000 dans le cadre de guerres et 200.000 par homicides ou suicides ». Mgr Migliore dénonçait les armes légères comme favorisant les conflits, diminuant les possibilités de développement et entravant l'action des organisations humanitaires.

Aux menaces des armes nucléaires, s’ajoutent en outre celles des armes chimiques et biologiques, et à ce sujet, Mgr Migliore regrettait les « points faibles » des « nombreux traités sur l'usage de ces armements » pour ce qui concerne « leur application, leur vérification
et leur mise ne œuvre ».

Le représentant du Saint-Siège préconisait une meilleure application des traités sur le désarmement : « Les démarches à effecteur peuvent parfois sembler trop lourdes dans le processus du désarmement. Mais si nous les plaçons dans le cadre de l'édification d'une culture de la paix, elles nous paraîtront moins effrayantes », insistait Mgr Migliore.