"Convivium": Faciliter l'accès aux médicaments dans les pays pauvres

Congrès au Vatican

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ROME, mardi 11 mai 2004 (ZENIT.org) - L'Organisation non gouvernementale "Convivium" a lancé le 7 mai un appel à la coopération entre pays riches et pays en voie de développement pour faciliter l'accès aux médicaments dans les pays pauvres.



"Convivium", qui signifie "vivre ensemble dans l'amitié", est une initiative de la Fédération internationale des pharmaciens catholiques en collaboration avec quelques représentants d'organismes du Vatican et d'environ 80 entreprises pharmaceutiques. Elle cherche à lancer des initiatives humanitaires, scientifiques et pédagogiques en faveur des populations les plus pauvres.

Alain Lejeune, président de Convivium, a expliqué à Zenit que "l'objectif est de faciliter l'accès à des médicaments de qualité à tous et partout, sans aucune distinction, surtout les médicaments essentiels comme les vaccins, et ceux qui permettent de combattre les épidémies, le sida, la malaria et la tuberculose".

L'idée de Convivium, qui vient d'organiser un congrès de deux jours (7-8 mai) au Vatican, est d'utiliser le réseau de l'Eglise catholique, qui possède 128.000 institutions sanitaires à travers le monde, surtout dans les pays en voie de développement, pour rendre les médicaments accessibles à des millions de personnes qui ne réussissent pas à se les procurer pour des raisons économiques ou à cause des problèmes de distribution.

Mgr José Luis Redrado Marchite, secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des services de la santé a expliqué à Zenit que "grâce aux médicaments, beaucoup de maladies ont été surmontées ou ont même disparu".

"Dans les pays développés surtout, les médicaments sont très efficaces dans la lutte contre les maladies, et même s'ils ne réussissent pas à guérir complètement, ils parviennent au moins à soulager les maux et les souffrances, a-t-il ajouté. Ceci a permis un prolongement important de l'espérance de vie de la population".

"Mais le progrès n'a pas été exempt de difficultés", a précisé Mgr Redrado, expliquant que "la recherche de nouveaux médicaments est très coûteuse".

"Le droit de propriété intellectuelle, même s'il est juste, peut parfois alimenter des conflits avec les nombreux patients qui ne réussissent pas à avoir accès aux soins, a-t-il poursuivi. Selon les statistiques, 80% des médicaments seraient consommés par 15% de la population. Dans les pays riches il y a aussi le problème de la consommation excessive de médicaments".

Mgr Redrado évoque par ailleurs le problème de l'expérimentation de nouveaux médicaments sur les populations des pays pauvres, avec le risque de mettre en danger la vie et la santé de ces personnes.

Mgr Redrado souligne la nécessité d'une éthique de comportement plus rigoureuse et précise qu'il faudrait "partager les bénéfices des nouveaux médicaments avec les pays où les expérimentations sont faites, selon des modalités à décider ensemble, mais qui tiennent compte des besoins de ces pays dans le domaine de la santé".

Le secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des services de la santé a également évoqué le problème du sida. Il souligne l'importance de faciliter l'accès aux médicaments antirétroviraux. Le président de la Cipla, une entreprise indienne approuvée par l'OMS qui fournit aujourd'hui des médicaments à 140 pays du monde, affirme qu'il est possible de faire baisser les prix des antirétroviraux. De 10.430 dollars par patient et par an, ils sont passés à 350 dollars par patient et par an.

Mgr Redrado rappelle qu'il y a aujourd'hui 40 millions de personnes atteintes du sida (dont 25 millions en Afrique) avec trois millions de morts chaque année (2,2 millions en Afrique).

Reprenant le Message pour le carême 2004 du pape Jean-Paul II, Mgr Redrado encourage la collaboration entre les pays pauvres et les pays riches pour faire du droit à la santé un bénéfice pour tous.