Coopération entre l'Eglise et les professionnels du tourisme

Appel du card. Antonio Maria Vegliò

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Anne Kurian

ROME, mercredi 25 avril 2012 (ZENIT.org) – Le cardinal Vegliò a appelé à une coopération entre Eglise et professionnels du tourisme, au cours du VIIe congrès mondial de pastorale du tourisme.

Le congrès, intitulé « Le tourisme qui fait la différence » est en cours, à Cancún, au Mexique (23- 27 avril 2012). Il est organisé par le Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement et par l’évêché de Cancún-Chetumal (cf. Zenit du 23 avril).

Le cardinal Antonio Maria Vegliò, président du dicastère organisateur, a introduit le congrès à la lumière du message de Benoît XVI. Il a fait plusieurs recommandations concrètes, pour favoriser un tourisme social, renforcer la coopération avec les professionnels et accentuer la pastorale des églises locales.

Favoriser un tourisme social

Le « droit au repos », rappelle le cardinal, est inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Alors qu’aujourd’hui, une grande partie de la population bénéficie de plus en plus de temps libre – selon des statistiques de l’OMT, il y aura un milliard de touristes en 2012 – il déplore que « de nombreuses personnes soient encore exclues de ce droit », qui peut même sembler « frivole » dans des pays où les besoins primaires ne sont pas satisfaits.

Le tourisme, poursuit-il en ce sens, n’est pas seulement une « opportunité » mais devrait être un « droit pour tous ». Pour favoriser un tourisme social – auquel tout le monde peut avoir accès – il propose, citant Benoît XVI, de « dépasser la dichotomie entre la sphère économique et la sphère sociale » car « l’économie sans dimension sociale n’est pas acceptable et une action sociale qui ne tient pas compte des ressources n’est pas durable ».

Coopération entre Eglise et professionnels

Revenant sur le tourisme religieux, qui est « en croissance », le cardinal appelle à une « coopération » entre l’Eglise et les différents professionnels impliqués dans le secteur.

Les professionnels, explique-t-il, devraient promouvoir le « respect des lieux religieux » et de la croyance des touristes en « facilitant leur pratique ». L’Eglise, quant à elle, doit collaborer pour que les guides aient une « préparation religieuse suffisante » pour montrer le « visage authentique des lieux visités ».

Le tourisme, fait-il observer, a des « vertus et potentialités » : il « humanise » en tant qu’il est « une occasion de régénération physique et spirituelle, un instrument de développement économique et de lutte contre la pauvreté, un promoteur de paix, tolérance, fraternité et dialogue entre les civilisations ».

Mais il n’est pas exempt de risques, tels de « dangereux bouleversements urbains et environnementaux, la détérioration de l’héritage culturel, la mise à mal de la dignité humaine ». Citant le Code mondial d’éthique du tourisme, il rappelle que l’exploitation d’êtres humains, sous n’importe quelle forme, est la « négation du tourisme ».

Le cardinal plaide à ce sujet pour que le Code mondial d’éthique du tourisme, qui est « un important point de repère », obtienne le statut juridique de “Convention”, afin d’avoir plus de force légale.

Accentuer l’effort de pastorale du tourisme

Pour le cardinal, l’Église doit « soutenir les chrétiens durant leur temps de repos » mais elle doit aussi penser à la nouvelle évangélisation car elle doit évangéliser “à temps et à contretemps” (2 Tm 4, 2).

Il encourage à évangéliser par le tourisme avec une « nouvelle créativité », et avec une « dynamique missionnaire forte » qui s’appuie sur les « questions des hommes » pour présenter le message évangélique.

Il met en garde également les églises locales qui considèrent la pastorale du tourisme comme « accessoire ». Parfois, reconnait-il, c’est justifié, mais souvent cette absence est due à un « concept de tourisme restreint », identifié aux activités des classes sociales aisées. Il faut donc « créer des structures nationales et diocésaines où elles n’existent pas encore, et fortifier celles qui existent ».

Fondement et conséquence du tourisme : le respect pour la diversité des religions

Par ailleurs  monsieur Taleb Rifai, Secrétaire général de l’Organisation Mondiale du Tourisme des Nations Unies (OMT), s’est adressé aux participants dans un vidéo-message, affirmant que le tourisme « force majeure de l’économie mondiale », générant un emploi sur douze dans le monde, est aussi un « instrument puissant pour construire des ponts entre les peuples, fois et cultures ».

Ainsi, a-t-il souligné, le code mondial d’éthique du tourisme rappelle que la « promotion de la compréhension et du respect pour la diversité des religions et croyances » est le « fondement et la conséquence » du tourisme.

Comme les grandes religions du monde, a-t-il poursuivi, le tourisme « porte les valeurs de l’échange, entre ceux qui visitent et ceux qui les accueillent ». C’est un « véhicule pour la tolérance et la compréhension ». Ceci, précise-t-il, est « particulièrement vrai » du tourisme religieux, qui est « une des plus grandes motivations de voyager pour des millions de personnes ».

Il a exprimé enfin sa certitude que les discussions du congrès « aideront à voir plus clairement » comment le tourisme peut « favoriser le respect spirituel et culturel entre les peuples ».

Mme Ana Carolina Somarriba, représentante de l’OMT, et coordinatrice des projets de développement pour l’Amérique centrale, est intervenue sur la situation actuelle du tourisme – y compris religieux – et ses perspectives pour le futur.