Copenhague : Caritas et CIDSE déplorent un accord « honteux »

Risques de retombées « désastreuses » sur les populations pauvres

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ROME, Lundi 21 décembre 2009 (ZENIT.org) - Caritas internationalis et le mouvement catholique de coopération internationale pour le développement et la solidarité (CIDSE), qui forment ensemble la plus grande alliance d'agences d'aide et de développement, qualifient de « faible et moralement déplorable » l'accord proposé au sommet de l'ONU, à Copenhague (Danemark), sur les changements climatiques, affirmant qu'il aura des retombées « désastreuses » sur les populations les plus pauvres du monde.

Rappelant que « les habitants des pays en voie de développement ont déjà à lutter contre les effets de ces changements climatiques, la Caritas déplore dans un communiqué le manque d'ambition de cette nouvelle proposition. 

 « L'accord proposé ne prévoit pas les engagements que la science estime nécessaire. Des millions de personnes luttent pour tenir la tête hors de l'eau alors que les leaders politiques jouent la carte de l'attentisme », relève Niamh Garvey, du mouvement CISDE Trocaire/Caritas Irlande du Bella Center. 

La proposition « suggère un accord non ambitieux  et non contraignant qui voit les pays établir leurs propres objectifs individuels en se basant plus sur ce qui est considéré comme économiquement et politiquement possible, que sur ce qui est demandé par la science et par la justice », ajoute-t-il.

Si les pays ont exprimé leur volonté de continuer à travailler, l'accord proposé ne prèvoit pas d'échéances claires quant à la conclusion d'un accord juste et juridiquement contraignant dans les mois à venir. 

Ces dix dernières années, le manque de volonté politique a freiné les efforts internationaux face aux changements climatiques, dont l'impact sur les pays en voie de développement est devenu toujours plus inquiétant.

Le secrétaire général du CISDE, Bernd Nilles, déclare pour sa part qu'il est inconcevable que plus de 100 dirigeants du monde réunis pour se mettre d'accord sur la manière de résoudre un problème mondial aient échoué dans leur objectif d'aboutir à un engagement adéquat et contraignant. 

« Qu'ils l'appellent ‘accord historique' ou ‘déclaration', qu'ils l'appellent comme ils veulent, commente-t-il, la réalité c'est que les dirigeants ont échoué dans leur intention de trouver une solution concrète et efficace. Ils ont perdu cette occasion historique d'ouvrir une voie claire et collective pour un avenir durable ».

Pour Caritas et CISDE, les pays développés devraient avoir honte. Les preuves scientifiques et les analyses économiques montrent clairement ce que les nations riches devraient faire pour réduire les émissions de gaz et apporter leur soutien aux pays pauvres. 

« Les dirigeants peuvent accomplir des pas en arrière, mais le niveau d'engagement que l'on a vu chez les personnes, dans le monde entier, dans la course vers Copenhague montre sans équivoque que les populations sont pour un accord solide et ferme sur les changements climatiques. Les leaders doivent désormais se donner un délai pour aboutir à un accord compréhensif et contraignant le plus vite possible, dans les mois à venir, et nous, nous les suivrons pas à pas sur leur chemin », déclare Lesley Anne Knight, secrétaire générale de Caritas internationalis.

Le CIDSE et la Caritas estiment que le monde ne saurait rien accepter de moins qu'un accord juste, ambitieux et juridiquement contraignant qui engage les pays développés à réduire les émissions de gaz de plus de 40% d'ici 2020 en se basant sur les niveaux de 1990. 

L'alliance veut que les pays riches contribuent à hauteur de 195 milliards de dollars d'ici 2020, en plus des engagements déjà existants, pour aider les pays en voie de développement à utiliser les technologies vertes et à se défendre contre les conséquences les plus graves des changements climatiques.