Corée du Sud : Un tribunal nie l’humanité des embryons

Protestation de l’Eglise relayée par le Vatican

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ROME, Mercredi 2 juin 2010 (ZENIT.org) - Selon un tribunal de Corée du sud, les embryons « ne sont pas humains ». L'Eglise proteste. L'agence vaticane Fides relaye cette protestation dans cette dépêche parvenue aujourd'hui à Zenit.

L'Eglise coréenne connaît la tristesse et l'indignation suite à la sentence d'un tribunal de Séoul qui a qualifié de « non humains » les embryons congelés, avalisant des pratiques comme l'expérimentation et la destruction des embryons. La sentence a clos un recours avancé par plusieurs parents et par 11 experts, dont des philosophes, des médecins, des biologistes, qui s'opposaient à l'usage de ces embryons congelés, après la pratique de la fécondation « in vitro », pour la recherche scientifique.

« C'est une sentence contraire à la vie humaine et à la science elle-même » commente dans un entretien avec l'Agence Fides le cardinal Nicholas Cheong, archevêque de Séoul. « Nous sommes très tristes et préoccupés. En tant qu'Eglise nous nous opposons fermement à cette approche et nous avons immédiatement exprimé publiquement notre désaccord. Comment est-il possible qu'un tribunal s'arroge le droit de nier que l'embryon soit un être humain ? » dit le cardinal.

Dans cette affaire il y a d'autre part un fait aggravant : les médias coréens ont presque entièrement tu ou fait passer au second plan la nouvelle, sans lui donner le relief nécessaire. « La communauté chrétienne devra donc aussi informer et réveiller les consciences des citoyens », note l'archevêque de Séoul. « Nous continuerons à sensibiliser l'opinion publique sur le thème délicat du respect de la vie depuis la conception jusqu'à la mort naturelle. Nous ferons de notre mieux, nous organiserons des veillées de prière et des manifestations pacifiques en défense de la vie » promet Mgr Cheong.

Selon le cardinal, derrière le silence général sur la question il y a aussi des motifs politiques : en Corée en effet, ont lieu demain, 2 juin, les élections régionales et administratives, et l'échéance électorale a fait passer au second plan une sentence aux conséquences et aux implications éthiques si importantes. D'autre part, les hommes politiques n'ont pas voulu s'exposer sur une matière si délicate, à la veille du vote.