Coresponsabilité, administration et soutien économique à l'Eglise

Un congrès invite à la transparence

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Carmine Tabarro

Traduction d’Océane Le Gall

ROME, mercredi 31 octobre 2012 (ZENIT.org) –  « Rendre compte aux fidèles (can. 1287, paragraphe 2). Une clef pour la coresponsabilité » : c’était le thème d’une journée d’étude organisée à l’Université de la Sainte-Croix à Rome sur « la coresponsabilité et le droit patrimonial canonique ».

Cette rencontre, qui réunissait des experts de la finance internationale et des hauts représentants de l’administration du Saint-Siège et autres institutions catholiques,  a fait ressortir en particulier la nécessité que l’Église apprenne à rendre compte de ses propres biens, expliquant que cette attitude lui ferait gagner la confiance des fidèles et améliorerait sa propre situation économique, en augmentant les donations, qu’elle simplifierait sa mission d’évangélisation.

La réflexion est partie du canon 1287 (paragraphe 2) qui demande aux administrateurs de « rendre compte aux fidèles des biens qu’ils offrent à l’Eglise, selon les normes établies par le droit particulier ». En cette « ère de l’information » et à la lumière des « critiques faite à l’Eglise catholique », cette norme, a expliqué le professeur Diego Zalbidea, de l’université de Navarre, en Espagne, est devenue aujourd’hui « plus nécessaire » que jamais.

Selon le professeur, la transparence de l’Eglise quant à ses activités est un domaine qui a « un impact particulier sur la crédibilité de l’institution » et qui demande « une attention prioritaire de ceux qui ont le devoir de la gouverner et de la guider en ce début de millénaire ».

Dans sa présentation, le professeur Zalbidea  a fait quelques propositions concrètes sur comment appliquer cette exigence de transparence : publier un compte-rendu public chaque année, de préférence sur le web, jusqu’à impliquer les fidèles eux-mêmes dans la décision sur l’utilisation des fonds.

Les bénéfices de la transparence ne doivent pas être sous-évalués: des études récentes parlent d’une « augmentation jusqu’à 30%  dans la récolte des fonds pour les paroisses » qui adoptent une politique de transparence dans la gestion économique.

De plus : « cette information est à l’origine d’une hausse du  niveau de participation des fidèles dans les activités paroissiales », avec un impact positif sur la vie communautaire, comme l’a confirmé un des intervenants, le père Daniel J. Mahan qui, fort de ses 20 ans d’expérience, a parlé des effets de la transparence sur la paroisse des Etats-Unis d’Amérique.

 « Le principal résultat d’une gestion responsable et transparente des biens de l’Église, a-t-il expliqué est que « les cœurs des laïcs se réchauffent à l’idée de participer plus pleinement à la mission de l’Eglise, contribuant ainsi à raviver le feu de la nouvelle évangélisation ».

Selon le père Mahan, les personnes qui ne donnent pas d’argent à l’Eglise ne le font pas par manque de possibilités, mais surtout par « manque de confiance ». Et il n’existe rien  de mieux que la transparence sur l’utilisation des biens de l’Eglise pour créer cette confiance.

Revenant sur sa récente intervention au synode des évêques sur la nouvelle évangélisation, le cardinal Giuseppe Versaldi, président de la Préfecture des Affaires économiques du Saint-Siège, a expliqué que, dans les cas de mauvaise gestion économique dans l’Eglise, « avant de porter plainte auprès des autorités, doit valoir la confrontation personnelle pour donner la possibilité de corriger et de se racheter. Transparence ne signifie pas automatiquement publicisation du méfait qui conduit au scandale ».