Corne de l’Afrique : Le cardinal Sarah déplore l’immobilisme

Il appelle la communauté internationale à intervenir pour la stabilité politique

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ROME, Vendredi 7 octobre 2011 (ZENIT.org) –Le cardinal Robert Sarah, président du Conseil pontifical Cor Unum, a lancé un appel fort à la communauté internationale concernant la terrible famine qui touche la Corne de l’Afrique, afin qu’elle s’engage à assurer « la stabilité politique dans les Etats où règne le chaos le plus complet ».

A la veille de la rencontre organisée ce vendredi par le Conseil pontifical Cor Unum au Vatican pour arrêter la catastrophe humanitaire dans la Corne de l’Afrique, le cardinal a évoqué dans L’Osservatore Romano « une tragédie inhumaine qui, depuis des mois, consume la Corne de l’Afrique. Les forces pour secourir ces pauvres gens ne manquent pas. Ce qui manque, malheureusement, c’est la volonté de certains », a-t-il déploré.

« Il faut agir, et il faut le faire rapidement. C’est une catastrophe humanitaire comme on n’en a jamais vue jusqu’à aujourd’hui. Chaque jour, des enfants, des personnes âgées, des femmes meurent en demandant de l’eau, du pain, des médicaments. Ils n’ont rien. Il n’y a rien », a-t-il dénoncé.

« Le pape est très préoccupé. Il se tient constamment informé et nous pousse à faire tout ce qui est dans notre pouvoir pour les aider ».

« L’objectif de la rencontre – explique le prélat – est de favoriser l’échanger d’informations provenant directement de tous ceux qui sont quotidiennement engagés à soutenir les besoins primaires de la population, pour fixer un programme d’interventions à court et long terme. En même temps, nous désirons faire connaître l’engagement de l’Eglise catholique dans la région pour relancer l’attention du monde entier sur ce drame », a-t-il expliqué.

Revenant à l’implication de la communauté internationale dans la résolution de cette situation, le président de Cor Unum a dénoncé ceux qui sont toujours prêts « à exploiter l’Afrique, mais jamais à l’aider véritablement ». Il semble qu’il y ait un dessein précis « pour laisser le continent dans le chaos politique », a-t-il déploré.

Il suffirait que « les grandes puissances s’engagent à assurer la stabilité politique dans les Etats où règne le chaos le plus complet, pour éviter qu’aux drames de la nature ne s’ajoute la ruine de l’homme ».

Il donne en exemple la situation de la Somalie où une attaque terroriste a récemment provoqué la mort de plus de 70 personnes. « Il est inadmissible qu’une violence toujours plus incontrôlable s’abatte sur les populations somaliennes épuisées, parmi les plus touchées par la famine dans la Corne de l’Afrique. Tuer des innocents pour conquérir le pouvoir politique est inacceptable. Voilà là où la communauté internationale peut intervenir », a-t-il scandé.

Il rappelle enfin que c’est dans ce climat que Benoît XVI retournera en Afrique, au Bénin, du 18 au 20 novembre prochains, pour remettre l’exhortation apostolique post-synodale de la seconde assemblée spéciale qui s’est déroulée au Vatican en octobre 2009.

Un témoignage qui prouve « combien le continent est au cœur du pape », conclut-il. « Le peuple africain souffre. Et là où l’homme souffre, Dieu est présent. Le pape le rend présent aussi visiblement ».

Marine Soreau