Couche d'ozone : une cause liée aux droits de l'homme

Le Saint-Siège plaide pour « les conditions morales de l'écologie »

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Anne Kurian

ROME, lundi 19 novembre 2012 (ZENIT.org) – La protection de la couche d’ozone est une cause liée aux droits de l’homme, déclare le Saint-Siège, qui plaide pour l’écologie, mais une écologie "intégrale", "humaine": il s’agit de « préserver les conditions morales d'une authentique écologie humaine ».

Mgr Silvano M. Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies à Genève, a pris la parole au cours de la 24ème réunion des États parties au Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone, à Genève, le 15 novembre 2012.

La couche d'ozone est une partie « infime et fragile », mais « essentielle » de la création, de laquelle dépend « la vie de la famille humaine », fait-il observer, soulignant les « efforts significatifs » du Saint-Siège en matière de protection de l'environnement.

En effet, ajoute l'archevêque, des Conférences épiscopales, des diocèses, des paroisses et des ONG confessionnelles du monde entier « se sont consacrés à la défense et à la gestion de programmes écologiques depuis un certain nombre d'années » et ce avec « une attention particulière à la promotion d'une éducation à la responsabilité environnementale »

Pour les droits de l’homme

Selon le Saint-Siège, « les sujets abordés par les traités environnementaux sont très étroitement liés aux questions des droits de l'homme ».

Il suffit de penser aux conséquences de l’appauvrissement de la couche d’ozone : « l'augmentation du rayonnement ultra-violet peut se traduire par une augmentation de la cataracte des yeux ». Or, fait remarquer Mgr Tomasi, l'accès à un traitement médical « n'est pas facile pour les gens pauvres dans les pays en développement » où la cécité provoque donc « des problèmes sociaux ».

L’archevêque cite également « la migration forcée due à la hausse du niveau des mers », due aux « gaz à effet de serre ».

Face à ces conséquences sur les droits de l’homme, le Saint-Siège plaide pour une approche « holistique », en combinant « différents instruments fournis par tous les protocoles pertinents contribuant ainsi une approche plus efficace » aux questions écologiques. Il salue le travail du Protocole de Montréal « bon exemple » de « synergies réussies ».

La nature, miroir de la culture

Mais l’écologie seule ne suffit pas : il s’agit aussi de « préserver les conditions morales d'une authentique écologie humaine », et ce alors que la famille humaine « connaît actuellement plusieurs crises économique, alimentaire, environnementale et sociale profondément liées entre elles ».

Pour le Saint-Siège, les efforts en faveur de l’environnement doivent viser « les modes de vie », car « les modèles dominants actuels de consommation et de production sont souvent non durables du point de vue de l’analyse sociale, environnementale, économique et morale ».

Mgr Tomasi appelle en ce sens non seulement à « pratiquer un mode de vie pour sauvegarder la création » mais « par-dessus tout » à « empêcher l'humanité de se détruire ».

Le Saint-Siège estime à ce propos que « la dégradation de la nature est comme un miroir de la culture: quand l'écologie humaine est respectée dans la société, l'écologie proprement dite en bénéficiera ». De même, « la façon dont l'humanité traite l'environnement influence la façon dont elle se traite elle-même ».

L'archevêque cite également Benoît XVI : « comment espérer que les générations futures respectent l'environnement naturel si les systèmes éducatifs et sociaux ne les aident pas à se respecter eux-mêmes ? »

Le Saint-Siège invite donc à une approche qui prenne en compte « la protection de la création, l'éducation et une approche éthique de l'économie et du développement », afin de contribuer au « développement intégral de toutes les personnes, des pays et de la création elle-même ».

Responsabilité envers les plus pauvres

Mgr Tomasi insiste par ailleurs sur le principe de la « responsabilité commune » envers « la famille humaine tout entière », principe qui encourage « une action commune », dans le domaine de la protection de l’environnement.

Cette responsabilité s'illustre en particulier auprès « des pauvres » et des « générations futures », précise-t-il.

L’archevêque invite à « prendre en compte les préoccupations des pays les plus pauvres et les plus vulnérables » et à « les aider à relever les défis auxquels ils sont confrontés ».

De même, ajoute-t-il, « la protection de la création est un devoir de solidarité envers les générations futures » et les progrès techniques « devraient être placés au service de cette valeur de base ».

Enfin, il demande « d’assurer l'intégrité continue de la part des groupes d'évaluation chargés de fournir des conseils techniques et des recommandations indépendante et impartiale aux Parties au Protocole afin qu'ils puissent prendre les bonnes décisions ».

Il faut également poursuivre « l'information, l'éducation et la formation d'un sens de la responsabilité chez les enfants et les adultes en faveur des modes de développement et de gestion de la création respectueux de l'environnement » dans les années à venir, conclut-il.