Cri de Jean-Paul II en faveur des enfants victimes de la violence des adultes

Audience générale du mercredi

| 915 clics

CITE DU VATICAN, Mercredi 8 septembre 2004 (ZENIT.org) – Le pape Jean-Paul II a lancé un appel douloureux en faveur des "enfants innocents" qui sont aujourd’hui dans le monde "victimes de la violence des adultes" et pour la libération des otages détenus en Irak.



Le pape a en effet appelé à la prière pour ces intentions lors de l’audience générale qui s’est tenue à 10 h 30 en la salle Paul VI du Vatican. Le pape avait fait le déplacement depuis Castelgandolfo pour rencontrer les fidèles. Une prière d’intercession "pour la justice, la paix et la solidarité dans le monde" (cf. notre traduction ci-dessous) a suivi immédiatement l’appel de Jean-Paul II, après l’issue meurtrière de la prise d’otage dans l’école de Beslan, en Ossétie, la semaine dernière, et l’enlèvement hier, à Bagdad, de deux Italiennes travaillant dans une organisation non gouvernementale.

Cette audience était placée sous le signe liturgique de l’enfance de la Vierge de Nazareth, le 8 septembre étant la date de la fête de la Nativité de Marie dans l’Eglise latine : le pape a rappelé le sens biblique de cette fête.

"La liturgie nous rappelle aujourd’hui la Nativité de la bienheureuse Vierge Marie, soulignait d’emblée Jean-Paul II en italien. Cette fête très chère à la piété populaire nous conduit à admirer en Marie Enfant l’aurore très pure de la Rédemption. Nous contemplons une enfant comme toutes les autres, et en même temps unique, la "bénie entre les femmes" (Lc 1, 42). Marie est l’Immaculée "Fille de Sion", destinée à devenir la Mère du Messie".

"En regardant vers Marie Enfant, ajoutait immédiatement Jean-Paul II, comment ne pas penser à tous ces petits sans défense de Beslan, en Ossétie, victimes d’un enlèvement barbare et tués tragiquement? Ils se trouvaient à l’intérieur d’une école, le lieu où l’on apprend les valeurs qui donnent un sens à l’histoire, à la culture, et à la civilisation des peuples : le respect réciproque, la solidarité, la justice et la paix. Entre ces murs, ils ont au contraire fait l’expérience de l’outrage, de la haine et de la mort, néfastes conséquences d’un fanatisme cruel et d’un mépris insensé de la personne humaine".

Mais Jean-Paul II évoquait aussi toutes les situations violentes dont les enfants sont les victimes dans le monde. Il ajoutait : "En ce moment, le regard se porte aussi sur tous les enfants innocents qui, dans tous les coins du monde, sont victimes de la violence des adultes. Les enfants contraints à prendre les armes, et éduqués à haïr et à tuer ; les enfants poussés à mendier dans les rues, exploités pour des profits faciles ; les enfants maltraités et humiliés par la volonté de puissance et par les abus des grands ; les enfants abandonnés à eux-mêmes, privés de la chaleur de la famille et d’une perspective d’avenir ; des enfants qui meurent de faim, des enfants tués dans tant de conflits dans différentes régions du monde".

"C’est, concluait le pape, un profond cri de douleur de l’enfance offensée dans sa dignité. Il ne peut et ne doit laisser personne indifférent. Chers frères et sœurs, devant le berceau de Marie Enfant, prenons conscience de façon nouvelle du devoir que nous avons tous de protéger et de défendre ces créatures fragiles et de construire pour elles un avenir de paix. Prions ensemble afin que soient créées pour elles les conditions d’une existence sereine et sûre".

La prière d’intercession a eu lieu ensuite, suivie des salutations de Jean-Paul II dans différentes langues.

Jean-Paul II disait en français: "Je suis heureux d’accueillir les pèlerins francophones présents ce matin, en particulier les pèlerins de Dijon et de Nice. Puisse votre séjour à Rome affermir votre foi et faire de vous des témoins de l’Évangile ! Je vous confie tous à la Bienheureuse Vierge Marie".