Crise économique : Appel du pape à la « responsabilité » à tous les niveaux

Conclusion du congrès eucharistique national italien

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ROME, Dimanche 11 septembre 2011 (ZENIT.org) – Le pape Benoît XVI appelle à la « responsabilité à tous les niveaux de la vie communautaire » pour répondre aux crises actuelles et pour « un développement social positif » : il y voit l'un des fruits de l’eucharistie.

Benoît XVI a en effet passé 10 heures intenses à Ancône pour la conclusion du 25e congrès eucharistique national italien, à Ancône, dont la messe sur le site du chantier naval, marqué par la crise économique et le chômage (cf. article ci-dessus pour le « film » de la journée).

« L’histoire bi-millénaire de l’Eglise est constellée, a fait observer le pape dans son homélie, de saints et de saintes dont l’existence est un signe éloquent de comment justement de la communion avec le Seigneur, dans l’eucharistie, naît une assomption nouvelle et intense de responsabilité à tous les niveaux de la vie communautaire, et donc un développement social positif qui a la personne pour centre, spécialement celle qui est pauvre, malade ou en difficulté ».

Remédier aux situations indignes de l’homme

« Se nourrir du Christ, a expliqué le pape, est le chemin pour ne pas rester étrangers ou indifférents devant le sort de nos frères, mais entrer dans la logique même de l’amour et du don du sacrifice de la croix ; qui sait s’agenouiller devant l’eucharistie, qui reçoit le corps du Seigneur ne peut pas ne pas être attentif, dans la trame ordinaire des jours, aux situations indignes de l’homme, et sait se pencher en première personne sur les nécessiteux, sait rompre son pain avec l’affamé, partager l’eau avec l’assoiffé, vêtir celui qui est nu, visiter le malade et le prisonnier » (cf. Mt 25,34-36).

Pour la société, le pape recommande les effets d’une vie eucharistique : « Une spiritualité eucharistique est un antidote à l’individualisme et à l’égoïsme, qui caractérisent souvent la vie quotidienne. Elle conduit à la redécouverte de la gratuité, du caractère central des relations, à partir de la famille, avec une attention particulière pour apaiser les blessures de celles qui sont désagrégées ».

Et d’ajouter pour la vie dans l’Eglise : « Une spiritualité eucharistique est l’âme d’une communauté ecclésiale qui dépasse les divisions et les oppositions et met en valeur les diversités, les charismes et les ministères en les mettant au service de l’Eglise, de sa vitalité et de sa mission ».

Lutte contre la précarité et le chômage

Le pape a souligné les effets sociaux de cette spiritualité chrétienne : « Une spiritualité eucharistique est un chemin pour restituer la dignité aux jours de l’homme et donc à son travail, dans la recherche de sa conciliation avec les temps de fête et de la famille, et dans l’engagement à dépasser l’incertitude de la précarité et le problème du chômage. Une spiritualité eucharistique nous aidera aussi à aborder les différentes formes de fragilité humaine, conscients qu’elles n’obscurcissent pas la valeur de la personne, mais requièrent proximité, accueil et aide ».

Le pape a aussi évoqué les fruits de l’eucharistie dans un domaine qui est l’une de ses priorités pastorales, l’éducation : « Du pain de vie une capacité éducative nouvelle tirera sa vigueur, attentive au témoignage des valeurs fondamentales de l’existence, du savoir, du patrimoine spirituel et culturel ».

Une spiritualité dont la « vitalité » permet le service du bien commun : elle « fera habiter la cité des hommes avec la disponibilité à se dépenser, sur l’horizon du bien commun pour la construction d’une société plus équitable et plus fraternelle », a insisté le pape, au terme de cette semaine « eucharistique ».

La défaite des idéologies

Le pape a résumé toutes les dimensions de l’eucharistie en concluant : « Il n’y a rien d’authentiquement humain qui ne trouve dans l’eucharistie la forme adéquate pour être vécu en plénitude : que la vie quotidienne devienne par conséquent le lieu du culte spirituel, pour vivre en toutes circonstances le primat de Dieu ».

Benoît XVI déplore au contraire la prétention des idéologies d’organiser la société « uniquement sur la base du pouvoir et de l’économie », en mettant Dieu sur la touche oui en ne le tolérant que comme « un choix privé qui ne peut interférer avec la vie publique ».

Une position « dramatiquement » démentie par les faits : « Mais les événements nous montrent de manière dramatique, que lorsque l’on veut garantir à tous le développement, le bien-être matériel et la paix en faisant abstraction de Dieu et de sa révélation, on finit par donner aux hommes des pierres à la place du pain ».

Anita S. Bourdin