Croatie : mobilisation pour la famille

Définir le mariage dans la Constitution

Rome, (Zenit.org) | 468 clics

Le collectif civil croate « Au nom de la famille » a recueilli, en Croatie, suffisamment de signatures pour prétendre la tenue d’un référendum sur la possibilité d’introduire la définition du mariage, soit l’union d’un homme et d’une femme, dans la Constitution nationale. 

La question posée serait : « Êtes-vous en faveur d’une définition du mariage comme une union entre un homme et une femme dans la constitution ? », à l’instar des constitutions polonaise et hongroise.

Le collectif réunit divers groupes et associations pour les droits civils et a lancé sa collecte de signatures le 12 mai dernier, ouvrant plus de 2 000 points de ramassage dans tout le pays.

Dès les premiers jours, le collectif avait déjà recueilli 130 000 signatures,  et dimanche dernier, 2 juin, il a fait savoir qu’il en avait recueilli plus de 500 000, soit plus de 10% du corps électoral, un chiffre suffisant aux yeux de la loi pour imposer la tenue d’un référendum. 

En effet en Croatie, pour qu’un référendum puisse être organisé il est nécessaire de disposer de 375 000 signatures, toutes collectées dans un délai de 15 jours.

L’initiative est soutenue par l’Église catholiques, l’Église orthodoxe serbe et les communautés musulmanes  ainsi que par divers représentants de la vie publique en Croatie.

Sur le site officiel des promoteurs du référendum, elle est présentée comme une « initiative civique au nom de la famille » et invite individus, familles, organisations non gouvernementales défendant les valeurs humaines, associations religieuses, communautés, mouvements et tous ceux qui pensent que le mariage est entre un homme et une femme, d’apporter leur soutien.

Les organisateurs ajoutent que « cette définition du mariage comme union entre un homme et une femme s’inscrit dans le droit fil des valeurs, de la culture et de l’identité du peuple croate », et estiment que son introduction dans la constitution de la République « aurait un effet positif sur la législation mais  aussi sur la société en général ».

La mobilisation de la population est une tentative pour éviter que n’arrive en Croatie ce qui s’est passé en France, soit  l’approbation de « mariages homosexuels » et la liberté  pour eux d’adopter un enfant.

Selon les promoteurs de l’initiative, une campagne internationale serait en œuvre pour promouvoir des lois et des mesures qui vont contre la famille et qui tentent de bouleverser le droit naturel, voire bouleverser la différenciation sexuelle.

A ce propos, le gouvernement croate actuel, à majorité de gauche et libérale, suscité une grande opposition de la société civile, depuis qu’en septembre 2012 celui-ci a introduit dans le programme scolaire la matière « Education à la santé », qui propose en fait une éducation sexuelle très libre pour les enfants et les adolescents.

Tel programme a été introduit en violant les règles du droit et n’a pas respecté toutes les procédures prévues par la loi. Dans ce cas, l’Etat a introduit le nouveau programme sans même consulter les parents. 

La polémique s’est enflammée quand les autorités ont rejeté aussi les demandes de  dispense et d’objection de conscience. La grande majorité des parents a rejeté le caractère obligatoire du programme en objet et a revendiqué le droit d’éduquer ses enfants lorsqu’il s’agit d’une question aussi importante que l’éducation sexuelle.

Des groupes idéologiquement plus radicalisés ont choisi la voie de la provocation et de la violence. Des incidents ont été signalés dans divers points de collecte des signatures pour le referendum, où des bénévoles ont été insultés et attaqués. L’épisode le plus grave s’est vérifié sur une des places principales de la capitale, Zagreb, où un jeune homme a lancé contre eux un objet incendiaire, brûlant une femme qui se trouvait là.

Kristina, une jeune fille de 20 ans, a été agressée et a reçu un coup de poing à la tête du fait d’un inconnu qui a ensuite pris la fuite. Celle-ci va bien et a décidé de continuer jusqu’au bout la collecte des signatures. 

Traduction d'Océane Le Gall