Croyants et non-croyants au service du bien commun universel

L'actualité de l'encyclique Pacem in Terris

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Anne Kurian

ROME, jeudi 3 mai 2012 (ZENIT.org) – L’encyclique Pacem in Terris, qui fêtera ses 50 ans en 2013, est un appel très actuel à travailler pour le « bien commun universel », à la fois « pour les croyants et les non-croyants ».

Tel est le message qui ressort de la clôture de la 18e session plénière de l’Académie pontificale des sciences sociales (27 avril – 1er mai 2012). Sont intervenus notamment, Mgr Marcelo Sánchez Sorondo, chancelier de l’Académie, Mgr Roland Minnerath, archevêque de Dijon et Mme Margaret S. Archer, enseignante à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (Suisse).

Publiée entre la première et la seconde session du Concile Vatican II, en 1963, en pleine guerre froide, l’encyclique de Jean XXIII, adressée à « tous les hommes de bonne volonté », est un « puissant message d’espoir dépassant toutes les divisions idéologiques et religieuses », affirme un communiqué de l’Académie publié le 2 mai.

Le bien commun universel

Selon l’encyclique, le bien commun, qui est « l’ensemble des conditions de vie en société qui permettent à l'homme d'atteindre sa perfection propre de façon plus complète et plus aisée » a une dimension universelle. Aujourd’hui, fait observer le communiqué, dans un contexte de mondialisation, cette définition est « plus vraie que jamais ».

Le bien commun, poursuit-il, ne peut être déterminé « qu’en relation à l’homme, puisque essentiellement relatif à la nature humaine ». Il faut rappeler également que « l'ordre propre aux communautés humaines est d'essence morale », ce qui signifie que les défis que les hommes affrontent, que ce soit pour la paix ou pour un ordre juste dans les échanges économiques, sont toujours de nature « éthique ».

Si Pacem in Terris a été écrite « en pleine guerre froide et dans une crise internationale sévère », souligne le communiqué, aujourd’hui encore « la paix est en danger », notamment à cause de la « haine religieuse et raciale » qui expose des sociétés à de « violents conflits ». Or « l’homme est fait pour vivre en paix avec ses voisins, en justice, vérité, amour et liberté ».

Le communiqué rappelle que la défense des droits de l’homme a été institutionnalisée après les « horreurs » des deux guerres mondiales, les hommes ayant reconnu leur « validité universelle » fondée sur des « vérités anthropologiques ». Cependant, aujourd’hui, dénonce-t-il, les « valeurs fondamentales de l’être humain », sont « encore une fois objets de débats ».

En ce sens, il faut réaffirmer « fortement », avec Pacem in Terris, la thèse centrale de la doctrine sociale de l’Eglise : « tout être humain est une personne, c'est-à-dire une nature douée d'intelligence et de volonté libre ». La nature humaine, ajoute le communiqué, c’est d’être « créé à l’image de Dieu, capable de connaitre et d’aimer ».

Pour croyants et non-croyants

Par cette encyclique, estiment les participants à la session, « la voix de l’Eglise s’est élevée » en appelant « les consciences de tous les êtres humains », au nom de leur « nature commune ». L’humanité était invitée à « repenser ses structures de collaboration économique, politique et culturelle » sur la base des principes universels de « liberté, vérité, amour et justice ».

Pacem in Terris était « un souffle d’air frais » pour la doctrine sociale de l’Eglise. D’ailleurs, l’encyclique a été « très favorablement reçue par tous les milieux », car elle « touchait profondément les hommes ». Elle est une « réflexion en profondeur sur l’homme dans la société, le centre et sommet de toute institution sociale ».

Si l’Eglise catholique est « consciente » de « connaître la vérité sur l’homme » par la révélation du Christ, elle fait cependant une « distinction entre la spécificité de sa foi et les vérités de raison qui dérivent souvent de la foi et qui sont accessible à tous, indépendamment de leur foi ».

Ainsi, poursuit le communiqué, il est de son « devoir » de « défendre les vérités et valeurs dans lesquelles la dignité de l’homme est en jeu », même si son « exigence de vérité » est « critiquée », et que « la référence à la loi naturelle est ignorée en de nombreux domaines de la société ».

Par ailleurs, les membres de l’Académie se sont penchés, entre autres, sur les nouvelles technologie et les possibilités qu’elles offrent pour la paix, la vérité et la transparence, sur les questions de gouvernance mondiale – économie, migrations, écologie, émergence des pays orientaux – les défis de l’union européenne et la contribution de la religion pour la paix.