Crucifix dans les écoles en Italie : un symbole « laïc » éloquent

Loi adoptée en 1859 par un Etat pourtant hostile à l’Eglise

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ROME, Mercredi 4 novembre 2009 (ZENIT.org) - Le « crucifix » constitue aussi un symbole « laïc » éloquent, a déclaré le Conseil d'Etat italien.

Ainsi, la sentence de la Cour européenne des Droits de l'homme de Strasbourg qui demande d'enlever les crucifix des salles de classes italiennes, contredit une décision du Conseil d'Etat italien, sans prendre en considération ce que le Conseil d'Etat a statué en la matière (cf. ci-dessous in « Documents », la sentence en français). De plus, la loi sur les crucifix en Italie date de 1859, au moment où l'Etat italien nourrissait pourtant quelque hostilité envers l'Eglise.

Il s'agit de la décision n. 556 du 13 février 2006 de la VIe section du Conseil d'Etat italien qui rejette le recours de Mme Lautsi demandant d'enlever les crucifix de l'école d'Albano Terme (près de Padoue), où ses deux enfants sont scolarisés.

« Il est évident, a déclaré le Conseil d'Etat, que le crucifix est un symbole qui peut assumer différentes significations et servir à différents desseins, d'abord du fait du lieu où il se trouve ».

Il est donc un symbole « religieux » dans un lieu de culte, mais dans un lieu non culturel, comme l'école, destinée à l'éducation des jeunes, le crucifix « n'a pas de signification discriminatoire » du point de vue religieux du fait qu'il représente une synthèse perceptible de « valeurs » importantes « du point de vue civil », qui « inspirent l'ordre constitutionnel » italien et le « fondement de la coexistence civile » dans cette nation.

Donc, même dans un contexte « laïc », le crucifix a une valeur symbolique « hautement éducative », indépendamment des choix religieux des élèves.

« En Italie, dit le Conseil d'Etat, le crucifix est apte à exprimer, en clef symbolique mais de façon adéquate, l'origine religieuse des valeurs de tolérance, de respect réciproque, de mise en valeur de la personne, d'affirmation de ses droits, de considération de sa liberté, d'autonomie de la conscience morale face à l'autorité, de solidarité humaine, de refus de toute discrimination qui distinguent la société italienne ».

« Ces valeurs, dit encore le Conseil d'Etat italien, ont imprégné les traditions, la façon de vivre, la culture du peuple italien » et elles « émergent des normes fondamentales de notre Charte constitutionnelle » qui dessine la « laïcité » spécifique de l'Etat italien (cf. Partie I, Principes fondamentaux).

Enfin, pour éviter des confusions ou des anachronismes, le Conseil d'Etat rappelle que la « prescription des crucifix dans le mobilier des salles de classe » remonte non pas au concordat de 1929, mais à la loi Casati de 1859, adoptée par un Etat « qui nourrissait bien peu de sympathie pour l'Eglise catholique ».