D’Egypte et de Tunisie, une attente de reconnaissance de la dignité

Editorial du père Federico Lombardi

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ROME, Lundi 7 février 2011 (ZENIT.org) - Ce qui est en train de se passer en Afrique du Nord est une vraie révolution sociale et politique, une possibilité de croissance pour les pays à majorité musulmane, déclare le père Federico Lombardi, dans son éditorial d'« Octava Dies », le bulletin hebdomadaire d'information du Centre de télévision du Vatican (CTV) dont il est le directeur. 

« En ce moment, le monde, relève le porte-parole du Saint-Siège, a les yeux tournés vers l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient. D'abord vers la Tunisie, puis vers l'Egypte et vers d'autres où se sont mis en mouvement des processus de changements politiques encore difficile à définir et à évaluer, mais assurément significatifs pour qu'on en parle en termes de 'révolution' ».

« Nous espérons tous, ajoute-t-il, que la violence et le sang seront épargnés aux peuples impliqués et que cette période d'instabilité, où les risques d'oppositions et de heurts sont majeurs, ne durera pas. Naturellement, les difficultés économiques, l'état de pauvreté dans lequel se trouvent de larges couches des populations, rendus plus aiguës par la crise économique mondiale, a eu un très grand poids dans l'origine des protestations ».

« Mais, poursuit-il, comme l'ont observé les évêques d'Afrique du Nord, on doit aussi reconnaître une attente à plus de ‘liberté et dignité', de la part surtout des ‘jeunes générations de la région', qui se traduit par une volonté que tous soient reconnus comme des citoyens, et des citoyens responsables' ».

« Les populations de la région ont un fort pourcentage de jeunes, qui ne voient s'ouvrir devant eux aucune perspective d'avenir », souligne le P. Lombardi en rappelant l'appel lancé il y a quelques mois lors du synode pour le Moyen-Orient demandant plus de protection pour les droits de citoyenneté des chrétiens qui vivent dans les pays à majorité musulmane, et qui aujourd'hui s'étend à toute la population.

« Maintenant, ajoute le père Lombardi, ce sont des peuples entiers qui, pour mieux affermir leur dignité, demandent la reconnaissance de leurs droits de citoyens, des droits inhérents à chaque personne humaine, de toute religion. Les chrétiens forment une petite minorité, mais ils sont solidaires avec tous dans ces attentes et ces espoirs ».

« Si ces nations à majorité musulmane parviennent, dans cette entreprise cruciale, à grandir dans le dialogue, dans le respect des droits de tous, dans la participation, dans la liberté, la paix du monde sera plus sûre, conclut-il. C'est ce que nous souhaitons pour leur bien à eux avant tout, mais pour le bien aussi de toute la famille des peuples ».