D'innombrables familles chrétiennes vivent la fidélité

Les Pères du synode demandent une option prioritaire pour la famille

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Anne Kurian

ROME, samedi 20 octobre 2012 (ZENIT.org) – D’« innombrables » familles chrétiennes vivent « parfois héroïquement, la fidélité et l’engagement matrimonial et familial ». Elles sont une « lumière extraordinaire d’amour » pour ce monde « si attristé et embué ». C’est pourquoi Les Pères du synode demandent une « option prioritaire » pour la famille dans la nouvelle évangélisation.

Parmi les Pères qui ont abordé le thème de la famille, Mgr Vincenzo Paglia, président du Conseil pontifical pour la famille, a pris la parole au cours de la 11e congrégation générale, dans la matinée du 15 octobre.

Lumière pour le monde

Une « grande partie de l’histoire occidentale a été conçue comme libération de tout lien », ce qui a causé en partie « la déflagration de la famille », a constaté le président du dicastère.

Au contraire, le mariage est une « bonne nouvelle » parce qu’il répond au « besoin radical de famille » inscrit « au plus profond de l’homme et de la femme » : « L’homme n’est rien tout seul: tout se joue dans l’interdépendance », a-t-il poursuivi.

Armée de cette « bonne nouvelle », l’Eglise « ne peut pas se taire », a estimé l’archevêque, non pas parce qu’elle serait « conservatrice », mais parce que « la stabilité même de la société est en question ».

Dans cette mission, a souligné Mgr Paglia, l’Eglise peut s’appuyer sur les familles chrétiennes, certes « minoritaires », mais « innombrables », qui vivent, « parfois héroïquement, la fidélité et l’engagement matrimonial et familial ».

Pour l’archevêque, « cette lumière extraordinaire d’amour » doit être « mise sur le candélabre afin qu’il illumine et réchauffe notre monde si attristé et embué ».

Les familles sont aussi un modèle pour l’Église, qui doit « devenir toujours davantage la famille des familles, même de celles qui sont blessées », car « l’Église attire si elle vit réellement de manière familiale », et non pas « institutionnelle », a déclaré également Mgr Paglia.

Option prioritaire pour la famille

Lors de la même congrégation, Mgr Eusebio Ramos Morales, évêque de Fajardo-Humacao au Portorico, a quant à lui proposé une « option prioritaire pour la famille dans le cadre de la nouvelle évangélisation », la famille étant « école de la foi » et « laboratoire de valeurs humaines et civiles ».

L’évêque s’est inquiété de sa « mise en question » actuelle, non seulement « en tant que modèle chrétien », mais aussi « rabaissée ou mise sur le même plan que d’autres possibilités qui surgissent pour répondre aux intérêts idéologiques et particuliers de certains groupes ».

Pour Mgr Ramos Morales, la nouvelle évangélisation doit prendre en compte aussi les « familles en situation irrégulière ou dans des conditions difficiles », dans sa pastorale.

Mgr Janusz Wiesław Kaleta, évêque de Karaganda, au Kazakhstan, a témoigné que dans son pays, les familles de ceux qui conservent encore leur foi et tradition, « ont une importance fondamentale », le 17 octobre matin pour la 15e congrégation générale.

Cependant, « même dans des familles où les grands-parents et les parents récitent le chapelet et participent à la liturgie, les jeunes générations sont très loin de la religion et de l’Église », a-t-il déploré.

Pour cette raison, il a suggéré « l’approfondissement de la religiosité traditionnelle », notamment en formant les « grands-mères » (“babushka's”) à l’Écriture Sainte et au catéchisme « de la manière la plus simple et la plus compréhensible possible », par des retraites, des cours et des conférences dédiés aux mères.

Retrouver la paternité

Constatant que les hommes sont souvent oubliés dans ce ministère de transmission de la foi, il a invité à former aussi les pères de famille et à les encourager à « prendre comme exemple les saints pères de famille de l’Église ».

De même, Mgr Bonifacio Antonio Reimann Panic, O.F.M., vicaire apostolique de Nuflo de Chávez en Bolivie, a insisté sur le rôle du père, lors de la 9e congrégation générale le matin du 13 octobre.

Dans le phénomène de la désintégration familiale, il a diagnostiqué, notamment en Bolivie, « l’absence du père », pour divers facteurs « anthropologiques, culturels et économiques ».

« Ce phénomène d’absence du père et son importance dans la vie sociale et personnelle se répercute sur la façon de vivre la paternité de Dieu et sur la perte des valeurs nettement chrétiennes telles que la gratitude, la fraternité, la responsabilité et le pardon », a-t-il fait observer.

Pour l’évêque, l’Ecriture peut aider à pallier ce manque, entre autres par « la présentation la plus sublime de Dieu le Père » dans la parabole du Fils prodigue (Lc 15, 11-32). D’ailleurs, a-t-il fait remarquer, les femmes seules ou qui vivent une « situation difficile au sein de la famille » peuvent se retrouver dans la Samaritaine (Jn 4, 4-43).

C’est pourquoi « l’annonce de Dieu, Père de notre Seigneur Jésus, doit être l’idée maîtresse de la nouvelle évangélisation », a-t-il conclu.

Enfin, Mgr José Nambi, évêque de Kwito-Bié en Angola, lors de la même congrégation, a fait part de l’initiative de son Eglise locale : « la mise en pratique d’une Pastorale familiale, par le biais de périodes de jumelages de trois ans: Famille et Mariage; Famille et réconciliation; Famille et culture ».  

Cette pastorale a pour but de « relancer un processus d’initiation chrétienne dans les familles », dans un contexte de croissance économique du pays, qui « provoque une forte émigration, souvent malhonnête et opportuniste », « favorise la prolifération des sectes » et où certains tendent à « s’enrichir à n’importe quel prix », ce qui finit par conduire à une « dichotomie entre la foi et la vie ».