Dans l'Église, tout repose sur la foi

Fête de la Chaire de saint Pierre

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ROME, dimanche 19 février 2012 (ZENIT.org) – « Dans l’Eglise, tout repose sur la foi », affirme Benoît XVI, invitant à revenir à la réalité profonde de la mission ecclésiale : être une « fenêtre vers Dieu ». 

Le pape a présidé la messe, en la fête de la Chaire de Pierre, ce matin, 19 février 2012, dans la basilique Saint-Pierre de Rome. Il était entouré des 22 nouveaux cardinaux, agrégés au collège cardinalice hier, 18 février, au cours du 4e consistoire public convoqué par lui. 

Benoît XVI a donné une homélie très concrète, redisant avec force la permanence de l’autorité de l’Eglise, éclairée par la Parole de Dieu, qui lui assure « un fondement stable au milieu des mutations historiques », en dépit des tempêtes dont elle est parfois l’objet. En outre, le pape a réaffirmé l’enjeu spirituel du magistère pétrinien, qui ne peut être atteint par les considérations de personnes. 

Tout dans l’Eglise repose sur la foi

L'homélie de Benoît XVI fait comprendre plus profondément pourquoi le pape a convoqué une "Année de la Foi" (11 octobre 2012-24 novembre 2013).

« L’Église, déclare Benoît XVI, ne s’autorégule pas, elle ne se donne pas à elle-même son ordre propre », mais elle le reçoit de la Parole de Dieu, qu’elle « écoute dans la foi » et qu’elle « cherche à comprendre et à vivre ». 

En réalité, « tout dans l’Église repose sur la foi », affirme le pape : « les sacrements, la liturgie, l’évangélisation, la charité. Même le droit, même l’autorité dans l’Église reposent sur la foi ». Même l’amour, insiste-t-il, s’appuie sur la foi, et il « s’effrite si l’homme ne compte plus sur Dieu ni ne Lui obéit plus ». Sans la foi, l’Eglise perd donc tout son sens. 

Cependant, la foi ne se suffit pas à elle-même : elle est « orientée vers l’amour » car « une foi égoïste ne serait pas une foi vraie », ce ne serait plus « une authentique foi chrétienne », fait-il observer. La foi en Jésus-Christ fait entrer « dans le dynamisme d’amour », fait découvrir « la vraie joie » et rend capable « de vivre selon la logique du don ».

L’Eglise, fenêtre vers le haut

Pour signifier que l’Eglise doit « porter la lumière qui vient d’en-haut », Benoît XVI la compare à une « fenêtre » : elle est le « lieu dans lequel Dieu se fait proche et va à la rencontre de notre monde ». 

L’Eglise, précise-t-il, n’existe pas « pour elle-même », elle n’est pas un « point d’arrivée », mais elle doit « renvoyer au-delà d’elle-même, vers le haut, au-dessus de nous ». Elle a le devoir d’ouvrir à Dieu ce monde qui tend « à se fermer sur lui-même ».

La mission de l’Eglise est de « laisser transparaître l’Autre – avec un « A » majuscule – de qui elle provient et à qui elle conduit ». 

Le pape mentionne par ailleurs la création des 22 nouveaux cardinaux de la veille, leur demandant d’être des « pasteurs zélés et prévenants du troupeau du Christ » (1 Pt 5, 1-2) et de « témoigner la joie de l’amour du Christ ». 

Siège de Pierre : mandaté par le Christ

Revenant également sur la fête liturgique de la Chaire de saint Pierre, Benoît XVI définit le siège de l’apôtre comme « trône de la Vérité », qui tire ses origines du mandat du Christ. L’apôtre Pierre, affirme le pape, est de ce fait « présent » dans le magistère de ses successeurs. 

C’est pourquoi la charge pétrinienne, en vertu du premier des apôtres, est le « roc » qui « s’oppose aux forces destructrices du mal ». 

Elle est ce « roc », précise Benoît XVI, non pas en fonction « de la personne » mais en fonction « de la charge conférée par Jésus » : « Moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères » (Lc 22, 32).

L’enjeu de la mission du pape est donc spirituel. Le ministère pétrinien est de ce fait « primauté dans l’amour », autrement dit « sollicitude pour la communion universelle de l’Église dans le Christ ». Et c’est à tout chrétien, élargit Benoît XVI, qu’est confié « le don de cet amour : un don à répandre par le témoignage de notre vie. »

L’Eglise de Rome célébrait aujourd’hui de manière anticipée la Chaire de saint Pierre, qui se fête d’ordinaire le 22 février, tombant cette année le mercredi des cendres. 

Anne Kurian