Dans la presse bulgare, échos des derniers jours

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CITE DU VATICAN, Lundi 27 mai 2002 (ZENIT.org) - Nous reprenons quelques échos du voyages du pape dans la presse bulgare de ces derniers jours.



A l´occasion de la visite de Jean-Paul II au patriarche orthodoxe Maxim de Bulgarie, vendredi 24 mai, le patriarche a déclaré ceci, selon la presse bulgare: "Nous ne pouvons pas passer sous silence le triste fait, qu´au milieu du XIème siècle l’Occident s’est détaché de l’Orient. Malgré cela, nous sommes convaincus de la force et de la patience de l’amour du Christ qui attend que chacun accède à la connaissance de la vérité, conservée et prêchée par la sainte église orthodoxe".

Dans un entretien avec le journal bulgare "Standart", Mgr Néophyte, métropolite de Roussé-Tcherven, indique que la décision de la participation de Maxim à la cérémonie officielle d’accueil du pape a été prise lors d’une réunion du Saint-Synode. Initialement, Maxim ne devait pas y participer.

Interrogé sur son attitude à l’égard de l’œcuménisme, Mgr Néophyte indique que ce terme revêt une connotation négative. "L’ Eglise orthodoxe bulgare a toujours souhaité communiquer avec les autres Eglises chrétiennes, dit-il. En 1998, la Bulgarie a officiellement quitté le Conseil mondial des églises à Genève. Cela ne signifie pas que nous avons renoncé au dialogue avec les autres églises chrétiennes, mais que nous pratiquons ce dialogue au plan bilatéral, lorsqu’une initiative concrète se présente".

A propos de la levée du schisme de 1054 par le pape Paul VI et le patriarche oecuménique Athénagoras en 1965, Mgr Néophyte précise que "l’Eglise orthodoxe bulgare n’a pas à confirmer un acte accompli par le plus digne des patriarches orthodoxes". "L’acte de 1965, dit-il, a aboli les anathèmes prononcés en 1054 et rend possible la communication avec l’église catholique et les relations avec le pape. Mais les différences dogmatiques demeurent. L’unité complète et la communauté eucharistique (célébration commune de la liturgie) sont pour le moment impossibles", indique le métropolite.

Samedi 25, le pape Jean-Paul II a visité le monastère de Rila, où il a eu un entretien en tête-à-tête avec le Premier ministre Siméon de Saxe-Cobourg-Gotha. Celui-ci a qualifié d´historique et de très importante pour la Bulgarie la déclaration du Saint Père par laquelle il a innocenté la Bulgarie, accusée d´implication dans l´attentat perpétré en 1981 contre lui. Siméon a avoué avoir depuis vingt ans tenté d´inciter une déclaration aussi catégorique selon "Tchassad".

Interrogé par Troud, le correspondant de l´AFP au Vatican, Bruno Bartoloni, a déclaré que la dite filière bulgare dans l´attentat aurait, selon lui, été alimentée par la CIA.

Tchassad reprend pour sa part le quotidien italien "Corriere della Sera", selon lequel même les collaborateurs les plus proches du pape n´étaient pas informés de son intention de rejeter la filière bulgare, vraisemblablement pour toute pression ou tentative d´influence.

L´ensemble de la presse évoque la messe célébrée dimanche 26 sur la place centrale de Plovdiv, lors de laquelle Jean-Paul II a béatifié les trois prêtres catholiques bulgares et religieux Assomptionnistes, Kamen Vitchev, Pavel Djigjov et Jossafat Chichkov, accusés d´espionnage et tués en 1952 par le régime communiste.

La presse fait aussi état de la "rencontre très émouvante" avec les jeunes catholiques bulgares, à l´église catholique de Plovdiv.

Demokratsia commente pour sa part: "Le Saint Père a brisé la glace millénaire entre l´église orthodoxe et l´Eglise catholique. La prière commune de prêtres orthodoxes et catholiques depuis la place du Plovdiv, cette ville cosmopolite ou depuis des siècles cohabitent de grandes communautés juives, musulmanes et chrétiennes, s´est transformée en message appelant à la réconciliation entre deux mondes séparés encore récemment, indique l´auteur qui se félicite du fait que le saint Père a lui même effacé la tache de l´image de la Bulgarie.

Demokratsia rapporte aussi cette déclaration: "La visite du pape Jean-Paul II en Bulgarie et son dialogue sans précédent avec l´église orthodoxe bulgare rendent plus proche l´éventualité d´une rencontre avec le patriarche russe, Alexis II , a déclaré le chef du Service de presse du Saint-Siège, ce qui est son rêve sacré".

Interrogé par Sega, le père Hraber Ivanov, l´un des prêtres catholiques poursuivis en 1952 par le régime communiste et qui a purgé une peine de détention, déplore la désunion entre l´église orthodoxe et l´église catholique.

Le pape a béni les négociations de la Bulgarie avec l´UE", titre encore Sega qui évoque le bref entretien, dimanche à Plovdiv, de la négociatrice principale avec l´UE, Mégléna Kounéva, avec le pape Jean-Paul II.

Interrogé par Novinar, le professeur Christo Matanov, ancien chef de la Direction sur les cultes, attribue les hésitations du Saint-Synode à deux raisons: d´une part, les problèmes au sein de l´église bulgare, et d´autre part, l´exercice d´une influence étrangère qu´il qualifie de "lobby russe". Mais quoi qu´on en dise, le patriarche Maxime est un équilibriste de grande classe, reconnaît le professeur Matanov. Par ailleurs, l´église russe manifeste, selon lui, un fléchissement de position tout comme Moscou a manifesté un assouplissement de sa politique à l´égard de Sofia, en raison de la volonté de celle-ci d´intégrer l´OTAN, note le professeur Matanov.

A propos de la déclaration de Jean-Paul II mettant la Bulgarie hors de cause pour l´attentat de 1981, Mme Vélislava Daréva déclare à Douma que pendant vingt et un an, cette "falsification grandiose" visait à discréditer la Bulgarie. "Aujourd´hui, elle est un obstacle, un empêchement aussi bien pour ceux qui l´ont inventée que pour ceux qui parlent d´unification de l´Europe et d´élargissement de l´OTAN. Ce sont quasiment les mêmes personnes. Ils ont besoin de la Bulgarie, mais non pas d´une Bulgarie qui devrait servir de "pont spirituel entre l´Est et l´Ouest", comme l´a dit le pape. Ils ont besoin d´une Bulgarie que devra jouer le rôle de garde du flanc sud-est de l´Europe et surtout, de l´Alliance atlantique. La presse mondiale qui s´empresse aujourd´hui de nous présenter ses excuses est la même qui se faisait le plaisir à dénigrer la Bulgarie pendant vingt et un ans... Le peuple bulgare a accueilli le pape sans euphorie, mais avec respect et modération, humilié pendant vingt et un an par une sentence non prononcée, pour un crime non accompli. Par sa dignité, le peuple a donné une leçon aux médias qui se sont montrés plus catholiques que le pape".