Dans le monde, chaque jour, plus de 3.000 personnes meurent sur les routes

La responsabilité de l’automobiliste et la pastorale de la route

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ROME, Mardi 5 décembre 2006 (ZENIT.org) – Dans le monde, chaque jour, plus de 3.000 personnes meurent dans des accidents de la route, et 100.000 autres sont blessées, rappelle Mgr Agostino Marchetto.



Voici le texte intégral de l’allocution prononcée par Mgr Agostino Marchetto, secrétaire du conseil pontifical pour la Pastorale des Migrants et des personnes en déplacement lors du congrès sur la pastorale de la rue organisée la semaine dernière au Vatican. Nous avons publié hier l’intervention du cardinal Martino.

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SUR LA ROUTE DE LA MOBILITE DURABLE
(Introduction au thème de la rencontre)

S.E. Mgr Agostino MARCHETTO
Secrétaire du Conseil Pontifical pour la
Pastorale des Migrants et des Personnes en déplacement



Un aspect du "signe des temps" qu'est la mobilité humaine
Il est assez fréquent aujourd'hui de multiplier les signes des temps, que nous devons lire à la lumière de la Parole de Dieu et du Magistère, en vue d'un engagement ecclésial pastoral. Aussi, je ne pense pas, d’exagérer en disant que c'est le cas de la route (rue), comme secteur de la mobilité humaine.

Et là aussi, un texte conciliaire me vient à l'esprit : "L'Eglise a le devoir, à tout moment, de scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l'Evangile, de sorte qu'elle puisse répondre, d'une manière adaptée à chaque génération, aux questions éternelles des hommes sur le sens de la vie présente et future et sur leurs relations réciproques" (Gaudium et spes, 4).

Nous disions de lier l'apostolat de la route (rue) au signe des temps, qu est la mobilité humaine, sous ses deux grands aspects : la migration (cf. Erga migrantes caritas Christi) et les déplacements. Je me réfère aux migrants, justement, aux réfugiés, étudiants étrangers, tziganes, et gens du cirque, aux touristes, pèlerins, gens de la mer, du ciel [aéroports] et de la route (rue). Et dans l'apostolat - ou la pastorale - de la route, nous comprenons aussi les conducteurs et ceux qui les accompagnent, ainsi que les préposés qui sont à leur service.

Cependant, nous avons voulu que ce Congrès s'intéresse également aux "habitants de la rue", aux enfants et aux femmes de la rue, aux SDF et c'est là la raison de la présence de Mlle Chiara Amirante, de l'Association "Nuovi Orizzonti", de sœur Eugenia Bonetti, M.C., et de Mme Francesca Zuccari, de la Communauté de Sant'Egidio.
Déroulement des travaux

Aussi, dès le début, bénéficierons-nous d'une analyse présentée par S.E. Mgr Georges Gilson, ancien archevêque de Sens-Auxerre, que nous connaissons depuis longtemps. Sa conférence sera centrée sur "la route de la mobilité durable".

L'adjectif "durable" est significatif car il accompagnera la recherche des remèdes aux problèmes présentés, qui, certes, incluent la perte de vies humaines, mais aussi les questions de solidarité et de dégradation de l'environnement liées à la circulation routière et ferroviaire. Et là, nous serons soutenus par les expériences de ceux d'entre vous qui nous illustreront :
a) la réalité de l'apostolat de la route en Espagne, présentée par le Directeur national, le Fr. Juan Rivera, F.S.C. ;
b) la situation au Brésil, proposée par le P. Marian Litewka, C.M. ;
c) la réalité et les objectifs de la "pastorale du rail" en Italie, avec une présentation des stratégies d'assistance spirituelle pour ceux aussi qui travaillent dans les chemins de fer, par Mgr Oliviero Pelliccioni, aumônier titulaire de la Gare Termini (Rome).

Cela permettra de mettre en lumière le rapport avec certaines institutions catholiques qui aident dans ce secteur : "Nuovi Orizzonti", l'Union Internationale des Supérieurs Générales (UISG) et la Communauté de Sant'Egidio.

Les travaux seront aussi effectués en groupe et seront articulés sur les interventions et les différentes questions, avec comme points de référence les suivants: l'éducation routière, les associations d'inspiration chrétienne, les professionnels et les travailleurs de la route, les chapelles et les services religieux sur les autoroutes, la pastorale du rail, etc. Il est inutile, sans doute, de vous souligner l'intérêt qu'il y a de suivre ces travaux en groupe, l'attention au recueil des conclusions et aux recommandations qu'elles engendreront… Mais je me permets de vous le dire tout de même.

Pastorale de l'accueil

Je crois que c'est ainsi que nous pourrions définir l'apostolat que vous assurez, et je pense que vous nous aiderez à mieux le situer concrètement.

Par analogie, je vous rappelle quand même que l’Instruction EMCC consacre toute sa seconde partie à cet aspect d’accueil en particulier du n° 39 au n° 43. Cela peut nous aider dans notre regard de bon Samaritain, qui est caractéristique de la pastorale de la route et du rail et qui se traduit dans une présence d'accueil, et de service, au sens large du mot. Aussi devons-nous, ensemble, pendant ces journées, prendre à nouveau en considération les très graves problèmes que présente la circulation aujourd'hui, avec ses répercussions sur les droits humains et chrétiens de ceux qui voyagent en surface et de ceux qui vivent dans les rues. Un exemple : dans le monde, chaque jour, plus de 3.000 personnes meurent dans des accidents de la route, et 100.000 autres sont blessées (selon l'information donnée cette année par l'organisation anglaise RoadPeace).

Propositions d'accueil

Dans ce domaine, la pastorale se cristallise dans des programmes structurés sur la base de ce qui existe concrètement, vers un chemin, une route de l'espérance. En effet, elle est le lieu où nous tous, ou presque, nous nous retrouvons et où nous nous rencontrons chaque jour pour faire notre travail, pour gagner notre pain et – il faut le dire – pour vivre notre vie. Et bien, nous devons tous nous "accueillir" les uns les autres, dans une solidarité fraternelle plus particulièrement orientée vers ceux qui en ont le plus besoin.

Quel type d'accueil sera le nôtre ? Là, nous prêterons l'oreille les uns aux autres, pour nous enrichir et nous confirmer, en vue d'un engagement concret à plusieurs niveaux. Certes, il faudra penser à une aide pour assurer l'éducation et à la formation, si l'on entend retrouver une maturité sociale de respect et de solidarité.

Quel est le but ? Il faudra, dans une perspective sociale réelle, resituer notre engagement spécifique, à notre niveau, à celui de la communauté chrétienne mais aussi tout ce qu'elle signifie de tâche évangélisatrice et de promotion de la vie humaine, en pensant individuellement et communautairement, y compris la proposition renouvelée de valeurs éthiques et chrétiennes.

La mission de l'Eglise

La simple réalisation de notre Rencontre, outre à votre engagement concret et généreux, et celui de tant d'autres personnes, et des relatives institutions, congrégations et associations, est un signe évident de la sollicitude de l'Eglise pour la pastorale de la route (rue) , bien que celle-ci n'en soit qu'à son début dans de nombreux cas. C'est aussi une preuve du désir de réunir, de façon interactive, nos réflexions et nos expériences pour les placer à la base d'une plus grande coopération et coordination pastorales, en vue aussi bien d'une défense renouvelée de la vie que d'une attention pastorale s'adressant à des milliers de préposés au transport par la route ou par le rail, en vue de réaliser non seulement la solidarité (cf. EMCC 9 et 39-43), mais aussi une pastorale spécifique, avec le respect entre les voyageurs et entre ceux-ci et la nature.

Nous allons maintenant vous écouter, pour connaître la situation plus en profondeur, pour rechercher des solutions afin de l'améliorer, en nous efforçant d'aller à la racine des problèmes.

Je terminerai par un passage de la lettre d'invitation à la Rencontre à propos de notre engagement de ces jours, c'est-à-dire "pour encourager à nouveau une coopération entre les Eglises locales au sein desquelles la pastorale de la route existe de façon structurée, et l'aider à se développer ou à s'organiser là où elle n'existe pas encore, conformément aux conclusion de la Ière Rencontre internationale".

Face aux problèmes, nous devons être réconfortés par les mots célèbres de Jean-Paul II "N'ayez pas peur !", mots qui ont été repris par le Pape Benoît XVI, et auxquels vient s'ajouter l'encouragement à toujours vaincre le mal par le bien.

Malgré les difficultés, nous nous efforcerons, en tant qu'Eglise universelle – exprimée dans la sollicitude que le Souverain Pontife a communiquée à notre Conseil – et en tant que membres d'Eglises locales, mais aussi d'institutions, de congrégations religieuses et d'associations ou mouvements, de rendre davantage visible le "phénomène" qui nous tient à cœur, en vue d'une solidarité renouvelée, en engageant des forces pastorales spécifiques, mais sans oublier le lien nécessaire avec la pastorale ordinaire territoriale, "sur la route de la mobilité durable".

Tel est le défi, et tel est notre engagement de pasteurs, de religieux/ses, de croyants dans le Christ : une tâche toujours attentive à la défense de la vie, au respect mutuel entre les voyageurs et au service d'autrui, en observant aussi les lois de la circulation et de la nature, et en tenant les habitants de la rue en grande considération.

Je vous remercie.