De « l’Hymne à la Joie » à « l’Hymne à la Liberté » : concert au Vatican

Allocution de Benoît XVI

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ROME, Mardi 30 octobre 2007 (ZENIT.org) – « La vraie joie est enracinée dans cette liberté que Dieu seul peut donner » a déclaré Benoît XVI au terme d’un concert offert en son honneur, samedi dernier.



L’orchestre symphonique et le chœur de Radio Bavière ont exécuté la IXe symphonie de Beethoven.

Benoît XVI a rappelé qu’à l’occasion de « la chute du Mur », en 1989, le chœur et l’orchestre de la Radio bavaroise ont exécuté cette même symphonie, en changeant le texte de « l’Hymne à la Joie » en l’Hymne à la Liberté, belle étincelle de Dieu ».

« Ils exprimèrent ainsi plus qu’un simple sentiment de ce moment historique : la vraie joie s’enracine dans cette liberté que Dieu seul peut donner - bien souvent à travers des périodes de vide et d’isolement intérieurs – (…). C’est là que brûle l’étincelle de l’Amour divin qui peut nous libérer de ce que nous sommes vraiment », disait le pape.

Benoît XVI a rappelé la genèse de cette composition : « Après des années d’isolement et de vie retirée, le compositeur qui était désormais entièrement sourd, surprend le public en 1824, avec une composition qui rompt avec la forme traditionnelle de la symphonie et, dans la coopération d’orchestre, de chœur et de solistes, il s’élève à une finale extraordinaire d’optimisme et de joie », disait-il.

« Le sentiment bouleversant de joie, transformé ici en musique n’est pas quelque chose de léger et de superficiel : c’est un sentiment obtenu avec beaucoup d’efforts, en dépassant le vide intérieur de celui qui, en raison de sa surdité, avait été relégué dans l’isolement (…). La solitude silencieuse avait toutefois enseigné à Beethoven une nouvelle manière d’écoute qui allait bien au-delà de la simple capacité d’expérimenter dans l’imagination le son des notes qui se lisent ou qui s’écrivent », commentait encore le pape.

« Il me revient à l’esprit, dans ce contexte, une expression mystérieuse du prophète Isaïe qui, parlant d’une victoire de la vérité et du droit, disait : « En ce jour-là, les sourds entendront les paroles du livre [c’est-à-dire paroles uniquement écrites] et, délivrés de l’ombre et des ténèbres, les yeux des aveugles verront (cf. Isaïe 29, 18-24). On parvient ainsi à une capacité de percevoir ce que reçoit en Dieu celui qui obtient de Dieu la grâce d’une libération extérieure et intérieure », ajoutait le pape.