De l’Inde des signes de soutien à un moratoire universel sur l’avortement

Le cardinal archevêque de Bombay appuie la proposition d’un journaliste italien

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ROME, Mercredi 9 janvier 2008 (ZENIT.org) - Des voix en faveur d'une proposition de loi moratoire universelle sur l'avortement s'élèvent en l'Inde, un pays où, comme dans d'autres lieux, l'avortement sélectif des filles est largement pratiqué, ainsi qu'en Corée.

Cette idée de moratoire, lancée par le journaliste italien Giuliano Ferrara, est soutenue par le cardinal Oswald Gracias, archevêque de Bombay, dans un article signé de sa main publié par « AsiaNews.it ».

« C'est de tout cœur que j'accueille et apporte mon soutien à une loi moratoire universelle sur l'avortement », déclare le cardinal en expliquant le bien fondé d'une telle disposition « pour sensibiliser la communauté mondiale à créer et bâtir une culture de la vie ».

« L'avortement, a-t-il dénoncé, est un mal horrible, et est devenu l'une des principales menaces contre la dignité humaine dans la mesure où il constitue une attaque contre la vie même ».

Il s'agit par ailleurs, a-t-il commenté, d'« un crime commis contre les plus faibles et les sans défense, ceux que nous pouvons vraiment définir comme ‘les plus pauvres parmi les pauvres' ».

Le cardinal a ensuite fait l'éloge de la récente décision prise par les Nations Unies de voter une résolution en faveur d'un moratoire universel sur la peine capitale, rappelant que cette pratique entraîne « le risque de tuer des personnes innocentes et d'ôter toute possibilité de repentir et de changement de vie ».

Quant à l'avortement, il est « la mort de la vraie liberté », écrit-il. Selon lui, soutenir que l'avortement est un droit « signifie attribuer à la liberté humaine une signification perverse et mauvaise : celle d'un pouvoir absolu sur les autres et contre les autres ». « La culture de l'avortement, hélas, est répandue dans le monde entier » , a-t-il constaté.

« En le permettant de manière légale, en ce sens qu'aucune peine n'est prévue contre celui qui le pratique, on laisse penser qu'avoir recours à l'avortement est moralement correct. Mais cela est faux : l'avortement est toujours la suppression d'une vie ».

« Des millions de vies sont supprimées à cause de cette culture de mort ! », s'exclame-t-il.

C'est la raison pour laquelle, poursuit le cardinal, il est nécessaire que « chaque personne commence par s'engager à ne tuer, ou à ne contribuer à tuer, intentionnellement, aucune vie humaine, quand bien même cette vie se révèlerait brisée, difforme, invalide, désespérée ».

« L'avortement est incompatible avec la dignité de la personne humaine, créée à l'image de Dieu. Cette pratique est une violente attaque contre la femme et contre son enfant à naître », a-t-il précisé.

« Tuer un enfant dans le ventre de sa mère c'est tuer une personne », a-t-il conclu.

La Corée soutient également ce moratoire sur l'avortement. Le père Casimiro Song, secrétaire du « Life 31 Movement » a adressé un message en ce sens à AsiaNews, au nom de la Conférence des évêques de Corée.

Les catholiques de Corée « accueillent favorablement le moratoire international sur la peine de mort » qui doit toutefois « être immédiatement suivi, comme une conséquence logique, d'un autre moratoire, sur l'avortement. C'est un fait, et non une opinion, que la vie humaine commence au moment même de sa conception : celle-ci doit être défendue dès ce moment », écrit-il.