De la "fascination du provisoire"

Homélie du matin

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 1201 clics

Le pape François a pointé du doigt les ‘richesses’ de la société actuelle qui empêchent de suivre le Christ, lors de la messe de ce matin, 27 mai 2013. Il s’agit du « bien-être » et de la « fascination du provisoire ».

Radio Vatican rapporte la présence du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, parmi les concélébrants, ainsi qu’un groupe de collaborateurs du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, et des services économiques du Gouvernorat, dans l’assemblée.

Le pape s’est arrêté sur l’Evangile du jour, où un homme s’en retourne « tout triste, car il avait de grands biens » (Marc 10,17-27) : « les richesses sont un obstacle » qui « ne facilite pas le chemin vers le Royaume de Dieu », a-t-il souligné.

« Chacun possède des ‘richesses’ », a-t-il fait observer, appelant à « un examen de conscience » pour trouver ces richesses - du provisoire qui fascine - qui « empêchent de se rapprocher de Jésus sur le chemin de la vie ».

Le pape a dénoncé deux « richesses culturelles » actuelles, qui « empêchent d’avancer » : la « culture du bien-être » et « la fascination du provisoire ».

La « culture du bien-être », a-t-il expliqué, « rend peu courageux, paresseux, égoïstes ». Car le bien-être « anesthésie ».

Il a donné l’exemple d’un couple qui ne voudrait « pas plus d’un enfant » sous peine de « ne pas pouvoir partir en vacances », ou bien ne pas pouvoir « acheter de maison ».

Le croyant « veut bien suivre le Seigneur, mais jusqu’à un certain point », a-t-il poursuivi, déplorant les ravages du « bien-être », qui « prive du courage, de ce courage pour se rapprocher de Jésus. C’est la première ‘richesse’ de notre culture d’aujourd’hui, la culture du bien-être ».

Le pape a indiqué une autre ‘richesse’ actuelle : « la fascination du provisoire ». Les hommes d’aujourd’hui sont « amoureux du provisoire ». Les « propositions définitives » que fait Jésus, « ne plaisent pas » car l’homme a « peur du temps de Dieu » qui est « définitif ».

Si Dieu « est Seigneur du temps », les hommes eux sont « les seigneurs du moment », a-t-il poursuivi, et voulant devenir « maîtres du temps », les hommes « réduisent le temps au moment » en se contentant du provisoire.

Mais le provisoire n’aide pas à « suivre Jésus », il consiste plutôt en une défense de « son territoire » : le pape a évoqué les chrétiens qui suivent le Seigneur « jusque-là, et puis on verra » ou encore cet homme « qui voulait devenir prêtre, mais pour dix ans, pas plus ». « Combien de couples en se mariant, sans se le dire, pensent dans leur cœur : ‘tant que dure l’amour et puis on verra…’ », a-t-il ajouté.

Au contraire, « tant d’hommes et de femmes ont laissé leur terre pour partir comme missionnaires pour toute leur vie » ou « ont laissé leur maison pour se marier pour toute la vie » : « suivre Jésus de près ! C’est le définitif ! ».

Le pape a conclu par une prière : « Demandons au Seigneur qu’il nous donne le courage d’aller de l’avant, en nous dépouillant de cette culture du bien-être, et [qu'il nous donne] l’espérance dans le temps... non pas la petite espérance du moment ».