De la paternité sacerdotale

Homélie du matin, 26 juin 2013

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 1178 clics

« Pour devenir complets, matures », les hommes doivent « sentir la joie de la paternité », déclare le pape Français. Les « célibataires » aussi sont appelés à devenir « pères » car « la paternité c’est donner vie aux autres ».

En ce sens, les prêtres sont appelés à « la paternité pastorale, la paternité spirituelle... à donner vie, devenir père ».

Ce matin, 26 juin 2013, lors de la messe qu’il a célébrée en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, le pape a évoqué le « désir de paternité », inscrit au plus profond de chaque homme. Radio Vatican rapporte des extraits de son homélie.

Un père qui défend ses enfants

« Quand un homme n’a pas ce désir, il [lui] manque quelque chose. Quelque chose ne va pas » : « pour être, pour devenir complets, pour être matures », les hommes doivent « sentir la joie de la paternité ».

Les « célibataires » ne sont pas en reste : « La paternité c’est donner vie aux autres, donner vie, donner vie… Pour nous, ce sera la paternité pastorale, la paternité spirituelle: mais c’est donner vie, devenir père ».

Si l’arbre est bon « son fruit est bon » : « ne leur faites pas faire mauvaise figure », a insisté le pape François en faisant observer aux prêtres que « la balle est dans leur camp ».

Il a donné l’image d’Abraham qui reçoit la promesse d’une descendance, et pour sceller le pacte, offre un sacrifice d’animaux qu’il protège des rapaces, dans la première lecture (Gn 15,1-12.17-18a) : « cela me touche de regarder cet homme de 90 ans avec le bâton en main, il me fait penser à un père, qui défend sa famille, ses enfants ».

Sur ce modèle, il s’agit d’être « un père qui sait ce que signifie défendre ses enfants ».

Sans paternité, la vie est à moitié

La paternité des prêtres, comme celle de chaque homme, se décline en trois « icônes » : « celle d’Abraham qui demande un fils, celle d’Abraham avec le bâton en main, défendant la famille, et celle du vieux Siméon dans le Temple, quand il reçoit la vie nouvelle : il fait une liturgie spontanée, la liturgie de la joie... et à vous, le Seigneur aujourd’hui vous donne tant de joie ».

Le pape François a exhorté les prêtres à demander cette « grâce » : « être pères, être pères. La grâce de la paternité, de la paternité pastorale, de la paternité spirituelle. Des péchés nous en avons tant... mais ne pas avoir d’enfants, ne pas devenir pères, c’est comme si la vie n’arrivait pas à son terme : elle s’arrête à mi-chemin ».

Tout comme le peuple de Dieu appelle les prêtres « ‘Père, père, père…’ », le Seigneur « les veut ainsi, pères, avec la grâce de la paternité pastorale ». Mais « c’est une grâce que le Seigneur donne ».

La paternité d’un cardinal

Le pape a salué le cardinal Salvatore De Giorgi, présent pour la célébration, qui fêtait aujourd’hui ses 60 ans de sacerdoce : « je ne sais pas ce qu’a fait ce cher Salvatore », mais « je suis sûr qu’il a été père », a-t-il fait observer en donnant pour « signe » de fécondité tous les prêtres qui accompagnaient le cardinal.

Lors de l’audience, ce matin, le pape a à nouveau rendu hommage au cardinal: « voyez son beau service à l’Eglise : soixante ans de sacerdoce et quarante d’épiscopat ! C’est un beau service qu’il a fait avec un cœur de père, avec une bonté de père, et avec ce cœur de père il a fait tant de bien à l’Eglise ».

Ce matin à la messe, a ajouté le pape avec humour, « il y avait un petit groupe de prêtres qui ont été ordonnés par lui. Un tout petit groupe : ils étaient plus de 80 ! Imaginez combien il en a ordonnés : remercions-le pour tout ce qu’il a fait pour l’Eglise ».