Déclarer "je crois en Dieu" ne suffit pas!

Homélie du matin

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 1309 clics

Il ne suffit pas de dire « je crois en Dieu », souligne le pape François, il faut aussi le vivre, c’est-à-dire chasser toutes les autres idoles « cachées » dans sa vie.

L’Osservatore Romano et Radio Vatican rapportent des extraits de l’homélie du pape ce matin, 6 juin 2013, au cours de la messe qu’il a célébrée en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, en présence d’employés de la Bibliothèque apostolique vaticane, et du personnel laïc de l’Université du Latran.

Dans l’Evangile du jour (Mc 12,28-34) le scribe qui demande à Jésus « Quel est le premier de tous les commandements ? » essayait peut-être de « le mettre à l’épreuve », a estimé le pape François, donnant sa lecture de l’extrait biblique.

Lorsque le scribe approuve la réponse du Christ, ce dernier lui déclare : « Tu n'es pas loin du Royaume de Dieu ». Pour le pape, Jésus a voulu signifier : « Tu connais bien la théorie », mais « il te manque encore une distance [pour parvenir] au Royaume de Dieu », il s’agit de continuer à avancer pour transformer « ce commandement en réalité », puisque « la confession de Dieu » se fait sur le « chemin de la vie ».

Cette question est valable pour tous : « Il ne suffit pas de dire: ‘Je crois en Dieu, Dieu est l’unique Dieu’. C’est bien, mais comment vis-tu sur la route de la vie ? », a questionné le pape, en faisant observer qu’il était possible de dire: « Le Seigneur est l’unique Dieu, il n’y en a pas d’autres », tout en vivant « comme s’il n’était pas l’unique Dieu et en ayant d’autre divinités à sa disposition ».

C’est tout le danger représenté par l’esprit du monde, qui encourage à « l’idolâtrie ». « Jésus était clair à ce sujet : l’esprit du monde, non », a-t-il rappelé (Jn 17,14).

« L’idolâtrie est subtile », a mis en garde le pape, soulignant que tout homme avait « ses idoles cachées » et que « le chemin à parcourir pour arriver au Royaume de Dieu » implique de « découvrir ces idoles cachées » : tout comme Rachel, femme de Jacob, a caché les idoles qu’elle a prises dans la maison de son père « dans le palanquin du chameau », (Gn 31,34) tout croyant possède des idoles « cachées » dans « sa personnalité », dans sa « façon de vivre », idoles qu’il s’agit de « chercher » et de « détruire ».

Le pape a cité l’apôtre Jacques : « Créatures adultères ! Vous savez bien que l'amour pour les choses du monde est hostilité contre Dieu ; donc celui qui veut aimer les choses du monde se pose en ennemi de Dieu » (Jc 4,4).

Pourquoi « adultères ? », s’est demandé le pape : « Parce que celui qui est un 'ami' du monde est un idolâtre, il n’est pas fidèle à l’amour de Dieu. La route pour avancer vers le Royaume de Dieu, est un chemin de fidélité qui ressemble à celui de l’amour nuptial ».

Pour suivre Dieu, a-t-il insisté, il faut un amour fondé sur la « fidélité » : « c’est la fidélité qui demande de chasser les idoles, de les dévoiler », afin de rester « fidèle dans l’amour ».

Pour conclure, le pape a invité à prier le Christ, même si « c’est difficile » : « Seigneur, tu es si bon, enseigne-moi cette route pour être chaque jour moins loin du Royaume de Dieu, cette route pour chasser toutes les idoles ».