Défis pour les Eglises : Défense de la vie, paix au Moyen Orient, Europe

Déclaration commune de Benoît XVI et du patriarche Bartholomaios I

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ROME, Jeudi 30 novembre 2006 (ZENIT.org) – La défense de la vie humaine, la paix au Moyen Orient, l’Union européenne, mais aussi la protection de l’environnement, autant de défis que l’Eglise de Rome et celle de Constantinople sont appelées à relever ensemble, affirme la « Déclaration commune » signée par Benoît XVI et le patriarche Bartholomaios I.



Au terme de la célébration de la liturgie solennelle en l’église patriarcale Saint-Georges du Phanar, en la fête de l’apôtre Saint André, le pape Benoît XVI et le patriarche œcuménique Bartholomaios Ier, se sont rendus à la salle du trône, au troisième étage du palais patriarcal, pour la signature d’une Déclaration conjointe lue préalablement en français et en anglais.

En chemin, le pape et le patriarche se sont arrêtés sur le balcon du Phanar, pour bénir les personnes présentes dans la cour, et le patriarche a eu ce geste enthousiaste et fraternel de prendre la main du pape et de lever son bras pour le faire applaudir.

Cette déclaration commune commence par le verset du psaume 117 : « Voici le jour que le Seigneur a fait, qu’il soit notre bonheur et notre joie » !

« La rencontre fraternelle que nous avons eue, nous, Benoît XVI, Pape de Rome, et Bartholomaios I, Patriarche œcuménique, est l’œuvre de Dieu et en quelque sorte un don venant de Lui. Nous rendons grâce à l’Auteur de tout bien, qui nous permet encore une fois, dans la prière et l’échange, d’exprimer notre joie de nous sentir frères et de renouveler notre engagement en vue de la pleine communion. Cet engagement nous vient de la volonté de notre Seigneur et de notre responsabilité de Pasteurs dans l’Église du Christ. Puisse notre rencontre être un signe et un encouragement pour nous tous à partager les mêmes sentiments et les mêmes attitudes de fraternité, de collaboration et de communion dans la charité et dans la vérité. L’Esprit Saint nous aidera à préparer le grand jour du rétablissement de la pleine unité, quand et comme Dieu le voudra. Nous pourrons alors nous réjouir et exulter vraiment. »

Le premier paragraphe cite ensuite les pas réalisés par Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras I, « pèlerins à Jérusalem sur le lieu même où Jésus Christ est mort et ressuscité pour le salut du monde, se sont ensuite rencontrés de nouveau, ici au Phanar et à Rome ».

La déclaration réaffirme la valeur de cette première déclaration signée à l’époque. Puis elle rappelle les gestes accomplis sous le pontificat de Jean-Paul II, et sa rencontre avec le patriarche Dimitrios I, qui vit naître la « Commission mixte entre l’Eglise catholique romaine et l’Eglise orthodoxe » réunie « dans le but de déclarer et rétablir la pleine communion ».

La déclaration mentionne aussi la révocation des « anciens anathèmes », en précisant : « Nous n’avons pas encore tiré de cet acte toutes les conséquences positives qui peuvent en découler pour notre marche vers la pleine unité, à laquelle la Commission mixte est appelée à apporter une contribution importante. Nous exhortons nos fidèles à prendre une part active dans cette démarche, par la prière et par des gestes significatifs ».

Le second paragraphe rappelle la reprise du travail de la Commission mixte, récemment, à Belgrade, « généreusement été accueillie par l’Église orthodoxe serbe ».

« En traitant le thème ‘Conciliarité et autorité dans l’Église’ au niveau local, régional et universel, elle a entrepris une phase d’étude sur la conséquence ecclésiologique et canonique de la nature sacramentelle de l’Église. Cela permettra d’aborder quelques-unes des principales questions encore controversées », précise la déclaration.

Le paragraphe 3 insiste sur le « témoignage commun » et déclare notamment : « Nous ne pouvons pas ignorer la montée de la sécularisation, du relativisme, voire du nihilisme, surtout dans le monde occidental. Tout cela exige une annonce renouvelée et puissante de l’Évangile, adaptée aux cultures de notre temps. Nos traditions représentent pour nous un patrimoine qui doit être partagé, proposé et actualisé continuellement. C’est pourquoi nous devons renforcer les collaborations et notre témoignage commun devant toutes les nations ».

Le paragraphe 4 évoque « le chemin vers la formation de l’Union européenne », et l’importance dans ce cadre la « liberté religieuse » comme « témoin et garante du respect de tout autre liberté ». Il plaide également pour la protection des « minorités » y compris « leurs traditions culturelles et leurs spécificités religieuses ».

Et à propos des racines chrétiennes de l’Europe, la déclaration précise : « Tout en demeurant ouverts aux autres religions et à leur contribution à la culture, nous devons unir nos efforts pour préserver les racines, les traditions et les valeurs chrétiennes, pour assurer le respect de l’histoire, ainsi que pour contribuer à la culture de la future Europe, à la qualité des relations humaines à tous les niveaux ».

Le paragraphe 5 évoque les difficultés auxquelles les chrétiens sont confrontés « en particulier les pauvretés, les guerres et le terrorisme, mais également les diverses formes d’exploitation des pauvres, des émigrés, des femmes et des enfants ».

D’où la nécessité de l’engagement des chrétiens : « Nous sommes appelés à entreprendre ensemble une action en faveur du respect des droits de l’homme, de tout être humain, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, du développement économique, social et culturel ».

Et ceci d’abord pour défendre la vie humaine : « Nous voulons avant tout affirmer que tuer des innocents au nom de Dieu est une offense envers Lui et envers la dignité humaine. Nous devons tous nous engager pour un service renouvelé de l’homme et pour la défense de la vie humaine, de toute vie humaine ».

Pour ce qui est du Moyen Orient, si proche de la Turquie, la déclaration ajoute : « Nous avons profondément à cœur la paix au Moyen-Orient, où notre Seigneur a vécu, a souffert, est mort et est ressuscité, et où vivent, depuis tant de siècles, une multitude de frères chrétiens. Nous désirons ardemment que soit rétablie la paix sur cette terre, que se renforce la coexistence cordiale entre ses diverses populations, entre les Églises et entre les différentes religions qui s’y trouvent. Pour cela, nous encourageons l’établissement de rapports plus étroits entre les chrétiens et d’un dialogue interreligieux authentique et loyal, en vue de lutter contre toute forme de violence et de discrimination ».

Le paragraphe 6 aborde une question chère au patriarche Bartholomaios I et au pape Ratzinger : « les grands dangers concernant l’environnement naturel ».

Ils expriment leur « souci » pour les « conséquences négatives pour l’humanité et pour la création tout entière qui peuvent résulter d’un progrès économique et technologique qui ne reconnaît pas ses limites ».

Ils encouragent « les efforts qui sont faits pour protéger la création de Dieu et pour laisser aux générations futures une terre dans laquelle elles pourront vivre ».

Enfin, le 7e paragraphe mentionne, entre autres, « les autres chrétiens, les assurant de notre prière et de notre disponibilité au dialogue et à la collaboration ».