Depuis l'Incarnation, l'homme n'est plus seul

Homélie de Benoît XVI à Lorette

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Anne Kurian

ROME, jeudi 4 octobre 2012 (ZENIT.org) – L’homme n’est « jamais seul », car par l’Incarnation, Dieu « entre dans notre humanité et nous accompagne », déclare Benoît XVI. 

Le pape a célébré l’eucharistie sur le parvis du sanctuaire de Lorette, dans la région des Marches, en Italie, ce 4 octobre 2012. Entouré de quelque 10.000 personnes, il venait confier à la Vierge de Lorette les évènements ecclésiaux à venir, notamment le synode des évêques sur la nouvelle évangélisation et l’Année de la foi.

Pour que l'homme redevienne homme

Evoquant le sanctuaire de Lorette, construit pour protéger les trois murs de pierres de « la maison terrestre » de la Vierge Marie – rapportés de Nazareth par des croisés pour les protéger de l'invasion turque – Benoît XVI rappelle qu’il « abrite la mémoire du moment où l’Ange du Seigneur est venu à Marie avec la grande annonce de l’Incarnation ».

Cette « humble habitation » est « un témoignage concret et tangible du plus grand évènement de l'histoire humaine : « le Verbe qui se fait chair », estime le pape.

Citant le bienheureux Jean XXIII, Benoît XVI invite à « réfléchir sur ce lien entre le ciel et la terre, qui est l’objectif de l’Incarnation et de la Rédemption » et il exhorte à « étendre toujours plus les bienfaits de l’Incarnation et la Rédemption du Christ à toutes les formes de la vie sociale ».

Malgré la « crise actuelle », poursuit-il, l’Incarnation du Fils de Dieu « dit combien l’homme est important pour Dieu et Dieu pour l’homme » : en ce sens, « avec Dieu, même dans les moments difficiles, apparait un horizon d’espérance » car « l’Incarnation nous dit que nous ne sommes jamais seuls, que Dieu entre dans notre humanité et nous accompagne ».

Sans Dieu au contraire, « l’homme finit par faire prévaloir son propre égoïsme sur la solidarité et sur l’amour, les choses matérielles sur les valeurs, l’avoir sur l’être ». C’est pourquoi « il faut revenir à Dieu pour que l’homme redevienne homme », insiste Benoît XVI.

Le pape fait observer que Marie « est la voie privilégiée par laquelle Dieu est venu habiter » parmi les hommes : offrant « sa propre chair » et se mettent « tout entière à disposition de la volonté de Dieu », elle est devenue « un « lieu » de sa présence, « lieu » dans lequel demeure le Fils de Dieu ».

Le pape venu en pèlerin

Rappelant que le bienheureux Jean XXIII est venu en pèlerinage au même endroit pour confier le Concile Œcuménique Vatican II, le 4 octobre 1962, Benoît XVI déclare qu’il est venu « lui aussi » en « pèlerin ».

Il demande particulièrement à la Vierge d’aider le chrétien à « annoncer » le Christ « pour que tout homme puisse l’accueillir et devenir demeure de Dieu ».

A cet égard, le pape confie « à la très Sainte Mère de Dieu toutes les difficultés que vit le monde à la recherche de la sérénité et de la paix, les problèmes de tant de familles qui regardent l’avenir avec préoccupation, les désirs des jeunes qui s’ouvrent à la vie, les souffrances de ceux qui attendent des gestes et des choix de solidarité et d’amour ».

Il lui confie en outre « ce temps spécial de grâce pour l’Église, qui s’ouvre devant nous », à savoir « l’Année de la Foi, qui s’ouvrira dans une semaine, le 11 octobre, à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II, et l’Assemblée Générale ordinaire du Synode des Evêques que j’ai convoquée au mois d’octobre sur le thème « La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne » », précise Benoît XVI.

Benoît XVI remercie par ailleurs les représentants ecclésiaux, du gouvernement et les autorités civiles et militaires présents, ainsi que « tous ceux qui ont offert généreusement leur collaboration pour la réalisation » de ce pèlerinage.