Des cellules souches dans le liquide amniotique

Une « découverte encourageante et sûre », déclare un néonatologiste italien

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ROME, Vendredi 19 janvier 2007 (ZENIT.org) – La découverte rendue publique le 7 janvier dernier selon laquelle il serait possible d’identifier dans le liquide amniotique des cellules disposant d’une capacité considérable à se renouveler et dont les caractéristiques sont propres à la fois aux cellules souches d’embryons et de personnes adultes, suscite un vaste débat.



Cette découverte revient à des chercheurs de l’Université de Harvard en collaboration avec des chercheurs de Padoue et de l’Institut de Médecine de l’Université de Wake Forest, en Caroline du nord.

Pour le néonatologiste, Carlo Valerio Bellieni, du Département de Thérapie intensive néonatale de la Polyclinique universitaire « Le Scotte » de Sienne : « Cette découverte de cellules souches dans le liquide amniotique est une découverte encourageante ».

« Une nouvelle source pleine de promesses et moins sensible au plan éthique : leur identification est assez simple et leur quantité paraît assez élevée », a déclaré Carlo Valerio Bellieni, également membre de l’Académie pontificale pour la Vie, à Zenit.

« Cette découverte est certainement un message fort à ceux qui gèrent la recherche dans ce domaine : les recherches sur ces cellules ont besoin de fonds, tout comme les ‘banques’ chargées de la conservation du précieux liquide », a-t-il ajouté.

Carlo Valerio Bellieni relève que, « dès le début, le liquide amniotique, de même que le sang du cordon, dispose d’une grande quantité de cellules souches ». Et il souligne à ce propos la nécessité de créer « un réseau de collecte et de conservation bien structuré ».

« On en vient donc naturellement à se demander s’il est raisonnable, à ce point, de destiner tant de fonds à la destruction d’embryons afin de produire des cellules souches, entraînant ainsi la mort de ces embryons, sans qu’il y ait eu de résultats cliniques », a-t-il affirmé.

« Ces fonds pourraient, bien sûr, être utilisés pour la collecte des cellules souches de personnes adultes, efficaces et utiles », a-t-il affirmé.

A la question si cette découverte comporte quelque risque au plan éthique, le néonatologiste de Sienne répond en faisant deux considérations : « La première, c’est que le liquide amniotique ne peut être utilisé à titre privé. De même que pour le don de sang, il est opportun que celui qui en fait don le fasse librement et sans imposer de restrictions à celui qui le reçoit ».

« Et cela, malheureusement, parce que nous constatons une certaine tendance à vouloir privatiser un matériel biologique qui devrait pourtant être d’utilité commune. Cela arrive dans certains pays avec le sang produit par le cordon ombilical que l’on peut conserver pour un usage personnel au lieu de le mettre au service d’une banque publique : un grand nombre de sociétés scientifiques internationales se sont élevées contre ce gaspillage et cette attitude discriminante pour ceux qui ne peuvent conserver les cellules souches pour des raisons économiques », a-t-il expliqué.

« Ma seconde considération – a poursuivi Carlo Valerio Bellieni – consiste à faire remarquer que le nouveau-né ne devrait courir aucun danger si le prélèvement du liquide amniotique s’effectue au moment de l’accouchement, au moment de ‘la perte des eaux’, comme on le dit familièrement ».

En effet, « pour en obtenir une quantité, par ailleurs dérisoire, l’amniocentèse (qui consiste à prélever du liquide amniotique à l’aide d’une seringue à travers la paroi abdominale de la mère) n’est absolument pas nécessaire », a -t-il précisé par la suite.

L’expert en néonatologie a conclu en affirmant qu’« encore une fois, les faits parlent d’eux-mêmes : la recherche scientifique est une chose sérieuse. Vouloir faire pression pour des raisons idéologiques, comme cela peut être le cas lorsqu’on s’obstine à vouloir utiliser les embryons humains comme la seule et unique voie possible, ne conduit qu’à un gaspillage d’argent et à une perte de temps précieux ».

« Encore une fois nous voyons que le respect de la vie humaine, quand il est lié à la capacité de recherche, porte les soins et la santé dans leur juste direction », a-t-il conclu.