Des étudiants prieront à Saint-Pierre pour la sanctification des prêtres

Mgr. Scicluna offrira une réflexion sur la crise des abus sexuels

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ROME, 25 mai 2010 (ZENIT.org) - A la suite du scandale des abus sexuels qui a secoué l'Eglise, les fidèles laïcs ont commencé, ces dernières semaines, à prendre conscience de leur rôle et de leur responsabilité comme membres du Corps du Christ dans leur réponse à l'appel à la prière lancé par Benoît XVI.



Le 16 mai, dimanche de l'Ascension [en Italie, l'Ascension est fêtée le dimanche et non le jeudi], plus de 200 000 personnes se sont rassemblées place Saint-Pierre pour prier et manifester leur soutien au pape. Ce samedi sera marqué par une autre initiative sans précédent des laïcs pour répondre au scandale qui a fait la une des journaux pendant des mois.

En réponse à l'appel du Saint-Père à la prière et à la pénitence, des étudiants et des séminaristes des universités pontificales de Rome ont organisé une journée de prière et de réparation dans la basilique Saint-Pierre, à Rome, ceci à quelques jours de la clôture de l'année sacerdotale.

Entre 10 heures et midi, une adoration du Saint-Sacrement aura lieu à l'autel de la Chaire de saint Pierre, pour prier pour la sanctification des prêtres. Mgr. Charles Scicluna, promoteur de justice de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, guidera une méditation sur l'évangile de saint Marc, suivie d'une bénédiction solennelle.

L'idée d'une matinée de prière a été le fruit de la prière, de la réflexion et des échanges entre les étudiants.

Répondant à la lettre de Benoît XVI aux catholiques d'Irlande, Luke de Pulford, séminariste de première année, du diocèse de Southwark au Royaume-uni, l'étudiante Mary Nolan, du diocèse de Fort Wayne (Indiana) ont affirmé s'être sentis interpellés par la demande du Saint-Père d'accorder une attention particulière à l'adoration dans tous les diocèses pour prier pour la guérison de ceux qui ont été affectés par le scandale et en réparation des péchés que constituent les abus.

« L'idée m'est venue comme première réponse à la lettre du pape aux catholiques d'Irlande. L'adoration est un moyen de pénitence et de guérison », a affirmé Mary Nolan. « Le Saint-Père nous a demandé, spécialement maintenant, de solliciter la miséricorde de Dieu et la guérison ».

« Toute cette situation a souillé l'âme de l'Eglise. Et la prière est la première action des fidèles. Beaucoup de gens ne semblent pas concevoir la prière comme un point d'action, et pourtant elle l'est. L'Eglise est en dialogue constant avec Dieu, et elle l'a toujours été. Si nous croyions un peu plus au pouvoir de la prière, qui sait ce qui pourrait arriver ».

Les étudiants se sont dits surpris par l'accueil qui leur a été réservé par les autorités vaticanes, en particulier par Monseigneur Charles Scicluna. Chargé d'enquêter pour la Congrégation pour la doctrine de la foi sur les cas d'abus commis par des prêtres, il a été en grande partie responsable des nombreux changements intervenus dans le traitement des affaires d'abus et dans les réponses à apporter aux victimes. Providentiellement, il leur a immédiatement accordé la permission.

Un seul Corps

Cette matinée de réflexion en la basilique Saint-Pierre, symbole du Coeur de l'Eglise, revêt une signification particulière. Mais les organisateurs s'accordent à dire qu'il est également significatif que la réponse à l'appel à la prière lancé par Benoît soit venue spontanément d'un laïcat actif à
Rome, où un groupe dynamique de fidèles catholiques provient de diverses parties du monde.

Selon Luke de Pulford, l'adoration hebdomadaire au Vénérable Collège anglais de Rome en réparation des scandales, a été extraordinairement efficace et régénératrice : « Comme séminariste et membre de l'Eglise, ma préoccupation va d'abord aux victimes des abus les plus vils. Ce n'est pas quelque chose que l'on peut ignorer parce que cela n'a été commis que par un petit nombre de prêtres. Ce scandale affecte l'Eglise tout entière. Nous sommes un corps, et nous souffrons comme un corps. Je pense que ce sentiment est partagé par un grand nombre ».

La prière, a-t-il ajouté, est ce qu'il peut faire pour aider l'Eglise : « Ce n'est pas quelque chose qui ne nous concerne pas, et la prière doit toujours être au centre de notre réponse, c'est la vraie raison pour laquelle nous avons décidé de faire quelque chose ».

« Comme séminaristes, nous sommes tous affectés d'une manière particulière par cette crise. J'ai toujours été entouré d'enfants », ajoute Luke De Pulford, qui appartient à une famille de neuf enfants. « Mais à présent, toute démarche comme séminariste et futur prêtre est soigneusement étudiée. Tout à coup, je suis conscient de la façon dont je pourrais être perçu, et cela peut être débilitant ».

Alors que certains jugent remarquable que cette initiative soit venue de jeunes, tant Mary Nolan que Luke De Pulford s'accordent à dire que la prière en commun centrée sur l'Eucharistie a été un phare dans leur vie.

« Si vous êtes jeune et que vous avez la foi, vous connaissez votre catéchisme parce que les gens vous remettent constamment en question, notamment quand il s'agit de l'enseignement de l'Eglise en matière de sexualité et d'éthique médicale. L'adoration eucharistique a été un phare », réaffirme De Pulford.

« La question n'est pas tant d'applaudir le pape que d'agir de concert avec lui. C'est la meilleure façon de lui manifester notre soutien », ajoute Nolan. « L'adoration eucharistique cadre bien notre esprit - elle nous donne la perspective juste. Sans les sacrements, tout devient un meeting politique ».

Irene Lagan