Des familles envoyées annoncer l'Evangile partout dans le monde

Missions du Chemin néocatéchuménal

Rome, (Zenit.org) Salvatore Cernuzio, Junno Arocho Esteves | 529 clics

« Evangélisez avec amour, soyez des missionnaires zélés et joyeux, ne perdez pas la joie ! ». Tel est le la recommandation du pape François aux quelques 400 familles du Chemin néocatéchuménal, envoyées samedi, 1erfévrier, annoncer l’Eglise du Christ Ressuscité aux quatre coins de la terre. Des paroles, dont ont fait trésor surtout les 174 noyaux familiaux qui prendront part aux nouvelles 40 missions ad gentes dans les régions les plus déchristianisées d’Europe, d’Amérique et d’Asie.

Ces missions auprès des « gentils » sont un outil fort que le Chemin met à la disposition des évêques, lesquels comptent sur les témoignages d’amour et de parfaire unité des familles chrétiennes pour rapprocher  de l’Eglise les lointains et les païens. Nombreux sont les parents qui, avec leurs enfants, répondent cet appel en laissant derrière eux leur maison, leur emploi et leurs proches, convaincus que le plus grand don que l’homme d’aujourd’hui puisse recevoir est celui de connaître l’amour de Jésus Christ.

Cet amour qu’eux-mêmes ont expérimenté personnellement, comme racontent Pedro et Carmen, un couple du New Jersey, parents de six enfants, dont un au séminaire à Dallas, envoyés par le pape François en mission à Philadelphie.  « Dieu m’a réellement tiré d’une situation de mort », raconte Pedro à Zenit, « Je vivais dans la rue, au milieu de gangs, plongé dans la drogue. Le Seigneur a fait de moi un homme nouveau, il m’a donné une femme et des enfants, mais surtout une famille chrétienne. Nous avons donc entendu cet appel à aller dans le monde annoncer l’amour que Dieu a eu pour nous ».

« Bien sûr, la peur est là – admet-il – mais comme je viens de dire, j’ai déjà expérimenté que Dieu m’a ouvert un chemin dans la mort, et m’a donné le bonheur … Au-delà des difficultés que nous rencontrerons surement, j’ai confiance en Lui ». « J’ai beaucoup plus peur de mes péchés que de la mission », réplique son épouse : « Mais je me souviens de là où Dieu m’a sortie et les grâces concrètes qu’il m’a données – 18 ans de mariage, six enfants – et que je ne mérite pas ». A la question « vos enfants sont-ils contents du choix de leurs parents ? », les petits répondent directement et disent en chœur: « Ouiiii !, Nous sommes très contents ! ». « Nous sommes très heureux de faire cette mission – conclut Carmen – et j’ai hâte de me jeter et de voir ce que le Seigneur a préparé pour nous ».

En effet, car comme a dit le Saint-Père dans son discours d’aujourd’hui : « Le Seigneur nous précède toujours », et il prépare un chemin aussi « dans les endroits les plus éloignés » et « dans les cultures les plus différentes ». En sont convaincus, Miguel et Beatriz, une famille avec quatre enfants et sept « au ciel », qui ont quitté l’Espagne l’année dernière pour partir à Manchester. « Au début c’était dur – dit Miguel à Zenit – les habitudes, la langue, la nourriture … Nous avons été pendant un an dans des conditions d’humilité, ne pouvant pas communiquer, comprendre … Mais Dieu n’a pas manqué de nous aider, en renforçant notre foi mais en nous donnant aussi des choses concrètes comme la maison, le travail etc.

« Ce qui nous a le plus frappé ma femme et moi – poursuit le père – cela été de voir que nos enfants se sont tout de suite adaptés, ils étaient contents dès leur arrivée, et ils ont appris un excellent anglais! » Cette mission, conclut-il, est « notre manière de dire merci au Seigneur, pour tout ce qu’il a fait, pour la vie qu’il nous a donnée, à nous et à nos enfants ».

Par gratitude aussi Cédric, Christine et leurs quatre enfants ont décidé de partir en mission à Rajkot, en Inde. Un acte de foi extraordinaire si on considère que ce pays est réputé pour ses persécutions continues envers les chrétiens. « Les risques sont nombreux », confirme en effet l’indien. Il explique qu’ « une grande partie de la population est hindoue, voire certains des fanatiques. Tout est difficile. D’autre part, même si nous restons en Inde, nous devons apprendre une autre langue, une autre culture, tout est différent ! » Alors pourquoi partir? « Parce que notre gratitude envers Dieu est plus forte - affirme Cedric – nous avons vu trop de miracles et trop d’amour pour ne pas vouloir le partager avec d’autres ». Un exemple, raconte-t-il, « sont les grossesses difficiles de ma femme, elle a risqué gros, mais nous avons eu foi, nous avons prié et Dieu nous a donné quatre enfants. Un vrai miracle : chaque enfant fut un don ! Nos enfants sont conscients que c’est le Seigneur qui leur a donné la vie, ils sont donc heureux de partir ».

Un autre beau témoignage est rapporté par Paolo e Anna, un très jeune couple de Trieste (lui 28, elle 25), père et mère de deux enfants tout petits, qui sont parmi les familles envoyées aujourd’hui en Asie. « Nous avons rencontré Jésus Christ, nous nous sommes sentis aimés et nous avons donné notre disponibilité à aller porter partout cet amour », coupe court Paolo à la question de savoir ce qui les poussait à tout laisser et partir. « Cela n’est pas toujours facile, la vie est lourde parfois », ajoute-t-il, « mais nous avons confiance en l’esprit Saint, sans lequel nous ne faisons rien ».

« C’est vraiment un miracle que toutes ces personnes partent dans le monde pour évangéliser, laissant derrière elles leur maison, leur sécurité », commente à Zenit Mgr Anthony Sablan Apuron, archevêque capucin d’Agaña, sur l’ile de Guam. « Les familles qui m’ont frappé le plus sont surtout celles qui sont envoyées en Chine, disposées à apprendre une nouvelle langue, une culture totalement différente, à perdre la vie. Je suis sûr que le Seigneur les aidera ».

Mgr John McIntyre, évêque auxiliaire de Philadelphie, où 12 familles envoyées aujourd’hui partiront pour la mission ad gentes, est du même avis. « Ce fut une très belle et émouvante rencontre – dit le prélat – surtout d’avoir vu la préoccupation du Saint-Père pour les familles et son intérêt pour leurs enfants, mais aussi la générosité de ces personnes qui s’offrent de manière aussi merveilleuse pour la mission de l’Eglise ». « Nous sommes reconnaissants – poursuit-il – à ces familles, à ces prêtres et séminaristes, surtout pour leur courage à affronter les défis humains auxquels ils seront confrontés : pas seulement la langue et la nouvelle culture, mais aussi trouver du travail, trouver une école pour leurs enfants. Mais je suis sûr qu’ils réussiront en tout, soutenus par leur foi en Jésus Christ, dans sa victoire sur les problèmes, sur le péché et sur la mort ».

Traduction d'Océane Le Gall