Deux ans après, le procès de béatification de Jean-Paul II

Le dossier pourrait rapidement passer au Vatican

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ROME, Mercredi 17 janvier 2007 (ZENIT.org) – Le procès diocésain pour la béatification et canonisation de Jean-Paul II pourrait se conclure à Rome le 2 avril prochain, soit deux ans après la mort de Jean-Paul II, a annoncé, mardi, la télévision publique polonaise (TVP).



Dès novembre 2005, nous évoquions la guérison d’une religieuse française mentionnée par l’archevêque de Cracovie, le cardinal Stanislas Dziwisz. Selon lui, les religieuses de sa communauté ont invoqué pour elle l’intercession de Jean-Paul II, dès octobre 2005. Elle a été guérie alors que les sœurs priaient ensemble à son chevet.

Un autre miracle aurait eu lieu en Italie, dans le diocèse de Salerne : la guérison d’un jeune Italien. La guérison a été annoncée par l’archevêque, Mgr Pierro (cf. Zenit du 3 novembre 2006). Les médecins ne s’expliquent pas cette guérison immédiate et durable.

Rappelons que la reconnaissance officielle d'un miracle est la condition nécessaire à l’aboutissement positif d’un procès de béatification, si le futur bienheureux n’est pas mort martyr. Le procès a lieu en deux temps : il est d’abord instruit dans le diocèse où est décédé le futur bienheureux, et ensuite au Vatican.

Le procès diocésain de la béatification et de la canonisation de Jean-Paul II a ainsi été ouvert à Rome le 28 juin 2005, en la basilique Saint-Jean du Latran, par le cardinal vicaire Camillo Ruini, et le postulateur, Mgr Slawomir Oder, un prêtre polonais du diocèse de Torun, a alors prêté serment.

Lorsque le procès sera clos pour le diocèse de Rome, les dossiers dûment scellés seront transmis au Vatican à la congrégation pour les Causes des saints. Si le procès aboutissait à une béatification, ce serait la porte ouverte à la canonisation.

Mais rappelons que pour qu’un bienheureux soit canonisé, acte qui engage l’autorité du pape, il faut l’authentification d’un autre miracle, survenu après la béatification.

Les différentes guérisons miraculeuses éventuellement survenues du vivant de la personne ne sont pas prises en compte: le but étant de prouver une manifestation de la communion du défunt avec Dieu après sa mort. Les cardinaux Francesco Marchisano, Javier Lozano Barragan et Stanislas Dziwisz ont évoqué de tels fait documentés dès le lendemain de la mort de Jean-Paul II.

La cause de béatification de Jean Paul II tient tout particulièrement à cœur à Benoît XVI. Il l’a exprimé notamment aux pèlerins polonais au cours de l’audience générale du mercredi 6 juillet 2005, en ces termes : « Je salue tous les Polonais présents ici. Je me réjouis avec vous pour l’ouverture qui a eu lieu la semaine dernière, du procès de Béatification du Serviteur de Dieu, ce cher pape Jean Paul II. Je confie à vos prières le déroulement de cette Cause. De tout cœur, je vous bénis ».

Benoît XVI a même souhaité, lors de son voyage en Pologne, en mai 2006, une béatification et une canonisation « rapides ».

Dès les congrégations générales qui ont marqué la vacance du siège apostolique, de nombreux cardinaux ont eux-mêmes signé une pétition dans ce sens avant le conclave de 2005.

La béatification et la canonisation ont été demandées également par les fidèles. Lors des funérailles de Jean-Paul II, le 8 avril 2005 et lors de l’ouverture du procès de béatification, la foule a scandé, en brandissant des calicots : « Santo Subito », « Saint tout de suite ».

Le préfet de la congrégation pour les Causes des saints, le cardinal José Saraiva Martins a confié l’an dernier à Zenit avoir ressenti, en regardant parmi les innombrables lettres et courriers électroniques reçus par sa congrégation « vraiment l’expression d’un sens commun », la même impression que pour Mère Teresa, précisait-il.

Rappelons que, dans les normes publiées en 1983 à la suite de la constitution apostolique Divinus perfectionis magister, Jean-Paul II a ramené de trente ans (droit canon de 1917) à cinq ans après la mort du serviteur de Dieu le délai requis avant l’ouverture d’une cause. Mais il avait lui-même autorisé, en 1999, l’ouverture du procès diocésain de Mère Teresa de Calcutta deux ans seulement après la mort de celle-ci.

Le vicariat de Rome, où a été ouverte la cause de Jean-Paul II, avec la dispense d’attendre ce même délai canonique, de 5 ans, donné par Benoît XVI, a également mis à la disposition de ceux qui sont intéressés par elle un site Internet en six langues (http://www.vicariatusurbis.org/beatificazione) et il publie une revue consacrée à la cause, intitulée Totus Tuus.

Le postulateur a invité les fidèles à apporter par lettre ou par courrier électronique, toute documentation susceptible de nourrir l’enquête :

Mons. Slawomir Oder
Vicariato di Roma
Piazza San Giovanni in Laterano 6/A
00184 - ROMA
Italie

Courriel : postulazione.giovannipaoloII@vicariatusurbis.org

Voici la prière officielle publiée par le site en différentes langues :
« O Sainte Trinité, Nous Te rendons grâce pour avoir fait don à Ton Eglise du Pape Jean-Paul II et magnifié en lui la tendresse de Ta paternité, la gloire de la croix du Christ et la splendeur de l’Esprit d’Amour. Par son abandon sans condition à Ta miséricorde infinie et à l’intercession maternelle de Marie, il nous a donné une image vivante de Jésus Bon Pasteur et nous a indiqué la sainteté, dimension sublime de la vie chrétienne ordinaire, voie unique pour rejoindre la communion éternelle avec Toi. Par son intercession, accorde-nous, selon Ta volonté, la grâce que nous implorons animés du vif espoir qu’il soit élevé au plus tôt aux honneurs des autels. Amen ».