Développement durable : l'éthique aussi est concernée

Déclaration du Saint-Siège à l'ONU

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Anne Kurian

ROME, vendredi 16 novembre 2012 (ZENIT.org) – Le Saint-Siège appelle à un bilan sur l’éradication de la pauvreté dans le monde, invitant à contrôler également la « dimension éthique » dans le domaine du développement durable.

Une délégation du Saint-Siège a pris la parole lors de la 67e session de l’Assemblée générale des Nations-Unies, dans le cadre du comité sur « l’éradication de la pauvreté », le 12 novembre 2012, à New-York.

Le Saint-Siège appelle à un bilan

L'éradication de la pauvreté demeure une « préoccupation primordiale pour les Nations Unies », elle est même l’objet des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) qui ont été fixés en 2000 en vue de 2015.

Le Saint-Siège appelle à un « bilan des progrès accomplis dans chacun de ces objectifs », avec un « accent particulier sur les plus pauvres des pays en développement, où la pauvreté est la plus aiguë ».

La délégation rappelle que les OMD comprennent trois sous-catégories, « dont chacune est essentielle pour assurer un minimum de dignité humaine » : il s’agit d'une part de « réduire de moitié les personnes qui gagnent moins de 1 dollar par jour », d'autre part d’ « assurer le plein emploi productif pour tous » et, enfin, de « réduire de moitié la proportion de personnes souffrant de la faim ».

Si ces OMD sont « difficiles à atteindre dans le contexte mondial actuel », cependant le Saint-Siège estime qu’il est possible de prendre pour modèle « les pays en développement dont les stratégies de réduction de la pauvreté ont prouvé leur succès au cours de la dernière décennie ou plus ».

Parmi les moyens à mettre en œuvre, il mentionne la « relance de la croissance économique » mais aussi des « stratégies qui mettent l'accent sur ​​les besoins des segments les plus pauvres en matière d'eau potable, de logement, de santé et de services d'éducation » ainsi qu’une « bonne gouvernance » qui permette la « mise en œuvre efficace de ces stratégies » et « une coordination plus efficace des politiques ».

Le développement durable doit être éthique

En outre, la réduction de la pauvreté se joue aussi « dans le cadre du développement durable », qui exige l’« engagement pour une croissance équitable et de bonne gestion de l'environnement », ajoute la délégation.

Mais pour le Saint-Siège, une « stratégie de développement durable authentique » repose d’abord sur « une vision claire de ce que la personne humaine est vraiment », c’est-à-dire « une dimension éthique de la personne humaine ».

C’est pourquoi, si des indicateurs de suivi sont nécessaires pour mesurer les progrès accomplis dans les trois piliers du développement durable, à savoir les domaines « économique, social et environnemental », il faut aussi « des indicateurs analogues pour une dimension éthique ».

Le Saint-Siège rappelle qu’il a toujours soutenu l'action internationale et les politiques économiques visant à l'éradication de la pauvreté et s'inscrivant dans le cadre du développement durable, ce dès les années 1960, avec l’encyclique de Paul VI sur le développement des peuples (Populorum Progressio).

Benoît XVI également, dans son encyclique Caritas in veritate fait un plaidoyer pour ce qu'il a décrit comme une «gestion responsable de la nature», exhortant les pays technologiquement avancés à réduire leur consommation d'énergie et à améliorer l'efficacité énergétique et appelant à une redistribution planétaire des ressources énergétiques afin que les pays qui en manquent puissent y avoir accès.