Dialogue catholico-orthodoxe à l’occasion de la visite du président Poutine

Le point de vue du nonce apostolique Antonio Mennini

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ROME, Lundi 12 mars 2007 (ZENIT.org) – Le dialogue entre catholiques et orthodoxes sera relancé à l’occasion de la visite du président russe Vladimir Poutine au Vatican demain, 13 mars, souligne le nonce apostolique en Russie, Mgr Antonio Mennini au micro de Radio Vatican.



Ce sera la première rencontre entre le pape Benoît XVI et le président russe, et la troisième du président Poutine au Vatican, après ses visites à Jean-Paul II le 5 juin 2000 et le 5 novembre 2003 (cf. Zenit du 26 février 2007).

« La visite du président Poutine est significative des bonnes relations qui existent à différents niveaux entre le Saint-Siège et la Fédération de Russie, a souligné le nonce apostolique. Pour ce qui concerne mes attentes immédiates, je dirais que le Saint-Père et le président Poutine trouveront une grande consonance sur les grands thèmes les plus importants pour le sort de l’humanité. Récemment, dans une conférence de presse, le président a fait l’éloge de l’engagement des Eglises et des confessions religieuses en Russie, justement parce qu’elles s’emploient à réaliser un climat de conciliation et de communion entre les croyants en Russie. Et je crois que c’est certainement un aspect sur lequel le Saint-Père aura beaucoup à dire sur la base de son expérience. Donc, une rencontre qui sera certainement porteuse de bons fruits pour les relations ultérieures du Saint-Siège et de la Fédération de Russie, au bénéfice aussi de l’Eglise catholique en Russie ».

Le pape et le président devraient s’entretenir en Allemand, une langue que le président Poutine possède bien. Le nonce souligne à ce propose qu’il s’est agi d’un « geste de courtoisie du président qui a fait savoir qu’il était prêt à parler directement dans la langue maternelle du Saint-Père et qu’il connaît très bien ».

Pour ce qui est de l’état actuel des relations avec l’Eglise orthodoxe russe, le nonce précisait : « Pour ce qui concerne les relations les plus directes entre les deux Eglises, ici, dans la Fédération de Russie, après la constitution bilatérale mixte pour l’étude et pour la solution des problèmes locaux, des incompréhensions, la situation s’est améliorée sensiblement : elle s’est également et surtout améliorée au plan du climat personnel, c’est-à-dire qu’entre les membres de la Commission il y a un très bon climat d’amitié et de compréhension ».

Le nonce ajoutait qu’après la visite du pape Benoît XVI à Constantinople, « les évaluations exprimées » par de hauts représentants du Patriarcat de Moscou « ont été très positives ».

Il soulignait en même temps que déjà ces évaluations avaient été « très positives » après les premiers discours du pontificat de Benoît XVI sur son engagement œcuménique et spécialement sur son discours au congrès eucharistique de Bari, où le sanctuaire de Saint-Nicolas est un haut-lieu du dialogue œcuménique.

Le 29 mai 2005, le pape disait, entre autres, à Bari : « Ici, justement, à Bari, cité qui conserve les reliques de saint Nicolas, terre de rencontre et de dialogue avec nos frères chrétiens d’Orient, je voudrais redire ma volonté d’assumer comme engagement fondamental de travailler de toutes mes énergies à la reconstitution de l’unité pleine et visible de tous les disciples du Christ. Je suis conscient que les manifestations de bons sentiments ne suffisent pas. Il faut aujourd’hui des gestes concrets qui entrent dans les âmes et bouleversent les consciences, en appelant chacun à la conversion intérieure qui est le présupposé de tout progrès sur le chemin de l’œcuménisme » (cf. Discours aux représentants des Eglises et communautés chrétiennes et d’autres religions non chrétiennes, 25 avril 2005). Je vous demande à tous de prendre avec décision la route de cet œcuménisme spirituel qui, dans la prière, ouvre à l’Esprit Saint, qui peut seul créer l’unité » (cf. Zenit du 30 mai 2005).

« Récemment, ajoutait le nonce, avec un grand intérêt du côté orthodoxe, on a procédé à la réimpression d’un volume très connu de celui qui était alors le cardinal Ratzinger : Introduction au christianisme. Le métropolite Kyrill s’est déclaré disponible pour écrire la préface ».

Parmi les activités communes, Mgr Antonio Mennini évoquait des séminaires et des recherches communes, une chose qu’il évalue comme « très importante ». « Et puis, ajoutait-il, il y a aussi la collaboration locale », et il citait ses visites dans des paroisses catholiques où il constate des « expériences de collaboration », sans nier l’existence « de situations difficiles qui existent hélas en raison du peu de connaissance mutuelle entre l’une et l’autre Eglise ».

Le nonce a répété que le patriarche Alexis II n’a jamais exclu la possibilité d’une rencontre avec le pape. « IL a toujours souligné, expliquait le nonce, que cet événement doit marquer le point d’arrivée d’un rapprochement réel et effectif et d’une pacification entre les Eglises. Je me permettrais de rappeler qu’il y a quelques années le cardinal Sodano (alors secrétaire d’Etat, ndlr) disait : « Cette visite doit être un don pour tous les chrétiens, pas seulement pour les catholiques ».

« Nous la souhaitons bien sûr parce que ce serait une chose très importante, non seulement pour le monde chrétien mais aussi pour la protection des valeurs communes et de la Maison commune européenne, dont la défense tient tellement à cœur aussi à l’Eglise orthodoxe », a-t-il affirmé.