Dialogue impromptu avec une Carmélite à la gare de Termini

La vocation de toutes les vocations est d'aimer Dieu et son prochain

Rome, (Zenit.org) | 911 clics

"La vocation de toutes les vocations est d’aimer Dieu et son prochain", déclare une monaile carmélite rencontrée par le P. Andrea dans le chaos de la gare de Termini, à Rome. Une carmélite attend le train. Le Père Andrea lui demande si elle serait heureuse de répondre à quelques questions, à titre d’interview: réponses du tac au tac!

Nous publions notre traduction de la rencotnre pour donner la parole à la sagesse du Carmel en cette fête de sainte Thérèse d'Avila.

Père Andrea - Comment se sent une carmélite qui voyage hors de la clôture ?

Moniale carmélite - Même en dehors du monastère, mon esprit ne quitte pas le ciel.

Vous êtes absente du monastère depuis un mois. La clôture ne vous manque pas ?

Elle ne me manque pas parce que je la vis au-delà de la grille. Jésus me fascine. C’est lui ma clôture. Vous souvenez-vous du sourire et du regard de Thérèse de Lisieux ? Ce regard d’amour pur s’adressait au monde entier. Je suis entrée au Carmel pour vivre, irradier et révéler cette merveilleuse réalité à ceux qui ont une autre vocation.

Qu’est-ce qui est le mieux : entrer au monastère ou se marier ?

C’est mieux de faire la volonté de Dieu : vivre sa propre vocation

Quelle est la vocation la plus belle ?

La vocation de toutes les vocations est d’aimer Dieu et son prochain.

Dieu préfère celui qui entre au monastère ou celui qui se marie ?

Celui qui aime le plus.

Pourquoi la grille, la clôture ?

La clôture est un signe éloquent de la liberté dont jouit celui qui sait aimer le prochain qui est à ses côtés. Ce ne sont pas les barreaux qui nous gardent ensemble, mais la force de l’amour réciproque.

Pourquoi un habit aussi encombrant et démodé ?

Vous avez reconnu que j’étais carmélite grâce à l’habit que je porte. Tout uniforme n’a de valeur que s’il met en évidence le véritable signe distinctif que Jésus nous a demandé de montrer : « On vous reconnaîtra pour mes disciples si vous vous aimez les uns les autres ». De la clôture, on peut mieux indiquer, comme un phare sur une montagne, que « Dieu seul suffit » et que « celui qui a Dieu ne manque de rien ».

Comment créer une famille dans un monastère ?

En s’assurant que Jésus y est présent. C’est lui qui fait de nous son collège apostolique, c’est lui qui forme toute communauté, toute famille.

Avez-vous pensé à fonder une famille ?

Au monastère, nous sommes une communauté de treize sœurs. L’amour de Jésus a établi entre nous un lien plus fort que le lien humain. C’est lui qui donne sens, force et persévérance à l’amour humain.

Merci, ma sœur, rentrez dans votre Carmel, heureuse de pouvoir servir avec tant de splendeur l’Église et l’humanité. Transmettez notre « merci » à vos consoeurs qui, avec vous, crient au monde entier la joyeuse liberté de celles qui vivent avec radicalité l’essentiel de l’Évangile : cet amour qui est le sel de la terre et la lumière du monde. N’est-ce pas précisément Jean de la Croix qui disait : « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour » ? Il n’y a rien de plus, ni rien de mieux. Au revoir, de la part du P. Andrea.

Traduction Hélène Ginabat