Dialogue interreligieux : un appel à la cohérence

Visite du cardinal Tauran au Service pour les Relations avec l’islam à Paris

| 1320 clics

ROME, Jeudi 25 novembre 2010 (ZENIT.org) - Le dialogue interreligieux « nous incite à être cohérents » avec notre propre foi. « On ne peut pas dialoguer sur de l'ambiguïté », a rappelé le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.

Pour la première fois depuis sa création en 1973 par les évêques de France, le cardinal français a rendu visite au Service pour les Relations avec l'islam (SRI) à Paris, le 23 novembre dernier. Le cardinal Tauran était présent dans la capitale pour recevoir les insignes de Docteur Honoris Causa de l'Institut catholique de Paris.

A cette occasion, il a répondu à l'invitation et aux questions du père Christophe Roucou, directeur du Service pour les relations avec l'islam de la conférence des évêques de France.

En évoquant le dialogue islamo-chrétien en France, le cardinal Tauran a rappelé l'importance de ce dialogue avec les musulmans, qui « oblige à approfondir » sa propre foi, « à avoir une identité spirituelle bien définie, de manière à pouvoir rendre raison de notre foi aux autres, et également de découvrir les richesses des autres religions ».

« C'est un appel à la cohérence de notre part et aussi à découvrir l'œuvre de Dieu au cœur de chaque homme. Ce dialogue interreligieux avec nos frères musulmans est important car il nous incite à être cohérents par rapport à notre propre foi », a-t-il affirmé. « On ne peut pas dialoguer sur de l'ambiguïté ».

Pour le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, ce qui est important, c'est d'avoir un « regard religieux » sur des réalités communes : l'école, la famille, la justice sociale... « Nous pouvons alors ensemble proposer à la communauté humaine notre collaboration », a-t-il ajouté.

« Finalement, le dialogue interreligieux contribue au bien commun de la société et il rappelle à tout le monde que l'homme ne vit pas seulement de pain ».

Trois défis à relever : identité, altérité, pluralisme

Dans cette interview, le haut prélat a évoqué trois défis à relever. Celui de l'identité : « Ne pas avoir peur qui nous sommes et ce en quoi nous croyons », celui de l'altérité : « Qui croit d'une manière différente de nous n'est pas automatiquement un ennemi » et enfin le défi du pluralisme : « Accepter que Dieu soit à l'œuvre dans le monde, d'une manière inattendue, tout en reconnaissant qu'en tant que chrétiens, nous croyons que Jésus est la Révélation du Dieu Père ».

« C'est ce qui nous différencie des musulmans. Pour eux, Dieu est avant tout le Juge. Comme chrétiens, nous avons à témoigner de cette tendresse de Dieu qui s'intéresse à l'homme dans la vie de chaque jour », a-t-il ajouté.

Evoquant enfin le travail du Service pour les Relations avec l'islam (SRI), le cardinal Tauran a tenu à saluer « l'une des meilleures » structures au niveau européen. « Ce sont des personnes sérieuses, dévouées, ouvertes. Ce sont tous des gens qui ont été sur le terrain, qui ont étudié l'arabe et qui ont servi dans des pays à majorité musulmane : ils savent de quoi ils parlent ».

L'objectif du SRI est de maintenir des contacts réguliers avec des associations et des personnes appartenant à la religion musulmane. Il conseille aussi les chrétiens (prêtres, religieux ou laïcs) que leur situation ou leur fonction amène à établir des liens plus suivis avec des croyants musulmans. Le service organise aussi des conférences et des sessions de formation, notamment en juillet. Il dispose aussi d'une bibliothèque ouverte aux chercheurs et aux étudiants, tant chrétiens que musulmans.