Dialogue oecuménique avec Constantinople: Ne nous décourageons pas devant les difficultés

Jean-Paul II reçoit en audience la délégation du patriarche oecuménique

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CITE DU VATICAN, Dimanche 29 juin 2003 (ZENIT.org) - « En cherchant à avancer dans le dialogue de la vérité et dans le dialogue de la charité, ne nous laissons pas décourager par les difficultés que nous rencontrons » : Jean-Paul II s’adressait en ces termes aux délégués du patriarche oecuménique de Constantinople, Batholomaios, venus à Rome a l’occasion de la fête des apôtres Pierre et paul. Le pape les as reçus en audience samedi matin au palais apostolique du Vatican.



La délégation est conduite par Son Eminence Démétrios, archevêque grec-orthodoxe d’Amérique, et elle est composée de S.E. Théodoritos, évêque de Nazianze, assistant de l’archevêque grec orthodoxe de Thyatire et de Grande Bretagne, de l’archimandrite Athénagoras du Phanar et du diacre Pantéleimon.

Le pape exprimait tout d’abord à la délégation sa « joie » pour cette rencontre annuelle à l’occasion de la solennité de Pierre et Paul et disait – en anglais - voir en cette présence un « signe de notre commun amour pour le Christ, et un acte de fraternité ecclésiale, par lequel nous réaffirmons l’héritage d’amour et d’unité que le Seigneur a laissé à son Eglise, bâtie sur les apôtres ».

« Ces rencontres annuelles, continuait le pape, nourrissent notre relation fraternelle et elles soutiennent notre espérance alors que nous avançons pas à pas sur le chemin de la pleine communion et du dépassement de nos divisions historiques ».

« Je rends grâce à Dieu, précisait le pape, de ce qu’au cours de l’année passée, le Saint Siège a et de nombreuses occasions de rencontres et de coopération avec le Patriarche œcuménique. Parmi ceux-ci, je voudrais rappeler le message que j’ai envoyé à Sa Sainteté Bartholomaios Ier pour le Ve symposium sur l’Environnement parti de mon pays natal, la Pologne. J’ai beaucoup apprécié les aimables paroles et les bons vœux accompagnés de prière que Sa Sainteté m’a exprimés récemment lors de deux congrès marquant le prochain XXVe anniversaire de mon pontificat. Et enfin, je suis très reconnaissant pour les efforts du patriarcat oecuménique ces derniers mois, pour coordonner la poursuite du travail de la commission mixte internationale pour le Dialogue théologique entre l’Eglise catholique et les Eglises orthodoxes. Je vous demande d’assurer Sa Sainteté de mes ferventes prières afin que cette initiative, qui est indispensable pour notre croissance dans l’unité, soit couronnée de succès ».

Jean-Paul II poursuivait : « Les changements rapides qui ont lieu dans le monde actuel appellent tous les chrétiens à montrer l’Evangile de Jésus Christ peut éclairer les questions éthiques cruciales concernant la famille humaine, y compris le besoin urgent de promouvoir le dialogue interreligieux, de travailler à mettre fin à l’injustice qui crée conflit et inimitié entre les peuples, de sauvegarder la création de Dieu et d’affronter les défis posés par les nouveaux progrès des sciences et de la technologie. Ici, en Europe, les disciples du Christ ont spécialement besoin de coopérer pour reconnaître et pour donner une nouvelle vie aux racines spirituelles au cœur de l’histoire et de la culture de ce continent. La consolidation de l’unité de l’Europe et de son identité réclame que les chrétiens, en tant que témoins de la miséricorde salvifique du Dieu Trine, joue un rôle spécifique dans le processus actuel de l’intégration et de la réconciliation. Est-ce que l’Eglise n’est pas appelée d’abord et avant tout à offrir au monde un modèle d’harmonie, de soutien mutuel, de charité féconde qui révèlent la puissance de la grâce de Dieu pour surmonter les divisions et les discordes humaines? ».

« Chers frères, alors que nous cherchons à progresser dans le dialogue de la vérité, et dans le dialogue de la charité, ne nous décourageons pas devant les difficultés rencontrées. Il y a toujours une issue si nous nous engageons à accomplir la volonté du Seigneur en vue de l’unité de ses disciples. Nous devons poursuivre nos efforts, fortifier notre désir d’unité, et ne négliger aucune occasion de grandir en vue de la pleine communion et de notre coopération, en présentant toujours nos besoins au Seigneur dans la prière, ainsi que nos espérances, nos échecs, afin qu’il puisse nous guérir dans sa grande miséricorde ».

« Je vous confie ces sentiments en vous demandant, concluait Jean-Paul II, de transmettre mes fraternelles salutations à Sa Sainteté Bartholomaios Ier et au saint synode. Puisse le Seigneur nous accorder la force de lui rendre fidèlement témoignage, et de prier et de travailler inlassablement à l’unité et à la paix de sa sainte Eglise ».