Dieu seul peut tirer l’homme vers le haut, affirme le pape

Messe du dimanche des Rameaux

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ROME, Dimanche 17 avril 2011 (ZENIT.org) - Si les hommes ont depuis toujours cherché à « être comme Dieu », c'est-à-dire « totalement libres, comme Dieu l'est », Benoît XVI a rappelé que l'homme seul n'en était pas capable, « trop faible » qu'il était pour s'élever jusqu'à la hauteur de Dieu. 

En ce dimanche des Rameaux, le pape a invité les fidèles à « se laisser totalement attirer par la force de gravité de Dieu, qui nous rend vrais, nous élève, nous donne la vraie liberté ». 

Comme chaque année, le pape a béni les rameaux au terme de la procession à laquelle cardinaux, évêques, prêtres et fidèles ont participé place Saint-Pierre. Il a ensuite présidé la messe des Rameaux et de la Passion du Seigneur. Ce dimanche est aussi le jour où se déroule le rassemblement diocésain des Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) qui auront lieu du 16 au 21 août prochain à Madrid (Espagne). 

Dans l'homélie de la messe qu'il a prononcée juste après la proclamation de la Passion du Seigneur selon saint Matthieu, le pape a invité les fidèles à accompagner le Christ dans son « chemin vers le haut ». 

Dans son homélie, Benoît XVI a rappelé qu'aujourd'hui plus que jamais, les hommes ont le désir d'« être comme Dieu, d'atteindre eux-mêmes la hauteur de Dieu ». « Dans toutes les inventions de l'esprit humain, on cherche, en fin de compte, à obtenir des ailes pour pouvoir s'élever à la hauteur de l'Être, pour devenir indépendants, totalement libres, comme Dieu l'est », a-t-il affirmé. 

Le pape a évoqué les nombreuses choses que l'humanité a pu réaliser : « nous sommes capables de voler. Nous pouvons nous voir, nous écouter et nous parler d'un bout à l'autre du monde », a-t-il expliqué. 

Toutefois, « la force de gravité qui nous tire vers le bas est puissante », a-t-il mis en garde. « Avec nos capacités, ce n'est pas seulement le bien qui a grandi. Les possibilités du mal ont aussi augmenté et se présentent comme des tempêtes menaçantes au dessus de l'histoire ». « Nos limites aussi sont restées : il suffit de penser aux catastrophes qui, ces derniers mois, ont affligé et continuent d'affliger l'humanité ». 

Abandonner l'orgueil de vouloir se faire Dieu 

Citant les Pères de l'Eglise, Benoît XVI a rappelé que l'homme se trouvait « au point d'intersection entre deux champs de gravitation ». « La force de gravité qui tire vers le bas - vers l'égoïsme, vers le mensonge et vers le mal ; la gravité qui nous abaisse et nous éloigne de la hauteur de Dieu » et celle de « l'amour de Dieu - le fait d'être aimé de Dieu et la réponse de notre amour » qui attire l'homme vers le haut. 

« L'homme se trouve au milieu de cette double force de gravité et tout dépend de sa fuite du champ de gravitation du mal pour devenir libre de se laisser totalement attirer par la force de gravité de Dieu, qui nous rend vrais, nous élève, nous donne la vraie liberté », a expliqué Benoît XVI. 

Le pape a rappelé combien l'homme doit élever son « cœur » c'est-à-dire, selon les Pères, « le centre de l'homme où s'unissent l'intellect, la volonté et le sentiment, le corps et l'âme ». 

« Mais encore une fois : tout seuls, nous sommes trop faibles pour élever notre cœur jusqu'à la hauteur de Dieu. Nous n'en sommes pas capables », a expliqué le pape en donnant les éléments concrets qui permettent à l'homme de s'élever vers le haut : « les mains innocentes, le cœur pur, le refus du mensonge, la recherche du visage de Dieu ». 

« Les grandes conquêtes de la technique ne nous rendent libres et ne sont des éléments du progrès de l'humanité que si elles sont unies à ces attitudes - si nos mains deviennent innocentes et notre cœur pur, si nous sommes à la recherche de la vérité, à la recherche de Dieu lui-même, et si nous nous laissons toucher et interpeller par son amour », a conclu le pape. 

« Tous ces éléments de la montée sont efficaces seulement si nous reconnaissons avec humilité que nous devons être attirés vers le haut ; si nous abandonnons l'orgueil de vouloir nous-mêmes nous faire Dieu ».