Diviser le Nigeria est une « idée folle et insensée »

Déclarations de l'archevêque d'Abuja

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ROME, lundi 9 janvier 2012 (ZENIT.org) – Diviser le Nigeria est une « idée folle et insensée », déclare l’archevêque d’Abuja, Mgr John Olurunfemi Onaiyekan, dans une réaction ferme aux nouvelles diffusées ces jours-ci par la presse internationale.

Dans le nord du Nigeria, l'état d'urgence a été proclamé le 31 décembre dernier, pour rétablir l'ordre dans les zones récemment frappées par des violences, qui ont culminé le jour de Noël par une série d’attentats à la bombe, attribuée à la secte extrémiste des Boko Haram.

L'attaque la plus meurtrière s'est produite à l'église catholique Sainte-Thérèse, à Madalla, tout près de la capitale Abuja, et a fait 37 morts et 57 blessés.

A Ebonyi, dans le sud-est du pays, ce sont au moins 50 personnes qui ont perdu la vie dans des conflits territoriaux interethniques.

 « Le Nigeria est présenté comme un théâtre d’affrontement ouvert entre musulmans et chrétiens, mais ce n’est absolument pas vrai », a déclaré l’archevêque d’Abuja, dans un entretien à l’association internationale Aide à l’Eglise en Détresse (AED).

Réagissant aux rumeurs d’une possible division du Nigeria en deux Etats indépendants, séparant ainsi le nord musulman du sud chrétien, Mgr Onaiyekan, a déclaré qu’il « s’agit d’une idée folle et insensée qui plongerait la nation dans des problèmes vraiment plus graves ».

Pour l’archevêque, la division entre les deux communautés religieuses n’est pas si nette : « Musulmans et chrétiens cohabitent parfaitement. Ils vont à l’école ensemble, travaillent ensemble et servent l’armée ensemble », a-t-il dit.

Mgr Onaiyekan a désapprouvé notamment le portrait que les medias font des chrétiens et les propos et intentions qu’on leur attribue suite à ces attaques : « Dépeindre les fidèles comme des êtres sans défense face aux violences de la secte extrémiste des Boko Haram n’est pas bien », a-t-il dit, « tout comme il n’est pas bien de dire que les chrétiens sont prêts à se défendre par la force ».
 
« Les Boko Haram, a expliqué l’archevêque, sont des terroristes qui frappent quiconque entraverait leur chemin. Ils disent agir au nom de l’islam, mais tuer des innocents est totalement contraire à la religion islamique »

Mgr Onaiyekan a raconté à l’AED avoir reçu de nombreuses lettres de soutien de la part de fidèles musulmans et s’est dit reconnaissant de la visite de huit imams des grandes mosquées d’Abuja.

Il s’est ensuite adressé au gouvernement nigérian afin qu’il « soit fidèle à ses obligations envers les citoyens et garantisse leur sécurité » tout en mettant en garde les chrétiens contre toute revendication, leur rappelant que « Jésus ne veut pas de vengeance ».

En 2010, l’AED a donné à l’Eglise nigériane presque 600.000 euros. Parmi les projets, à noter le soutien au centre diocésain pour la formation des jeunes à Jalingo, les importantes contributions à la formation des séminaristes dans le diocèse de Maiduguri et l’édition de 1.000 copies du Missel en langue Igbo.

La fondation pontificale soutient par ailleurs le séminaire catholique Bigard d’Enugu qui, en 75 ans, a formé plus de 4.000 prêtres.

I. C.