Droit des enfants : les graves limites du rapport du Comité de l'ONU

Mise au point du P. Lombardi

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 689 clics

Le P. Lombardi épingle « les graves limites » du rapport du Comité de l’ONU sur les droits de l’enfance, qui ignore « ce qui a été fait par le Saint-Siège ces dernières années » et qui interfère « dans les positions doctrinales et morales de l’Eglise catholique ».

Le P. Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, publie une note après le rapport du Comité de l’ONU sur les droits de l’enfance, présenté le 5 février dernier (cf. Zenit du 5 février 2014).

Les graves limites du rapport

Il énumère les « graves limites » du rapport, qui « ne tient pas compte des réponses écrites et orales » du Saint-Siège, donnant l’impression « que le document avait déjà été écrit ou du moins organisé avant l’audition » du 16 janvier dernier (cf. Zenit du 16 janvier 2014).

« La façon de présenter les objections et l’insistance sur divers cas particuliers semblent insinuer que l’on donne une plus grande attention à des ONG bien connues, contraires à l’Eglise, qu’aux positions du Saint-Siège, signataire de la Convention, qui a été disponible à un dialogue approfondi ».

Le P. Lombardi regrette que de telles organisations ne veuillent pas admettre « ce qui a été fait par le Saint-Siège et par l’Eglise ces dernières années, pour reconnaître les erreurs, renouveler la réglementation, développer des mesures de formation et de prévention ».

« Aucune autre organisation ou institution n’en a fait autant. Mais ce n’est pas ce que l’on comprend en lisant le document », déplore-t-il.

Une interférence morale indue

Pour le P. Lombardi, le « plus grave » sont « les observations du Comité qui semblent aller au-delà de ses compétences et interférer dans les positions doctrinales et morales mêmes de l’Eglise catholique ».

Elles impliquent en effet « une évaluation morale de la contraception et de l’avortement, de l’éducation dans les familles ou de la vision de la sexualité humaine, à la lumière d’une vision idéologique de la sexualité ».

Il regrette de « l’incompréhension devant la nature spécifique du Saint-Siège » : car s’il est « parfois moins facile d’en comprendre le rôle et la responsabilité » par rapport aux autres Etats, cela a pourtant été expliqué « de nombreuses fois durant les 20 ans écoulés depuis la signature de la Convention ». 

« On n’est pas capable de comprendre ou on ne veut pas comprendre ? », s’interroge-t-il : « Dans les deux cas on peut s’étonner. » Il fait également observer que « le ton, le développement et la publicité » donnés au document « sont absolument anormaux » compte tenu de la relation habituelle avec les autres Etats.

Dialogue authentique et constructif

Le P. Lombardi rappelle que le Saint Siège a adhéré à la Convention pour les droits de l’enfant « dans les plus brefs délais, parmi les premiers au monde », dans la lignée de « l’engagement historique de l’Eglise universelle pour le bien des enfants ».

Il souligne à ce propos « le très grand travail des communautés catholiques dans le monde en ce domaine » et « le magistère de l’Eglise, inspiré par le comportement de Jésus dans les Evangiles ».

Le Saint-Siège, qui a motivé par écrit et par oral ses réponses aux questions du Comité, « continuera à s’impliquer pour mettre en pratique la Convention et pour garder un dialogue authentique, ouvert, constructif et engagé », affirme-t-il.

Il le fera « avec courage et décision, sans timidité », donnant des réponses « attentives et argumentées », « sans se dérober aux procédures prévues » et en acceptant « les critiques justifiées ».

Au-delà des polémiques, le P. Lombardi invite « à retrouver le juste engagement pour le bien des enfants ».

Bons rapports du Saint-Siège et de l’ONU

Il fait observer par ailleurs que ce rapport n’est pas « un affrontement entre l’ONU et le Vatican » : « Le Saint Siège, rappelle-t-il, a toujours donné un soutien moral fort à l’Organisation des Nations Unies comme lieu de rencontre entre toutes les nations, pour favoriser la paix dans le monde et la croissance de la communauté des peuples dans l’harmonie, le respect réciproque et l’enrichissement mutuel. »

De même, « les plus hauts responsables de l’ONU ont toujours été conscients de l’importance du soutien de l’autorité morale et religieuse du Saint Siège pour la croissance de la communauté des peuples. C’est pourquoi ils ont invité les papes à visiter l’Organisation et à s’adresser à l’Assemblée générale ».

Après la parution du rapport, ajoute-t-il « le Comité s’est attiré beaucoup de critiques graves et fondées » : « Sans vouloir attribuer “aux Nations Unies” ce qui est advenu, il faut dire que dans l’opinion commune les Nations Unies portent à leur tour les conséquences négatives de ce qui a été accompli, au-delà de ses compétences, par un Comité se revendiquant d’elles. »