Eclaircissements sur le mariage, par Mgr Müller (5/5)

Observations morales et pastorales

Rome, (Zenit.org) Rédaction | 968 clics

Mgr Gerhard Ludwig Muller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, publie quelques éclaircissements dans L'Osservatore Romano, après l'annonce d'un synode extraordinaire qui se tiendra en octobre 2014 sur la pastorale de la famille (cf. Zenit du 8 octobre 2013).

Après avoir approfondi l’Écriture Sainte, la Tradition de l’Église et le magistère contemporain et quelques considérations anthropologiques et théologiques, il conclut par des observations morales et pastorales.

L'archevêque rappelle, citant une Lettre de la Congrégation pour la doctrine de la foi de 1994, que «  la décision de s’approcher ou non de la Communion eucharistique » n'est pas laissée « à la conscience personnelle des divorcés remariés ».

En effet, explique-t-il, « le mariage ne concerne pas seulement le rapport entre deux personnes et Dieu ; il est aussi une réalité de l’Église, un sacrement, sur la validité duquel l’individu ne décide pas pour lui-même, mais l’Église, dans laquelle il est incorporé par la foi et le baptême ».

Aussi, « lorsque des divorcés remariés sont subjectivement convaincus dans leur conscience qu’un précédent mariage n’était pas valide, cela doit être objectivement démontré par les tribunaux compétents en matière matrimoniale ».

Il réfute également l’argument de la miséricorde de Dieu envers les divorcés remariés, « un argument insuffisant en matière théologico-sacramentaire, parce que tout l’ordre sacramentel est une œuvre de la divine miséricorde et ne peut pas être révoqué en faisant appel à cette même miséricorde ».

Mgr Müller met en garde : « À travers ce qui est objectivement un faux appel à la miséricorde, on court de plus le risque d’une banalisation de l’image de Dieu, selon laquelle Dieu ne pourrait rien faire d’autre que pardonner. Au mystère de Dieu appartiennent, outre la miséricorde, également sa sainteté et sa justice ».

En outre, « la miséricorde de Dieu n’est pas une dispense des commandements de Dieu et des instructions de l’Église. Elle accorde plutôt la force de la grâce pour leur accomplissement, pour se relever après la chute et pour une vie de perfection à l’image du Père céleste ».

Cependant, souligne-t-il, « les efforts pastoraux s’imposent d’autant plus » envers les personnes divorcées remariés : « le parcours indiqué par l’Église n’est pas simple, mais elles doivent savoir et sentir que l’Église accompagne leur chemin en tant que communauté de salut. À travers leur effort pour comprendre la pratique de l’Église et ne pas s’approcher de la Communion, les partenaires rendent témoignage, à leur manière, à l’indissolubilité du mariage ».

« Outre la Communion sacramentelle, il existe encore d’autres manières d’entrer en communion avec Dieu », fait aussi observer l'archevêque : « La relation avec Dieu est réalisée lorsqu’on s’adresse à lui dans la foi, dans l’espérance et dans la charité, dans le repentir et dans la prière. Dieu peut accorder sa proximité et son salut aux hommes à travers diverses voies, même s’ils vivent des situations contradictoires ».

Pour conclure, Mgr Müller invite aussi à « une pastorale plus globale », qui ne se réduise pas à la question de la réception de l’Eucharistie : il s'agit « d'être à leurs côtés avec empathie » pour « leur faire sentir l’amour du Bon Pasteur ».