Eduquer à la citoyenneté pour aspirer à une nouvelle classe politique

Intervention du président de la CEI à une rencontre à Milan

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ROME, Lundi 22 mars 2010 (ZENIT.org) - « Le rêve d'élargir les générations de politiciens d'inspiration chrétienne passe par la capacité d'éduquer et former au sens de la citoyenneté et de l'Etat, du droit et de l'engagement dans la société civile », a déclaré le président de la conférence épiscopale italienne (CEI), le cardinal Angelo Bagnasco, dans son intervention jeudi à une rencontre à Milan (Italie) organisée par Communion et Libération et centrée sur le thème : « L'aventure éducative ».

Dans son discours, le cardinal affirme que « l'appel à la participation et à la passion, un produit trop rare dans notre contexte actuel, sans être rhétorique, demande de l'énergie et des ressources destinées à l'éducation des jeunes générations ».

Des jeunes générations qui, poursuit-il, « ont reçu la démocratie comme un acquis, mais montrent pourtant trop souvent ne pas savoir l'habiter et la vivre en tenant compte des valeurs fondamentales de la justice, de la liberté et de la paix ».

« Nous connaissons les limites et les erreurs de la condition humaine, mais celles-ci ne sauraient voiler l'expérience séculaire de la communauté chrétienne », souligne-t-il. 

« Parfois, face à tant de situations de violence, anciennes ou récentes, ajoute-t-il, il faudrait pouvoir demander au monde, ce monde encore meurtri par tant de déséquilibres et injustices, portant les signes évidents d'une involution culturelle : à quel point le christianisme a-t-il influé sur l'élévation humaine, jusqu'à quel point prêcher la foi a été efficace ? ».

Citant « l'urgence de l'éducation », thème des orientations pastorales de la CEI pour cette décennie, le cardinal Bagnasco souligne que « les questions pédagogique et anthropologique vont de pair » et qu'il est nécessaire « d'élargir la rationalité », comme dit le pape, autrement dit qu'il est nécessaire d'éduquer et de se laisser éduquer à cette « manière de penser en grand » qu'Antonio Rosmini « aimait souvent évoquer face aux petites mesquineries de son propre entourage et aux réductionnismes en tout genre que lui offrait la culture de l'époque ».

« Nous avons affaire à une sorte d'exil de la parole dans un monde désorienté », souligne le cardinal Bagnasco, à une époque de « fragmentation du savoir ». 

Voilà pourquoi, conclut-il, il faut vaincre le « doute radical » et le « désespoir épistémologique » en partant de cette conscience que « l'urgence de l'éducation réside dans l'urgence d'enseigner et d'apprendre à penser, dépassant cette  habitude diffuse et superficielle propre à ceux qui apprennent, mais que l'on retrouve aussi souvent chez ceux qui enseignent ».