Eduquer les jeunes à la paix: une tâche urgente

Premier message du pape en 2012

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ROME, dimanche 1er janvier 2012 (ZENIT.org) -  L’urgence d’« éduquer les jeunes à la justice et à la paix » est au cœur de la première homélie de Benoît XVI en cette nouvelle année 2012, pour la 45e Journée de la Paix. Le pape y voit un « défi décisif », même pour les tout-petits.

Benoît XVI a présidé ce matin, 1er janvier 2011, la messe de la solennité de Marie Mère de Dieu, dans la basilique Saint-Pierre de Rome. Le pape a conduit la procession d’entrée à 9h30 depuis la plate-forme mobile qui soulage désormais sa fatigue, tandis que le chœur de la chapelle Sixtine chantait le « Tu es Petrus » :  « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ».

Parmi les concélébrants, le président du Conseil pontifical justice et paix, le cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, et le secrétaire du Saint-Siège pour les Rapports avec les Etats, Mgr Dominique Mamberti.

Un défi décisif

“Eduquer les jeunes à la justice et à la paix” : c’est en effet le thème du message du pape pour cette 45e Journée mondiale de la paix. Il s’agit d’un devoir qui « concerne tout le monde », a affirmé Benoît XVI, faisant remarquer que « la famille humaine, après les drames des deux grandes guerres mondiales, a montré qu’elle en était toujours plus consciente ».

Mais éduquer aujourd’hui est « un défi décisif (…) pour deux raisons au moins »: en premier lieu, parce que « dans l’ère actuelle, fortement marquée par la mentalité technologique, vouloir éduquer et non seulement instruire ne va pas de soi, mais est un choix » ; en deuxième lieu, parce que « la culture relativiste pose une question radicale : est-ce qu’éduquer a encore un sens ?, et ensuite éduquer à quoi ? ».

Le pape a insisté par ailleurs sur la responsabilité éducative de la famille, de l’école, mais aussi des religions, appelées à faire connaître que « Dieu est amour, juste et pacifique ».

Un engagement indispensable

Pour les jeunes « aujourd’hui plus que jamais, a souligné le pape, il est indispensable d’apprendre la valeur et la méthode de la coexistence pacifique, du respect réciproque, du dialogue et de la compréhension ».

« De par leur nature, a-t-il expliqué, les jeunes sont ouverts à ces attitudes. » Cependant « la réalité sociale dans laquelle ils grandissent peut les amener à penser et à agir à l’inverse, de manière même intolérante et violente ». C’est pourquoi « seule une solide éducation de leur conscience » pourra « les rendre capables de lutter sans cesse, en comptant seulement sur la force de la vérité et du bien ».

 « Face aux ombres qui obscurcissent aujourd’hui l’horizon du monde, a ajouté Benoît XVI, assumer la responsabilité d’éduquer les jeunes à la connaissance de la vérité, aux valeurs et aux vertus fondamentales, signifie considérer l’avenir avec espérance”.

Aider les tout-petits

Mais qu’est-ce que cette éducation à la paix ? « Il s’agit essentiellement, a expliqué le pape, d’aider les tout-petits, les enfants, les adolescents, à développer une personnalité qui unisse » cinq aspects :  « un profond sens de la justice », « le respect de l’autre », « la capacité d’affronter les conflits sans autoritarisme », « la force intérieure de témoigner le bien même lorsque cela exige du sacrifice », « le pardon et la réconciliation ».
 
Ils pourront ainsi « devenir des hommes et des femmes vraiment pacifiques et constructeurs de paix ».

La bénédiction de Dieu sur le monde

Le pape a par ailleurs invoqué la bénédiction de Dieu sur l’humanité, souhaitant que l’humanité accueille le Christ, la vraie paix : en Jésus “amour et vérité” se sont rencontrés, “justice et paix” se sont embrassées. C’est pourquoi « Jésus est un chemin praticable, ouvert à tous. Il est le chemin de la paix ».

Jésus est encore davantage, a poursuivi Benoît XVI, il est « la miséricorde et la paix que le monde ne peut se donner de lui-même et dont il a toujours besoin, comme et plus que du pain ».

En réponse à l’humanité qui cherche la paix, le pape a indiqué la route : regarder vers Marie, Mère de Dieu, qui a « accueilli Jésus en elle et qui lui a donné le jour pour toute la famille humaine » portant ainsi la vraie bénédiction au monde entier. A l’exemple de Marie, l’Église est aussi médiatrice de la bénédiction de Dieu pour le monde : « elle la reçoit en accueillant Jésus et la transmet en portant Jésus ».

« Aujourd’hui, a conclu Benoît XVI, la Vierge Mère nous l’indique, nous montre le chemin : suivons-la!»

Au moment de l’offertoire, trois jeunes ont apporté les offrandes, en costume de rois mages, bleu, rouge et or, tels des représentants du monde, en quête de la bénédiction de Dieu.

Anne Kurian